Culture › Musique

Ayissi Le Duc: « Pour la sauvegarde de notre patrimoine culturel, il faut le respect de notre art et culture « 

L’artiste musicien, écrivain et chorégraphe Ayissi Le Duc, Chevalier de l’ordre du mérite Camerounais 2013 nous a accordé une interview

Pour préparer à bien cette interview, je me suis permis de donner la parole à quelque Camerounais de France, plus précisément de Paris, on dit de vous : « il est l’un des premiers promoteurs de la musique camerounaise en Occident », on vous surnomme « l’homme de toutes les cultures », on dit que vous êtes l’un des costauds de la musique africaine et on vous présente comme un fervent défenseur de la culture nationale sur la scène internationale. Jusqu’ici, on ne parle que des qualifications élogieuses des autres. Comment te définis-tu personnellement ?
J’ai quarante ans de chemin et trente ans de carrière professionnelle. J’ai été initié à la danse traditionnelle par mon grand-père maternel à l’âge de neuf ans, d’où étant encore élève (étudiant) j’ai compris que l’art et la culture sont les missions de ma vie. Je me définis comme un simple être humain, qui est né dans une famille où la culture est innée (c’est un don de Dieu).

Quel regard as-tu sur le bikutsi d’aujourd’hui?
Aujourd’hui, je peux dire que chacun fait ce qu’il pense. Je prends l’exemple sur moi-même je sais que l’art est sacré par rapport à mon expérience. Je suis conscient que je représente tout un état de culture de mon pays et de l’Afrique en général. Je profite de l’occasion pour vous interpeller en disant qu’il y a plusieurs conceptions du bikutsi. Il y a le bikutsi qui a le sens du civisme moral c’est à dire un bikutsi noble qui parle du sens de la vie quotidienne, de l’amour et de tout ce qui peut être lié dans l’amour de l’être humain. De l’autre côté, il y a ceux qui font du bikutsi un domaine d’abattoir où on ne sait plus qui est qui dans l’art du bikutsi. Je pense que, pour la sauvegarde de notre patrimoine culturel du Cameroun, il faut le respect de notre art et culture. Que les désordonnés prennent conscience et qu’ils étudient leur parole avant de les chanter sachant qu’on a la responsabilité d’éduquer une jeunesse qui est appelée à émerger demain. Car cette jeunesse est le Cameroun d’aujourd’hui et fera aussi le Cameroun de demain.

Présente-nous ton dernier album
Mon dernier album c’est un maxisingle que j’ai dédié à l’amour de l’humanité et le nom de l’album c’est soûl bikutsi et les neuf choeurs angéliques.

Dans quel genre d’atmosphère ou dans quel esprit, as-tu écris les paroles de la belle chanson : « Je m’engage » issue de ton dernier album?
Je suis inspiré par l’esprit divin, c’est pour ça que j’ai choisi le nom soûl-bikutsi et les neuf ch urs angéliques, car pour moi, elles signifient les voix intérieures.

Quels messages veux-tu partager avec cet album?
Le titre phare de l’album qui est « je m’engage » parle d’un engagement en Amour où en amitié que l’être humain peut prendre vis-à-vis de l’autre. Dans plusieurs domaines, que ce soit amour, travail, société, entreprise, mariage, amitié, rencontre.

As-tu fais philosophie?
La philosophie est empruntée du vocabulaire occidental. En Afrique, nous savons que l’homme est habité par la sagesse qui est un don, une connaissance spirituelle « Guide de l’Homme ».

Parle-nous de ton uvre littéraire « Mebegue » (sortit en 2004) et l’  »art de la danse et Spiritualité » (2009)?
Mebegue, c’est le titre que j’ai donné à mon premier livre édité par Panthéon de Paris. Ça parle de la sagesse et de la vie quotidienne, car avant que les religions viennent dominer nos ancêtres Bétis, nos ancêtres appelaient Dieu  »mebegue » qui veut dire la connaissance qui est en soi car Dieu n’est pas autre chose que soi-même. Et mon deuxième livre édité par Harmattan Paris parle cette fois-ci de la spiritualité universelle, car c’est les religions qui font les clans, le spirituel est unique et universel.

Parle-nous de ton association « les Champs du futur » quelles sont ses actions et ses objectifs?
Les champs du futur c’est une association humanitaire à but non-lucratif qui uvre aussi dans le culturel (l’échange interculturel), son siège est à Paris. Elle a uvré et continue à uvrer pour aider les compatriotes à s’aider eux-même.

Quels sont les projets futurs d ‘Ayissi Le Duc?
Je viens de créer une fondation au Cameroun qui s’appelle Otitié qui signifie étoile. Nous sommes en ce moment en plein projet de construction d’une Académie d' »arts et cultures Ayissi Le Duc » sur un terrain de plus d’un hectare. En même temps, je profite dès que le temps me permet pour faire des tournées quand je suis invité à l’international. Car je continue à porter les drapeaux du Cameroun hors des frontières pour montrer qu’il existe un pays rempli de richesse qui est le Cameroun.

Tu as fêté, ton 30e anniversaire de carrière l’année dernière. Dis-moi, qu’est-ce que ça fait, quand on a 30 ans de carrière?
Oulala, 30 ans de carrière, déjà ce n’est pas donné, c’est une grande gratitude que le Ciel m’accorde, car j’ai eu 50 ans d’âge au même moment. Je les ai fêtés à grand-c ur, au Cameroun pendant une semaine à l’hôtel Hilton de Yaoundé !

Ayissi Le Duc, artiste camerounais
Nkul Beti)/n

À l’occasion de la fête du 20 mai, le Cameroun t’a gratifié en t’élevant au titre de Chevalier de l’ordre du mérite Camerounais Qu’est que ça fait?
Je ne peux qu’être à mon tour, très honoré de cette reconnaissance. J’en suis ravi et jusqu’à présent encore ému car j’ai été patient pendant 30 ans de carrière. Donc comme conseil mes frères et s urs, l’amour, la foi, et la patience paient! Merci à son excellence monsieur Paul Biya président de la République du Cameroun

Quels sont tes meilleurs souvenirs d’artiste?
Pour moi, tous les souvenirs sont meilleurs car j’ai travaillé avec beaucoup d’artistes dans le monde et j’ai rencontré des grandes personnalités. J’ai un grand souvenir de l’amour de mes parents et grand-parents sans oublier tous les camerounais et les amis d’ailleurs

Avec quels artistes as-tu travaillé jusqu’à maintenant?
J’ai commencé à bosser avec des artistes nationaux et ensuite internationaux : Toto Guillaume, Ngalle jojo, Sale John, Axel Muna, Tokoto ashanti, Marthe Zambo, Anne marie Nzié, Govinal, Titi Edima, Eteme Queen, Julia Young, Manu Dibango, Yannick Noah (Saga Africa d’où j’ai participé à la chorégraphie et à la promotion télévisée de l’album), Black box etc…

Quels sont les artistes qui ont eu la chance ou l’immense privilège d’être initiés par toi, aux valeurs culturelles que tu prônes par la danse et ect…?
Oufffff beaucoup d’artistes, en commençant par la famille c’est-à-dire, Chantal Ayissi, Imane Ayissi et ensuite Nyakam merlin, Solange Anaba et encore plus. Je continue toujours à leur souhaiter une bonne réussite.

Quel message veux-tu partager avec la jeunesse?
Je ne peux que leur demander, un état de pensée correct, parole juste, action droite. Que la jeunesse ne baisse pas les bras, je ne les encourage pas à se lancer dans la facilité, que les jeunes aident les gens à les aider à s’aider eux-mêmes.

Quels conseils veux-tu partager avec tes fans et lecteurs?
L’amour l’humilité et la connaissance qui libère le respect de soi et de l’autre.

Ayissi le Duc, Chevalier de l’ordre du mérite Camerounais
journalducameroun.com)/n
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