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Bernard Njonga ne veut plus être un «guignol»

Celui qui s’était érigé en héraut des problèmes des agriculteurs camerounais durant de nombreuses années a décidé de se retirer de la tête de l’ACDIC, pour « de nouveaux combats »

Avec le temps, on amollit ses convictions. Bernard Njonga confirmerait-il l’adage? Le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) a décidé le 13 octobre dernier, qu’il se retirait de la tête de cette organisation de la société civile. Agé de 59 ans aujourd’hui, cet ingénieur agronome assure qu’il ne s’agit pas pour lui de «jeter l’éponge» et qu’il présentera «incessamment» la forme d’expression de son «nouveau combat».

C’est une phase qui se tourne pour ce personnage qui n’a pas souvent hésité à prendre des coups de crosse et de bottes lors de manifestations pour les agriculteurs et éleveurs camerounais. Notamment pour l’interdiction de l’importation de poulets congelés afin de soutenir la filière locale ; ou encore contre les détournements de subventions et de matériel destinés aux agriculteurs au ministère de l’Agriculture et du développement.

Et il croyait en son combat. Au comice agropastoral d’Ebolowa en janvier 2011, on l’a vu recevoir le chef de l’Etat, Paul Biya, dans le stand de la coalition des OSC camerounaises qui y menait la campagne «zéro produit alimentaire importé au comice agro-pastoral d’Ebolowa». Bernard Njonga présentait des produits «made in Cameroon» au président de la République en assurant que le Cameroun peut arriver à son autosuffisance alimentaire. Résultat en 2014, le pays importe toujours plus de riz, de sucre, d’huiles végétales et de poissons, toutes choses qui aggravent le déficit de sa balance commerciale et qui semblent avoir échaudé l’enthousiasme de Bernard Njonga.

«Avec l’ACDIC, nous avons réussi à porter le plaidoyer pour la cause paysanne aux portes du pouvoir central et attendions que les politiques jouent leur partition afin que nous continuions la nôtre dans l’interpellation, le contrôle de l’action publique et autres propositions, en respect mutuel. Malheureusement nous assistons impuissants à un refus catégorique des tenants du pouvoir politique non seulement à nous reconnaitre dans notre rôle, mais aussi et surtout à prendre en compte les préoccupations légitimes des paysans et des acteurs du monde rural», justifie officiellement celui qui est désormais ex-président de l’Acdic.

Bernard Njonga: « Je n’ai pas jeté l’éponge »
Journalducameroun.com)/n

«Du coup, je me suis senti personnellement plafonné et je vis avec frustration la persistance des problèmes pour lesquels nous avions pourtant proposé des solutions réalistes. Telle cette cherté continue de la vie. C’est dans ce contexte que je me suis mis en retrait de la scène publique non seulement pour marquer mon refus de continuer à jouer au «Guignol» et «au chien qui aboie quand la caravane passe», mais aussi pour réfléchir et prendre la décision de démissionner de mes fonctions de président de l’ACDIC», indiquait-il lundi dans le communiqué publié pour la circonstance.

Bernard Njonga est diplômé de l’Ecole nationale supérieure agronomique (ENSA) de Yaoundé. Démissionnaire de la fonction publique en 1987, l’ingénieur agronome a participé à la création du Service d’appui aux initiatives locales de développement (SAILD) ; au magazine d’information «La Voix du paysan»; au Centre de documentation pour le développement rural (CDDR) ; et en 2004 à l’ACDIC. En partant de cette dernière, certaines voix soutiennent déjà qu’il compte lancer un parti politique dans la perspective de l’élection présidentielle de 2018. Approché par Journalducameroun.com, cet acteur dynamique de la société civile camerounaise a indiqué qu’il ne souhaite pas faire une sortie médiatique, «pour le moment».

Bernard Njonga (au centre avec la cravate rouge) lors du renouvellement du bureau de l’ACDIC en octobre 2012
acdic.net)/n



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