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Barrage de la Renaissance: L’Égypte qualifie de la « désinformation délibérée » la déclaration du ministère éthiopien des AE

L’Egypte a dénoncé la déclaration publiée par le ministère éthiopien des Affaires étrangères concernant la réunion ministérielle sur le barrage de la Renaissance, qui s’est tenue les 8 et 9 janvier à Addis-Abeba, la qualifiant de la « désinformation délibérée » et de la « déformation des faits ».Par Mohamed Fayed

Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, publié ce vendredi, l’Egypte a estimé que la déclaration de la partie éthiopienne s’inscrit en faux avec le déroulement des négociations, les prises de position et les thèses techniques présentées de l’Égypte, ainsi qu’à la réalité de ce qui s’est passé lors de cette réunion et des trois réunions ministérielles qui l’ont précédées et qui ont été consacrées à la discussion des règles de remplissage et d’exploitation du barrage de la Renaissance.

Ces quatre réunions ministérielles, poursuit la même source, n’ont pas abouti à des progrès « tangibles » en raison de l’intransigeance de l’Éthiopie et son adoption de positions « excessives » qui « révèlent son intention d’imposer le fait accompli et d’étendre son contrôle sur le Nil bleu et le remplissage et l’exploitation du barrage de la Renaissance sans la moindre considération des intérêts des pays en aval, en particulier l’Égypte comme dernier pays en aval »

Ceci s’inscrit en violation des obligations légales de l’Éthiopie conformément aux traités internationaux, au premier rang desquels figure l’accord de déclaration de principes conclu le 23 mars 2015, ainsi que l’accord de 1902 que l’Éthiopie avait conclu de son plein gré en tant qu’État indépendant, et l’accord de 1993 dans lequel elle s’engageait à ne pas nuire aux intérêts de l’Égypte dans le domaine de l’eau, ajoute le communiqué.

L’Égypte affirme que cette « approche éthiopienne malheureuse a été démontrée dans ses positions et propositions techniques qu’elle a présentées lors des réunions ministérielles, qui reflètent l’intention de l’Éthiopie de remplir le réservoir du barrage de la Renaissance sans condition et sans se soumettre aux règles qui offrent de réelles garanties aux pays en aval et les protègent contre les dommages potentiels au processus de remplissage », explique le texte.

D’après le ministère, le refus de l’Ethiopie de drainer les revenus naturels pendant l’exploitation du barrage de la Renaissance est du à son « intention d’utiliser ce barrage, qui vise uniquement à produire de l’électricité, pour la réalisation de projets futurs et à exploiter les ressources du Nil bleu en toute liberté sans prêter attention aux intérêts et aux droits de l’eau de l’Égypte garantis par le droit international.

Et d’ajouter que le Caire s’est engagé dans ces négociations de « bonne foi » et dans un « esprit positif », reflétant son « désir sincère de parvenir à un accord juste et équilibré qui atteindra les intérêts communs de l’Égypte et de l’Éthiopie ».

Contrairement aux erreurs contenues dans la déclaration du ministère éthiopien des Affaires étrangères concernant le concept de déficit hydrique, l’Égypte a proposé de fixer des mécanismes et des règles pour s’adapter aux changements hydrologiques dans le Nil bleu et pour faire face aux années de sécheresse qui pourraient coïncider avec le processus de remplissage du barrage de la Renaissance, y compris le ralentissement de la vitesse de remplissage et le prélèvement de quantités d’eau stockées dans le barrage de la Renaissance pour limiter les effets négatifs du processus de remplissage pendant la sécheresse et combler le déficit hydrique auquel les pays en aval pourraient être exposés, souligne-t-on.

Par conséquent,  l’Égypte exprime son « étonnement » que chaque fois qu’elle exige la nécessité de convenir de mesures efficaces pour faire face aux années de sécheresse qui pourraient survenir pendant le remplissage, l’Éthiopie manifeste sa volonté de remplir unilatéralement le barrage de la Renaissance, chose que l’Égypte a rejeté tout au long des négociations du fait que cela constitue une violation explicite de l’Accord sur la Déclaration de principes de 2015 et des obligations del’Éthiopie.

L’Égypte condamne également les allégations formulées dans la déclaration du ministère éthiopien des Affaires étrangères selon lesquelles elle cherche à monopoliser les eaux du Nil, soulignant que ces déclarations « vides »,  n’aident pas à créer un environnement propice à la réalisation de progrès dans les négociations.

Et de conclure que l’Égypte confirme qu’elle participera à la réunion prévue les 13 et 14 janvier à Washington, sur la base de son engagement à travailler « honnêtement » pour parvenir à un accord  « juste et équilibré ».

Pour rappel, la réunion tripartite sur le grand barrage éthiopien  entre l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte, a pris fin jeudi après deux jours de travaux à Addis-Abeba, sans parvenir à un accord sur les conditions du fonctionnement et le remplissage de ce grand barrage.

Lors de cette réunion tripartite dans la capitale éthiopienne, la quatrième et dernière de la série de rounds de pourparlers, conformément à la décision prise par les trois pays à Washington en novembre dernier, l’Egypte a présenté une nouvelle proposition suggérant à l’Ethiopie de remplir le grand barrage sur une période allant de 12 à 21 ans.



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