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Boko Haram: L’ONU met en garde contre une crise humanitaire régionale

Les effets de la crise dans le nord-est du Nigéria se ressentent de plus en plus à travers la région, ont prévenu jeudi deux hauts responsables humanitaires des Nations Unies

Sur fond de combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du groupe Boko Haram, les effets de la crise dans le nord-est du Nigéria se ressentent de plus en plus à travers la région, ont prévenu jeudi deux hauts responsables humanitaires des Nations Unies.

Le Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, et la Directrice des programmes d’urgence du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Afshan Khan, ont exprimé leur inquiétude lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York, à la suite d’une récente visite dans la ville de Yola, près de la frontière entre le Nigéria et le Cameroun.

«Les gens du nord-est du Nigéria souffrent énormément», a déclaré M. Ging, soulignant que plus d’un million de personnes ont été déplacées par les combats et qu’environ 6.300 civils ont été tués. Environ 90% des personnes déplacées se sont retrouvées dans des communautés d’accueil, ce qui pèse sur les services de base. A Yola, la population de la ville a doublé, passant de 300.000 à 600.000 en raison de l’afflux de personnes déplacées.

La crise a aussi un impact sur la sécurité alimentaire dans la région et à travers le Sahel, a ajouté M. Ging. «Alors que la saison des pluies est dans deux mois et que les ressources des communautés d’accueil diminuent rapidement, nous devons mobiliser l’assistance pour aider les gens dans le besoin».

Il a noté que la région du Sahel restait «dépendante» de la production alimentaire du Nigéria. Actuellement, avec la production agricole perturbée par les violences, les conséquences à long terme de la crise risquent de s’aggraver.

Il a précisé qu’OCHA allait octroyer 28 millions de dollars (environ 17 milliards de F CFA) à travers le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour «permettre une augmentation rapide de l’action humanitaire internationale» au Niger, au Cameroun, au Tchad et au Nigéria.

De son côté, Mme Khan a exprimé son inquiétude sur le caractère particulièrement meurtrier du conflit dans le nord-est du Nigéria sur les enfants, avec des filles violées et contraintes au mariage précoce et des milliers de garçons recrutés de force pour combattre.

Elle a prévenu que les femmes et les enfants subissaient l’essentiel de cette crise, alors qu’ils sont victimes de violences sexuelles et sont forcés de fuir les zones de conflit.

Des réfugiés nigérians au camp de Minawao dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun
UNHCR/D. Mbaiorem)/n
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