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Bangoua: Danse autour du Macabo

Le peuple Bangoua dans l’Ouest-Cameroun célèbre ainsi le retour d’exil d’un de ses plus illustres rois, Sa Majesté Nono Tchoutouo

Le macabo est un tubercule qui, tous les deux ans ou presque, fait courir les Bangoua. 20.000 âmes mobilisées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays pour parler unité et développement. Deux thèmes majeurs déclinés en activités culturelles (danses initiatiques, chants et autres), mais également sociales et sportives. La fête de Macabo est aussi l’occasion de se souvenir de Foh Nono Tchoutouo, ce roi qui imprima d’une marque indélébile l’histoire du groupement, le deuxième en superficie et en populations dans le département du Ndé. Mais pourquoi le macabo, plante plutôt rare à Bangoua, est-il l’objet de tant de célébration ?

Sa Majesté Nono Tchoutouo (1854-1957) était fier de lui et jaloux de son indépendance. Le 19ème roi de la dynastie Bangoua ne tolérait aucune ingérence dans les affaires de son « pays », bien qu’il avait des rapports courtois avec l’administration coloniale. Pour elle, il collectait les impôts. Comme tout roi de son époque. Bangoua, riche royaume engrangeait beaucoup de francs, le trésor était jalousement gardé par le souverain. En 1931 Foh Nono Tchoutouo perd son ainé et unique frère. Le triste événement le marque profondément. Meurtri de chagrin, il décide d’organiser des obsèques à la mesure de l’amour qu’il portait au défunt. Il oint la tombe d’huile de palme, produit rare et très prisé à l’époque, et, sacrilège, enterre son frère avec l’argent des impôts. La nouvelle parvient aux oreilles de l’administration coloniale à Bangangté, qui ne tarde pas à se rendre à Bangoua. La sanction tombe, Sa Majesté Nono Tchoutouo doit être exilé à Foto près de Dschang, alors chef lieu de la région de l’Ouest.

L’exil dure 18 ans. Des années au cours desquelles le roi déchu reste populaire auprès des siens. Il reçoit de la visite au quotidien. Les Bangoua vivant dans le département du Moungo se distinguent particulièrement. A chacun de leur voyage à Dschang, ils gardent comme présent au roi du macabo qui pousse en abondance sur leurs terres volcaniques. Une partie de la récolte du macabo est vendue pour acheter des produits tels que le savon, l’huile de palme, le sel et autres commodités. Le roi est donc bien servi par ses fils et filles du Moungo. A son retour d’exil en 1948, il décide de leur rendre hommage en décrétant une fête annuelle qui scellera la réconciliation et la paix entre les Bangoua.

Tradition respectée par ses successeurs, les rois Wantong Nono Zacharie et Tchatchouang Wantong Paul. Sur le trône depuis 2001, l’actuel roi, Djampou Tchatchouang Anick Julio, 27 ans, n’avait jamais honoré le rendez-vous. Dix ans d’attente qu’il a mis à profit pour poser des actes de développement dans son groupement : adduction d’eau potable, création d’établissement scolaire, construction d’une case patrimoniale, développement du tourisme. Des actions qui sont au c ur de cette édition de la fête de Macabo. Ouverte samedi 29 octobre dernier à Bangoua par un culte cuménique et des activités culturelles et sportives, la fête connaîtra un pèlerinage à Foto et une foire agropastorale avec en bonne place le macabo. L’apothéose, samedi 05 novembre 2011 avec la danse initiatique « Nzou » qui n’est exécutée qu’à des occasions exceptionnelles.

Djampou Tchatchouang Anick Julio, chef supérieur des Bangoua
Journalducameroun.com)/n


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