Politique › Sécurité

Attaque du Minedub à Bamenda : un civil pris pour un sécessionniste tué par l’armée

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La famille d’une des victimes de la chasse à l’homme ayant suivi l’attaque manquée de l’hôtel du ministre Hadjidja Alim conteste les informations données à son sujet.

Deux jours après l’attaque manquée de l’hôtel du ministre de l’Education de base, Youssouf Hadjidja Alim, à Bamenda, de nouvelles informations viennent donner plus de détails sur ce qui s’est réellement déroulé ce jour-là. L’on se souvient que mardi dernier, des hommes armés non identifiés ont fait irruption à l’hôtel où logeait le ministre de l’Education de base, alors en séjour dans ladite ville.

Repérés par les militaires en faction, ils ont été poursuivis dans différentes artères de la ville pendant de longues heures. Selon l’Agence France Presse (AFP) citant le porte-parole de l’armée le colonel Badjeck, trois sécessionnistes, auteurs présumés de cette tentative d’attaque ont finalement été tués par les forces de défense au quartier Nkwen.

Des allégations aujourd’hui démenties par la famille d’une des victimes – le regretté Ndifon Mbuwil – qui affirme que son fils est une victime collatérale. Sous anonymat, la sœur du défunt martèle que son frère n’était pas un sécessionniste et apporte des précisions sur les circonstances de sa mort.

«Mon frère Ndifon Mbuwil a été tué par les forces de défense à mile 2, à Nkwen. Wilfried était l’un des trois à être tués dans une voiture hilux blanche appartenant à Alhadji Sidiki, et qui les ramenait de Ndop. Cette hilux ressemblait à la voiture avec laquelle les ambazoniens ont attaqué l’hôtel du ministre», indique-t-elle. La jeune dame, cadre dans une entreprise de la ville de Douala, révèle également que son frère est un commerçant basé dans la ville de Limbe et affirme qu’il se trouvait à Bamenda dans le cadre de son travail.

Les témoignages de la famille de Ndifon Mbuwil rejoignent d’autres dénonciations d’habitants de la ville de Bamenda, qui accusent certains soldats de commettre des «abus sur la population». «Lorsqu’ils [les militaires, Ndlr] ont des renseignements qui leur indique la présence de sécessionnistes dans un quartier, ils prennent tout le monde. Ils ne cherchent pas à savoir qui est qui», a affirmé un journaliste local au reporter de journalducameroun.com en juillet dernier.

Du côté des forces de l’ordre, l’on affirme que chaque abus connu fait l’objet d’une procédure judiciaire, et de sanctions le cas échéant.

 

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