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Bertoua : La prison au bord de l'explosion

Un surpeuplement évalué à 300%, un manque de personnel, la tuberculose et le sida menacent sa stabilité.

Les ingrédients sont réunis pour une explosion éventuelle qui pourra se manifester par une évasion massive à la prison centrale de Bertoua, comme les prisonniers de Douala si rien n’est fait dans les plus brefs délais. C’est du moins le constat qui se dégage après la visite rendue dans ce pénitencier par le nouveau préfet du département du Lom et Djerem, Rim ‘a Mboussi lors de sa toute première sortie officielle dans le cadre de la visite des services publics installés dans le chef lieu du département qu’il dirige depuis le 5 août 2008.

A son arrivée à la prison centrale de Bertoua vendredi dernier, Rim ‘a Mboussi a sûrement pris l’ampleur du problème à partir seulement de l’odeur insupportable des eaux usées qui l’a accueillie à l’entrée de la prison. Lors d’une séance de travail avec les principaux responsables, le régisseur de la prison centrale de Bertoua, Claude Djuimo a présenté au préfet Rim’à Mboussi, sur le plan infrastructurel et sanitaire, le vrai visage de cette maison d’arrêt, un visage qui dévoile au moins le calvaire que vivent quotidiennement les détenus ainsi que leurs gardiens. Selon les explications du régisseur, l’on enregistre aujourd’hui à la prison centrale de Bertoua, un effectif de 472 détenus, entassés comme des sardines dans des cellules initialement prévus pour 100 personnes. Par contre l’on dénombre seulement environ 20 personnels tous grades confondus et certains non spécialisés pour la garde.

Si l’on s’en tient au ratio conventionnel qui voudrait qu’un gardien de prison ait à sa charge cinq détenus, on se rend vite compte qu’à Bertoua, un seul gardien de prison a, au moins 25 prisonniers à garder. Toujours en ce qui concerne les infrastructures, Claude Djuimo a révélé que les bâtiments construits il y a de cela une quarantaine d’années pour accueillir les simples contrevenants, sont appelés aujourd’hui à garder les grands criminels et les coupeurs de route. De même, le régisseur a fait savoir que les investissements alloués par l’Etat pour l’entretien de ces bâtiments ont un impact insignifiant à cause de la hausse du prix des matériaux de construction.

Sur le plan sanitaire, le régisseur de la prison centrale de Bertoua a annoncé au préfet, l’existence de 32 cas des malades de la tuberculose et plusieurs cas des victimes du vih/sida qui malheureusement sont entassés avec les autres détenus dans les mêmes cellules faute d’infrastructures.
En attendant une aide annoncée de l’Union européenne qui pourra dans les mois à venir contribuer à l’amélioration des conditions carcérales et soutenir le programme de formation et de réinsertion déjà appuyé par certaines Ong religieuses, le préfet du département du Lom et Djerem, qui a par ailleurs promis de saisir l’administration pénitentiaire dans les plus brefs délais sur le danger que représente la prison centrale de Bertoua, a demandé au régisseur d’utiliser son expérience pour contenir la situation actuelle. Le régisseur et ses collaborateurs devraient dans ce sens amener les prisonniers à travers un traitement humain à accepter leurs mauvaises conditions carcérales.


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