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Bénin: L’opposition s’oppose à la réélection de Boni Yayi

L’opposant Adrien Houngbédji appelle les Béninois à descendre dans la rue

Une crise politique est-elle en train de s’ouvrir au Bénin ? L’opposant Adrien Houngbédji juge nuls et non avenus les résultats provisoires officiels publiés par la Cour constitutionnelle, qui a validé la réélection dès le premier tour du président sortant Boni Yayi avec environ 53% des suffrages. L’opposant appelle les Béninois à mener un « combat contre la liquidation programmée de la démocratie ». Adrien Houngbédji avait prévenu, il n’accepterait pas un hold-up électoral dans son pays. Lui qui avait reconnu en 2006 sa défaite au second tour contre Boni Yayi dénonce cette fois un scrutin injuste et rejette les résultats. Selon les grandes tendances des résultats officiels provisoires de la Cena, le président sortant Boni Yayi a totalisé 53,1% des voix contre 35,65% pour son grand rival Me Adrien Houngbédji, loin devant le troisième Abdoulaye Bio Tchané avec 6,28%, au nombre des 14 candidats en lice au départ. Ces résultats ont été précédés par une houleuse bataille postélectorale. Le camp du président sortant, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), et celui de Me Adrien Houngbédji, l’Union fait la nation (UN), s’envoyant à la figure leurs chiffres. L’un et l’autre revendiquant la victoire. Sur fond d’accusations envers le régime en place de fraudes massives qui ont entraîné au préalable des manifestations de l’opposition à la Cena.

A peu de choses près, la proclamation des résultats officiels de la présidentielle béninoise s’est en effet déroulée dans un scénario à l’ivoirienne. Auparavant, Parfait Ahoyo, assistant de Me Adrien Houngbédji, et Clotaire Olihidé du secrétariat administratif permanent de la Cena, soupçonnés de travailler pour l’opposition, ont été arrêtés et conduits devant le procureur de la République. Et c’est même après une échauffourée entre certains membres qui voulaient donner les résultats et d’autres l’empêcher physiquement que la proclamation a eu lieu. Non sans l’appui des forces de l’ordre. En attendant le verdict de la Cour constitutionnelle suite aux nombreux recours qu’elle aura à connaître, le camp du président sortant a déjà commencé à célébrer sa victoire. Une première dès le premier tour en vingt ans de démocratie et cinq élections. Pour Marcel de Souza, le porte-parole de Boni Yayi, les perdants doivent accepter leur défaite au lieu de jouer les mauvais perdants. Près de 2.000 partisans du président se sont massés devant son domicile à Cotonou peu après l’annonce des résultats provisoires.

A 58 ans, originaire de Tchaourou, au nord-est du Bénin, Boni Yayi, enfant de paysan, ne pouvait certainement pas imaginer un jour qu’il aurait un destin de banquier et de président. D’abord conseiller de l’ex-président Nicéphore Soglo, puis président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), il s’est fait élire en 2006 face à Me Adrien Houngbédji. Au grand dam de ce qu’on appelle la vieille classe politique dont les Béninois s’étaient lassés, pour cause de corruption. Mais contrairement à ce qu’ils attendaient, la corruption n’a pourtant pas régressé. Bien au contraire, elle s’est institutionnalisée avec des méthodes encore plus subtiles en cinq ans. Tant et si bien qu’on est tenté de conclure que les électeurs béninois sont en majorité à l’image de leurs dirigeants.

L’opposant Adrien Houngbédji conteste la réélection de Boni Yayi
ebeninois.com)/n


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