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Attentats à Maroua: lettre ouverte au président Paul Biya

Par Jean Claude Ndjamen

La barbarie perpétrée par Boka Haram hier à Maroua, cette ville de notre cher pays dont on sait depuis ses habitants un attachement inestimable à la paix, me pousse à vous écrire directement bien que ce soit par le truchement des réseaux sociaux que votre régime sait pourfendre à dessein lorsqu’ils déclinent de la part de vos administrés de l’intérieur ou de la diaspora des messages qui ne servent pas votre gloire incontestée qui n’a nullement besoin davantage de communication politique; vous avez la certitude de votre toute puissance et vous l’avez d’ailleurs proclamée lors du point de presse à l’occasion de la visite de François Hollande, votre homologue français.

Excellence, s’il fallait faire allégeance plus que depuis ma tendre jeunesse lorsque défilant les 11 février comme les 20 mai au lycée comme à l’université ou encore lorsque secrétaire général des Camerounais de Dakar au Sénégal, membre de droit de l’organisation des cérémonies relatives à la fête nationale camerounaise, imprésario circonstanciel pour le Cameroun à chaque fois par devoir, mais surtout par amour pour mon pays, à votre sommité dont nul ne discute la finesse et encore la toute puissance prouvée à travers une longévité et la capture « des puissants d’un soir ou d’un moment ».

Bien que je sois parmi ceux qui critiquent fermement votre bilan à la tête du Cameroun en 32 ans de règne sur le plan notamment du développement et même de la démocratie et de la justice sociale, j’avoue à mon propre détriment que l’événement de Maroua, ce tristement et funeste événement qui vient de nous coûter en pertes humaines, bien moins que dans d’autres circonstances me dira-t-on mais qui soulève des questions de fonds, m’oblige en âme et conscience, m’autorise et commande à vous écrire simplement pour vous dire que l’heure est grave.

Je lisais ce soir mon ami frère, confrère Abdelaziz Moundé vous suggérant de parler car il n’a pas tort, votre parole relève du mythe de l’Etat et par conséquent est sacrée. Je ne le commenterais pas. Il a été succinct, clair et précis.

Je vous écris pour ma part pour vous dire excellence que le problème Boko Haram appelle désormais une réponse pas simplement militaire mais globale au sens où Marcel Mauss a pu penser les faits sociaux comme étant totaux et forcément interdépendants si l’on met en relief divers facteurs.

Je vous suggère de convoquer le parlement et de faire voter des lois qui ne permettront plus une gestion au cas par cas du problème mais appelleront une réponse globale car Maroua est une ville symbole et la méthode utilisée (les mendiants) illustrent les aptitudes de l’ennemi qui testent chaque jour un peu plus et sondent notre capacité à anticiper.

Maroua, une ville dont les habitants sont majoritairement musulmans, frappée grâce à une ruse islamiste qui autorise vis à vis des mendiants beaucoup de générosité et d’altruisme pour espérer le salut.
Excellence, le salut du Cameroun c’est la paix. On vous a fait crédit sur ce thème et à défaut d’avoir réussi à incarner un président juste et bâtisseur, le mot paix a été cité des milliards de fois pour vous créditer de notre confiance dans un environnement où la guerre était légion. Vous n’aurez donc été un grand président que si vous préservez le Cameroun de toute pénétration des gens de peu de foi qui ensanglantent le monde entier au nom d’une croyance pourtant d’un modèle mafieux inacceptable.

Je crains de dire désormais qu’il s’agit d’une guerre de civilisation. Mais puisque je le dis, la réponse doit être sociologique c’est-à-dire de civilisation. Ce n’est pas une question identitaire religieuse camerounaise. Les morts de Maroua sont d’ailleurs comme bien de victimes de cette secte malsaine des musulmans.

Excellence, le Cameroun doit faire une trêve sur les considérations religieuses et autres. C’est un problème sociologique. Il faut que désormais de façon encadrée le Cameroun n’ait que des Camerounais dont la seule religion c’est le Cameroun.

Nous devons interdire la mendicité, la burqa.
Excellence ne laissons pas infiltrer davantage nos villes. N’ayons pas peur des récriminations liées à la bien-pensance.

Gouverner c’est prévoir. Laissez-vous soutenir dans toutes les initiatives même restrictives de libertés qui permettraient de capturer en amont ces malfaiteurs.

Je n’aime pas votre bilan mais alors je vous voterais en 2018.
Combattons ces monstres, excellence, l’unité nationale vous sera acquise. Plus que des mots, des mesures fortes.

Vive le Cameroun.


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