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Boko Haram a mené 200 attaques à l’Extrême Nord-Cameroun depuis juillet 2015

Amnesty International souligne que les combattants de ce groupe terroriste ont assassiné et enlevé des centaines de civils et ont attaqué et incendié des villes et des villages

Entre juillet 2015 et juillet 2016, environ 200 attaques ont été menées par Boko Haram, dont 46 attentats-suicides, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, tuant presque 500 personnes, indique, une note publiée le 30 juin 2016 sur le site d’ d’Amnesty International.

Depuis 2014 au moins, le groupe armé Boko Haram commet de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire au Cameroun, ses combattants ont assassiné et enlevé des centaines de civils et ont attaqué et incendié des villes et des villages.

En dehors des civils, les attaques de Boko Haram au sein des forces de sécurité ont fait 67 morts depuis 2014.

En 2015, Boko Haram a sensiblement intensifié ses attaques au Cameroun, en recourant aussi aux attentats-suicides, révèle Amnesty.

La fréquence des attaques de Boko Haram dans le Nord du Cameroun a atteint son paroxysme entre novembre 2015 et fin janvier 2016, avec un record d’un attentat tous les trois jours, janvier dernier a été le mois le plus meurtrier, avec au moins neuf attentats-suicides, qui ont entraîné la mort de plus de 60 civils.

Les civils sont en première ligne des dommages causés par les attentats-suicides, ils sont délibérément ciblés par des attentats visant des marchés, des mosquées, des églises, des écoles et des gares routières.

Ainsi, le 10 février dernier, dans la ville de Nguéchéwé, à environ 60 km de Maroua, deux femmes se sont fait exploser lors d’un enterrement, tuant au moins neuf civils, dont un enfant, et blessant plus de 40 personnes, rapporte Amnesty.

Quelques jours plus tard, le 19 février dernier, deux autres femmes commettaient un attentat-suicide, qui a entraîné la mort de 24 civils au moins et en a blessé 112 autres, dans un marché du village de Mémé, non loin de Mora.

L’un des aspects les plus perturbants des attentats-suicides de Boko Haram au Cameroun, mais également au Nigeria, au Tchad et au Niger, est le recours à des enfants pour commettre ces attentats.

La plupart des attentats-suicides commis par Boko Haram au Cameroun impliquent des jeunes femmes et des filles et l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) indique avoir recensé dans l’ensemble des pays affectés par Boko Haram 40 attentats-suicides impliquant un enfant au moins, entre janvier 2014 et février 2016.

L’agence des Nations unies a souligné que, parmi ces 40 attentats, 21 se sont déroulés au Cameroun, les forces de sécurité camerounaises ont expliqué à Amnesty International que des filles se déplaçant à pied sont de plus en plus utilisées pour commettre des attentats dans des endroits bondés, dans la mesure où elles franchissent les contrôles de sécurité plus facilement que les garçons.

Amnesty International a recueilli des informations sur les activités de Boko Haram et les a condamnées parce que les membres du groupe se sont rendus coupables d’atteintes aux droits humains et au droit humanitaire, qui constituent des crimes de guerre.

L’organisation a également appelé le gouvernement camerounais à prendre toutes les mesures légales nécessaires pour protéger les civils contre ces exactions.

Pour faire face à la menace que représente Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, les forces de sécurité camerounaises ont déployé des milliers d’agents supplémentaires pour tenter de protéger les civils des attaques et éviter que le territoire ne tombe aux mains du groupe armé.

Les tactiques violentes de Boko Haram et ses opérations transfrontalières ont compliqué les actions des forces de sécurité et l’identification de ses membres s’avère difficile.


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