Culture › Mode

Barthélémy Toguo investit le Musée d’art moderne de Saint-Étienne Métropole

Ce musée, référence en France de l’art moderne et contemporaine, présente pour la première fois une exposition monographique de l’artiste camerounais

Après la galerie Lelong à Paris, la signature du logo du Tournoi de Roland Garros et une expo au Teniseum de Roland Garros, c’est une consécration, s’il en était besoin de le préciser, pour l’artiste multicarte Barthelemy Toguo. Et il y’a des raisons de se réjouir pour ce fils du pays. le musée d’art moderne de St Etienne qui l’accueille en exposition mongraphique, avec plus de 19000 peintures, sculptures, dessins, installations, photographies et pièces de design, est une référence de l’art moderne et contemporaine en France. Fidèle à sa démarche de mise en scène de ses uvres dans un espace donné, l’artiste amène le visiteur à parcourir son univers sous la forme d’un lieu traversé par une gigantesque toile d’araignée. Cet animal, symbole de sagesse, de patience et de liberté dans la culture bamiléké du Cameroun, permet de percevoir une dimension plus universelle de la vie et de porter un regard critique sur notre société, sans hésiter à prendre plaisir à célébrer la beauté des formes. Dès 2004, au travers de sa série d’ uvres « Head Above Water », Barthélémy Toguo, a donné la parole aux habitants de la ville de Cacak en Serbie et de Pristina au Kosovo afin qu’ils parlent de leurs rêves et de leurs espoirs. En 2011, il s’est rendu à Tunis, puis au Caire, en Egypte, place Tahrir pendant les révolutions arabes. A nouveau il a donné la parole aux habitants et le résultat de ce travail est présenté dans une installation sonore avec un montage de photographies qui donne l’impression d’être présent sur les lieux. La vie est au c ur du travail de Barthélémy Toguo comme dans « Judith facing Holophern » ou « The Giving Person at the Holy Ghost Place », ensemble de peintures sur porcelaine réalisées sur les vases du designer Pierre Charpin en automne 2010, lors de sa résidence à la Manufacture nationale de Sèvres.

Le parcours de l’exposition est ponctué d’ uvres multiformes qui mettent le visiteur face à son destin : « Devil’s Head », « Little Dreamer », « Purifications », « Ghost Tonight », « Torture in Guantanamo », « Time After Time », « Beyond The Sea »… Bathélémy Toguo lance un appel aux générations futures afin qu’elles sachent saisir leur destin, comme dans « Fantastic Voyage » gigantesque peinture de 1,23 x 20 m dans laquelle l’artiste sublime son univers de peintre en rejoignant les traditions de la dynastie des rois d’Abomey qui avaient su lutter contre l’impérialisme occidental. « Talking To The Moon » est une véritable leçon de vie.

Né à Mbalmayo dans la région du centre en 1967, il commence ses études à l’école des beaux arts d’Abidjan en Côte d’ivoire. En 1992, il décide de poursuivre ses études en France afin de connaître un autre type d’enseignement, et d’être plus libre dans ses recherches personnelles. Il suit des cours à l’école supérieure d’art de Grenoble et s’inscrit par la suite dans l’atelier de Klaus Rinke à la Kunstakademie de Dusseldorf en Allemagne. Depuis, il fait le tour du monde avec ses uvres, il vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Bandjoun, son village d’origine où il a édifié Bandjoun Station, à 3 km de Bafoussam. Deux édifices qui accueilleront des expositions et des artistes du monde entier.

« Order and Disorder », 2007-2008. Aquarelle sur papier
Barthelemy Toguo)/n
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