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Banque des états de l’Afrique Centrale, le rapport qui accable

De nombreuses révélations à la suite des enquêtes réalisées par le cabinet MAZARS

Sous la pression du fonds monétaire international, la banque des états de l’Afrique centrale a cédé à la pression et a rendu public vendredi dernier les résultats des audits réalisés et qui mettent à jour, les malversations commises dans la maison pendant de nombreuses années. Le bureau extérieur de Paris est le champ de ces détournements et le document-assez explicite- cite les personnes concernées, les modes opératoires, les banques commerciales qui ont assuré le transit… Ce rapport va plus loin en détaillant les avoirs des principaux incriminés.

Le montant des détournements

Au stade actuel des investigations sur des justificatifs partiellement fournis par les banques, les détournements avérés se situent à FCFA 16,5 milliards (hormis les chèques suspects dont les images sont attendues).
Rapport

Au total, 858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux. La Société Générale et plus tard la BNP Paribas feront office de banque écran à ces malversations. C’est d’ailleurs suite à des mouvements suspects que la Société Générale va décider de clore le compte Béac. Il est établi que le compte du Bureau Extérieur à la Société Générale a été clôturé sur décision de la Société Générale après que celle-ci ait constaté de nombreuses opérations suspectes sur lesquelles la BEAC était sommée de s’expliquer. Les chiffres de détournements se répartissent entre les deux banques de façon suivante. Société Générale (2004-2007) : 14.178.569.711 FCFA ; BNP Paribas (2008) : 2.377.719.475 FCFA.

Mode opératoire
Détournements des chèques établis à l’ordre du Trésor Public et des organismes en charge des retraites, détournements de chéquiers et leur usage frauduleux, maquillage des preuves, falsification des relevés bancaires, « imitation » des signatures des personnes habilitées, les doubles paiements. Ajouté à cela le flou et le manque de rigueur de la part des services centraux de la Béac qui approvisionnaient le compte du bureau extérieur sans se soucier des utilisations qui en étaient faites.

Siège de Béac, à Yaoundé
www.beac.int)/n

Les personnes à charges

Ces détournements ont été réalisés, pour l’essentiel, au moyen de chèques frauduleux établis par Monsieur NDZAMBA et ses complices aussi bien pour prélever des espèces aux guichets des banques commerciales (retraits d’espèces), que pour approvisionner leurs comptes personnels ou ceux de leurs relations.
Rapport

Une liste des personnes morales et physiques a été établie selon le mode de détournement. Ainsi pour les chèques frauduleux, on dénombre 101 personnes physiques ou morales parmi lesquelles les sociétés Ruby, EPM consulting, SCI KOUMBF appartenant à Armand NDZAMBA. De nombreux autres chèques à l’ordre de certains employés de la banque, de l’épouse d’Armand NDZAMBA, Fausses cotisations à l’URSSAF (retraite des employés). Le rapport impute à ce dernier la totalité des retraits frauduleux

La situation définitive des retraits frauduleux en espèces dans les deux banques est de 5.872.518.329 FCFA. Ce montant est à imputer entièrement à Monsieur NDZAMBA dans la mesure où c’est lui qui avait la responsabilité des approvisionnements de la caisse du Bureau Extérieur.
Rapport

De nombreuses autres personnes sont citées. Les facilités de transfert de fonds dont bénéficient les agents de La Béac ont favorisé l’implication de nombreuses personnes: Des chèques déposés et encaissés ont été retirés, des chèques encaissés n’ont pas été déposés. Par ailleurs, de nombreuses personnes extérieures à la banque ont bénéficié de chèques ou de virements frauduleux et surtout, de billets d’avion alors qu’ils ne bénéficiaient d’aucun crédit de voyage.

Bureau extérieur de Paris
jeuneafique.com)/n

Mis en cause
– Monsieur Jean Félix MAMALEPOT : Ancien Gouverneur (de 1989 à 2007)
– Monsieur Rigobert ANDELY : Vice-Gouverneur (d’avril 1998 à janvier 2003 et d’avril 2005 à ce jour)
Monsieur Philibert ANDZEMBE : Gouverneur depuis juillet 2007
– Monsieur Lucas ABAGA NCHAMA : Directeur Général de l’Exploitation depuis juillet 2008
– Monsieur GATA NGOULOU : ancien Secrétaire Général (du février 1998 à juin 2008)
Ces 5 n’ont pas été cités directement dans l’affaire de détournement, mais leurs responsabilités sont établies.

– Monsieur Maurice MOUTSINGA : ancien Directeur de la Comptabilité et du Contrôle Budgétaire (de 1978 à décembre 2007) : Cité.
– Monsieur Jacques NSOLE : ancien Adjoint au Directeur de la Comptabilité (de 2001 à 2008), actuel Directeur de la Comptabilité (depuis 2008 à ce jour), cité.
– Monsieur Roger KEMADJOU : ancien Délégué du Gouverneur (de 1998 à juillet 2008)
– Monsieur Gaston SEMBO BACKONLY : Adjoint au Délégué du Gouverneur (de 2001 à 2009)
– Monsieur Armand NDZAMBA : Comptable (de 1992 à 2009), auteur principal des fraudes.
– Madame Marie-France ROBERT : Secrétaire du Délégué du Gouverneur (de 2004 à 2007), citée.
– Madame Sabine TIAKO : Agent du Bureau d’Ordre, citée.
– Monsieur WILLI : Agent administratif, cité.
Monsieur OGANDAGA NDINGA Jean-Marie : Délégué du Gouverneur depuis juillet 2008, citée.
L’équipe de la Mission de régularisation (WANJI Moïse, BERMENDORA Jacob, NZITA Bertrand, décédé)

La publication de ce rapport met en cause les personnes directement incriminées, mais aussi établit la responsabilité des dirigeants qui ne se sont jamais inquiétés. Par ailleurs la mission de régularisation a toujours certifié les comptes du Bureau extérieur de Paris. Les responsabilités pénales et professionnelles seront établies, mais surtout, le rôle du BEP sera revu ainsi que les avantages de transactions dont bénéficiaient ses agents. Le comité des ministres des Finances de la sous-région a décidé il y a quelques jours du maintien de Philibert Andzembé au poste de gouverneur de la BEAC jusqu’au mois de novembre, date à laquelle aura lieu le sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à Bangui. Installé le 20 juin 2007, les malversations lui étaient antérieures. Ce qui Impute une responsabilité à l’ancien gouverneur, son compatriote Félix Mamalepot.

Philibert ANDZEMBE, actuel gouverneur de la Béac
beac.int)/n
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