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Bassin du Lac Tchad: La sauvegarde et l’entretien à tout prix pour l’Afrique

Les chefs de gouvernement, experts et autres se sont réunis à N’Djamena pour prendre des résolutions communes

Sécheresse, changement climatique et utilisation de l’eau par l’homme font rétrécir le lac Tchad qui a fait l’objet d’un forum international de vendredi 29 à dimanche 31 octobre à N’Djamena rassemblant des dizaines de dirigeants, experts et spécialistes de l’environnement. Des chefs d’Etat africains (Libye, Sénégal, Centrafrique, Tchad, Nigeria) et dirigeants politiques se sont engagés le dimanche à agir pour sauvegarder le lac Tchad menacé d’assèchement en adoptant une série de propositions dont le classement du lac comme patrimoine de l’humanité. Le lac Tchad est un plan d’eau au c ur de l’Afrique dont la superficie s’est dramatiquement réduite ces dernières décennies. En 1960 la taille du lac était de 25.000 km2, aujourd’hui, elle avoisinerait 8.000 km2, voire 2.500 km2, selon différentes estimations. Les autorités et certains experts attribuent son rétrécissement au réchauffement climatique, alors que d’autres avancent des causes multiples et notamment sa surexploitation pour l’irrigation ou pour les besoins en eau des villes. La région du lac Tchad est soumise aux contraintes caractéristiques de l’ensemble du Sahel, en particulier une croissance démographique qui compte parmi les plus fortes du monde et pose le problème des déséquilibres entre population et ressources naturelles.

Le Délégué général du Forum mondial du développement durable, Emile H. Malet et le Premier Ministre tchadien, Emmanuel Nadingar ont, tous, plaidé en faveur d’une prise des mesures urgentes pour sauver le Lac Tchad. Si entre-temps la superficie du Lac Tchad est passée de 25000km2 à 2500km2, qu’est-ce qui peut l’empêcher de disparaître totalement dans les 20 ou 30 années à venir ? Ne dit-on pas que le Lac Tchad est le vestige d’une mer intérieure qui s’étendait de l’Algérie à l’actuelle Tchad, couvrant le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Soudan etc.. ? Ce drastique rétrécissement du Lac Tchad expose plus de 30 millions de ses riverains à une mort certaine. Face à cette situation dramatique pour les populations riveraines et pour l’écosystème dans la sous-région, nous nous devons de réagir avec la plus grande rigueur. Une série de propositions ont été adoptées « par consensus » par les participants pour sauvegarder le lac, selon un communiqué final lu par le ministre tchadien de l’environnement Hassan Terap. Ce sont les meilleures propositions qui ont été faites, nous devons les adopter par consensus, a déclaré le président tchadien Idriss Deby. Les experts du comité scientifique du forum réunis vendredi et samedi avaient soumis ces propositions au « segment politique », selon Emile Malet, délégué général du forum. La première vise à faire du lac Tchad un patrimoine de l’humanité. Si on y arrive, cela permettra de réparer une injustice, et le lac Tchad sera respecté avec des droits et des devoirs pour l’ensemble des pays riverains(Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad), a relevé Emile Malet. Concernant l’alimentation en eau du lac Tchad, notamment en détournant des cours d’eau, il a été retenu de confronter toutes les considérations avant de faire quoi que ce soit, en tenant compte de trois objectifs: les équilibres du lac Tchad doivent être respectés, les populations doivent être sauvegardées et les activités doivent être amplifiées, a poursuivi M. Malet. Les experts ont aussi souhaité la création d’une « autorité » pour le lac, afin d’éviter les risques de conflits, notamment entre migrants et populations autochtones qui subissent les aléas climatiques. Situé à la frontière de quatre pays, le lac est un lieu de migration important, attirant notamment des éleveurs et pêcheurs. Enfin, les participants ont souhaité que les recherches sur le lac puissent être mutualisées et coordonnées.


Tchadonline.com)/n
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