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Babissakana: «Même à 0%, le taux directeur de la BEAC n’aurait aucun impact au Cameroun»

Malgré la baisse récente du taux d’intérêt de la BEAC, l’ingénieur financier estime que de nombreux obstacles demeurent

Thomas Babissakana est ferme et catégorique: la baisse récente du taux d’intérêt directeur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) de 3,25% à 2,95% n’aura aucune incidence sur l’activité des banques commerciales camerounaises. «Les actions de manipulation des taux directeurs de la BEAC ne peuvent avoir aucun impact substantiel en termes d’accès au crédit des Camerounais ordinaires. La BEAC peut même abaisser son taux directeur à 0%, cela n’aura pas d’impact substantiel en termes d’accès au financement des Camerounais ordinaires en l’absence d’infrastructures monétaires minimales dans leur espace géographique d’activité» déclare l’ingénieur financier dans une interview accordée à Cameroon Tribune ce 27 juillet 2014.

De manière concrète, explique Thomas Babissakana, le faible développement des agences et bureaux du service public monétaire de la BEAC (six implantations au Cameroun en comparaison des 127 bureaux que comptait la Banque de France en 2012), la limitation du service privé, le taux de bancarisation limité (11%) sont autant d’éléments qui restreignent l’impact des mesures de la BEAC. Pour illustration, l’ingénieur financier rappelle que le taux d’intérêt d’une banque commerciale comme Afriland First Bank est actuellement de 13,5% et que celui de la BICEC est de 16,5%. Toutefois, rappelle-t-il, «la fixation des taux d’intérêt étant libre, c’est le jeu de la concurrence qui devrait être mis en avant. Mais, la profondeur du marché étant encore très limitée, un taux de bancarisation très faible, il n’y a pas une réelle concurrence. Les associations de consommateurs restent peu actives. Les taux d’intérêt restent donc élevés, c’est-à-dire à la faveur des banques».

La BEAC a décidé, à compter du 09 juillet 2014, de ramener son taux d’intérêt directeur de 3,25% à 2,95%. Selon les explications de Thomas Babissakana, ce taux représente le taux d’intérêt débiteur des appels d’offres. Le plus bas du système monétaire, il est supposé guider la détermination de tous les autres taux débiteurs notamment ceux des banques commerciales. «Dans une optique de transmission des actions de la banque centrale aux diverses transactions d’emprunt des agents économiques auprès des banques commerciales, l’argent devrait donc coûter légèrement moins cher», a-t-il relevé, dans la théorie.


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