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Bilik Jo: «Je suis intarissable, c’est un don du Saint-Esprit»

Bilik Jo a bien nous a accordé un entretien sur son dernier album « Apo-ka-lypse » présenté au Cameroun

Vous êtes passé de Dj Bilik à Bilik Jo. Pourquoi ce changement de nom?
Le nom est la toute puissance de l’être. Parfois le nom a des influences sur nos vies. Au départ mon nom d’artiste était Joël Beat, je trouvais cela trop américain. En 1994, je décide de porter un nom local j’opte pour BILIK qui veut dire en langue Fang «les héritages, les lieux légués pas nos ancêtres». Chez moi à Wom Yanda, mes ancêtres ont fondé ce village et l’ont baptisé bilik, au début de ma carrière je voulais partir de mes racines pour faire valoir mon talent et cela a eu de l’influence même dans mes musiques. Après cela j’ai commencé à faire ragga, ensuite du rap et en tant qu’artiste il fallait dégager ma personnalité de rappeur et voila pourquoi je me fais appeler aujourd’hui Bilik Jo, Jo qui vient de mon prénom Joël.

Vous avez sorti en Août 2009 l’album « APO-KA-LYPSE ». Pourquoi ce titre? Est-ce une manière de vous rapprocher d’avantage de Dieu puisque vous le lui avez dédicacé?
J ai été toujours très proche de Dieu depuis mon bas âge, je me rappelle quand j’écrivais mes premiers textes avec mes compères d’Umar cvm, on s’inspirait toujours des saintes écritures. Après la rupture en 2000 avec mon groupe, je ressentais de plus en plus l’appel à écrire des textes pour Dieu. Je vous déclare ici sans vouloir impressionner qui que ce soit, que je reçois énormément des messages de la part du Saint Esprit .Autour de moi on me trouve bizarre par rapport à mes déclarations, je voudrais leur dire que cela n’est pas de ma faute car parfois j’ai envie de faire comme tout le monde mais je n’arrive pas, je suis toujours obligé de parler de Dieu. Le titre apo-ka-lypse c’est tout simplement l’avertissement selon ma révélation et j’attire l’attention des uns et des autres sur le danger qui est et qui sera, car tout le décor est déjà planté pour la dislocation de tous les systèmes en particulier et du monde en général.

Parlez-nous du contenu de cet opus
C’est un album de 16 titres, un univers artistique afro-occidental. C’est un concept nouveau à savoir faire un hip hop pour le Seigneur, qui se décale du rap festif et grossier qu’on écoute un peu partout. Mon album combat les systèmes à savoir l’homosexualité, l’impérialisme, le capitalisme, les religions, l’immoralité qui est devenue légale dans le monde ainsi que la corruption morale et physique. Je pense qu’un homosexuel peut changer au même titre que celui qui commet n’importe quel autre délit. Mes thèmes sont difficiles à digérer dans ce contexte, les gens préfères les chansons mondaines qui parlent de sexe, de pornographies, dans mon pays on a légalisé l’immoralité ce qui fait que mon album peut-être impopulaire.

Peut-on qualifier « APO-KA-LYPSE d’album engagé? Car vous dénoncez des maux tels que l’homosexualité ou la corruption
C’est un album très engagé spirituellement car je pense que la base de notre vie c’est la spiritualité, si elle est mal orientée on se perd complètement dans ce monde sodomite. Nous sommes à la fin des temps, l’humanité vit les dernières instants car toutes les prophéties bibliques se sont déjà accomplies concernant les signes de la destruction.

Dans votre album on a plusieurs featuring (Foetus Lion, Umar Cvm, R.Bey, Sumalek, Manhitoo, Sir Mika, Sumanja, Racin). Parlez-nous–en
Ce sont des frères et s urs, et certains de la Guinée Equatoriale. Chacun a apporté sa touche de professionnalisme dans cet album, avec eux j’ai eu de longues expériences dans mon label. En France avec f tus lion, Umar Cvm, le groupe emblématique du rap camerounais par l’originalité sonore et rapologique, ce groupe a marqué l’histoire du rap camerounais. Merci à Sumanja, Sumalek, Manhitoo avec le titre « on est toujours là » et à la centrafricaine Sir Mika qui a participé à fond dans cet album. Bien évidemment il y a eu Rex fait les ch urs.

Bilik Jo vit aujoud’hui à Bata en Guinée équatoriale
Journalducameroun.com)/n

Sur la pochette du CD on vous voit couler des larmes avec des yeux remplis de feu. Quel est le message que vous voulez véhiculer à travers cette image?
Déjà je voudrais remercier Aziz de Hope wear qui a eu l’inspiration pour cette pochette après avoir écouté l’album. Je voulais que la pochette reflète le thème à savoir l « apo-ka-lypse » mes yeux reflètent le monde en feu qui va se produire bientôt, les larmes symbolisent le regret, la douleur, les malheurs, alors je pleure le sort qui nous est réservé et certains doutent de cela et disent qu’il n’y aura pas de fin du monde alors mangeons et buvons, vivez et faite ce qui semble bon ou mauvais.

En parcourant la playlist de votre album on se rend bien compte que plusieurs titres ont été repris. Notamment « présidents d’Afrik », « la dette du sang » et autres. Peut-on voir dans cette répétition un manque d’inspiration?
(Rires). Le projet Umar ayant capoté, j ai décidé de prendre quelques titres puisqu’il y a des dizaines non parus sur le marché. Il a fallu que je laisse tomber plusieurs nouveaux titres de mon répertoire pour ces titres. En ce moment, je peux sortir 05 albums de 16 titres chacun sans faire de nouvelles compositions. Je suis intarissable, c’est un don du Saint-Esprit.

Comment se passe la promo de votre album?
J’ai démarré par un clip qui a été censuré dans les médias, vous voyez que ce n’est pas facile dans ces cas là. Mais je n’ai pas baissé les bras, je compte le faire en grande pompe cette année car mes albums n’ont pas de temps vu que les chansons sont d’actualité.

Vous venez de participez à la 8ème édition du Kamer hip hop, quelles sont vos impressions?
J’étais très ému de retrouver la scène avec des compères de la « old school », je pense qu’on a réussi la soirée et big up à kamer hip hop show, surtout à Idrissou et Stéphane les concepteurs de cet événement qui je vous le rappelle font beaucoup pour les nouveaux talents du hip hop. Ils ont voulu rendre hommage à la génération qui a fondé ce mouvement au Cameroun. Le public était très présent au point où, il n’y avait plus de places et même ceux qui avaient de billet n’ont pas pu avoir accès. C’est dommage, on a un réel problème de salle de show au Cameroun. Je les encourage comme toujours d’aller de l’avant et surtout que Kamer hip hop devienne une plate forme d’éducation aussi pour cette jeunesse car nous faisons une musique consciente qui véhicule des messages positifs pour notre jeunesse et même pour les générations futures.

Pochette de « Apo-ka-lypse »
Journalducameroun.com)/n


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