Politique › Judiciaire

Au tribunal: Ayuk Tabe et ses compagnons devraient être pris comme des réfugiés (défense)

Sissiku Ayuk Tabe (c) Droits réservés

Le statut de réfugiés des leaders de «l’Ambazonie» a été mis en débat jeudi lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Yaoundé.

Julius Ayuk Tabe, Nfor Ngala Nfor, Tassang Wilfried Fombang, Henry Kimeng, Cornelius Njikimbi Kwanga, Fidelis Che, Che Augustine Awasum, Egbe Ogork, Eyambe Elias et Shufai Blaise Sevidzem, étaient devant la barre jeudi dans le cadre du procès les opposant à l’Etat du Cameroun pour leurs rôles dans la création de «l’Ambazonie». Lequel Etat, s’il devait exister, couvrirait les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en fronde contre le régime de Yaoundé depuis 2016.

Ils auraient dû être informés des charges retenues contre eux jeudi. Soit: apologie du terrorisme, financement des actes de terrorisme, complicité des actes de terrorisme, sécession, insurrection, révolution, hostilité contre la patrie, bande armée, propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, défaut de Carte nationale d’identité. Une objection de leur conseil a empêché la Cour de s’atteler à cette tâche.

Le conseil des avocats–au rang desquels les anciens bâtonniers Akere Muna et Bernard Muna; Eta Abison, Me Emmanuel Simh, Me Fru John Soh, Me Christopher Dong et le Nigérian Orock Abdoul–se sont opposés à la proclamation des chefs d’accusation alors que subsiste un flou sur la nationalité des leaders «ambazoniens».

Référence est ainsi faite à la polémique suscitée par Julius Ayuk Tabe et ses compagnons lors de la première audience tenue le 06 décembre 2018. Ceux-ci y avaient renié leur nationalité camerounaise, se déclarant citoyens de «l’Ambazonie». Une position qu’ils ont par ailleurs réitérée jeudi.

La revendication de leur appartenance à «l’Ambazonie», qui avait alors fait la foule présente à l’audience et exaspère la juge Abeaga Mbezoa épouse Eko Eko, est clairement apparue hier comme une stratégie de défense. La défense s’en est saisie pour remettre en cause la compétence du Tribunal militaire de Yaoundé pour juger ces personnes qui, argue-t-elle, ont le droit de choisir la nationalité de leur convenance.

«Nous demandons à la Cour de prendre des mesures nécessaires pour qu’ils soient ramenés au Nigeria où ils ont été arrêtés pour que leur nationalité y soit établie», défend Me Emmanuel Simh.

-Réfugiés des Nations unies

Dans le détail, la défense demande à cette juridiction militaire de se déclarer incompétente pour juger des affaires de nationalité et de renvoyer l’affaire devant les juridictions civiles du Nigeria où les inculpés avaient été arrêtés le 5 janvier 2018. Elle s’appuie par ailleurs sur le statut de réfugiés dont se réclament certains des mis en cause. Selon les avocats de la défense, ces personnes ont été identifiées au Nigeria comme des ressortissants de «l’Ambazonie» et c’est comme tel que des cartes de réfugiés leur ont été établies.

«En attendant de déterminer leurs nationalités, à partir du Nigeria, la Cour devrait considérer ces personnes comme des réfugiés des Nations unies et les reconduire à leurs lieux de résidence pour y être jugées», appuie le bâtonnier Akere Muna.

Ayuk Tabe et ses compagnons sont Camerounais! ainsi a déclaré le commissaire du gouvernement [nom donné au procureur dans une juridiction militaire, Ndlr], Thadée Engono, en réponse à l’objection de l’autre partie. Il a présenté des copies des documents d’identification des inculpés des concernés: Carte nationale d’identité et passeports. Tous attestent que ces leaders séparatistes sont Camerounais.

«La solution dans ce cas n’est pas l’arrêt des poursuites conte les accusés. La solution est que le juge sursoit cette procédure en attendant que les accusés rapportent la preuve de leur nationalité étrangère. Supposons même que les accusés apportent la preuve qu’ils sont des étrangers ou des réfugiés, la juridiction compétente à saisir ne saurait se trouver au Nigeria, mais en Ambozonie duquel ils se réclament ressortissants», a déclaré Me Hachette Martin Luther King, représentant de la partie civile.

Les deux parties devront apporter les preuves matérielles qui permettront d’appuyer leur argumentaire. Ces documents devront être présentés lors de la prochaine audience prévue le 7 février prochain.

 

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