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Boniface Tchuenkam: «L’accès à l’information économique reste délicat en Afrique centrale»

Directeur de publication de l’hebdomadaire «le financier d’Afrique», il évoque son expérience et les difficultés de la presse spécialisée au Cameroun

Qui êtes vous, parlez nous du financier d’Afrique qu’est ce que c’est?
Le Financier d’Afrique est une initiative panafricaine basée au Cameroun et qui se donne pour mission d’informer et de former les africains dans le domaine économique et financier. Contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, c’est un projet éditorial qui date de 1999. Après moult péripéties inhérentes à tout jeune projet dans le format magazine, l’idée nous vient en 2001 d’essayer la formule tabloïd dont le coût de production est plus souple par rapport au magazine. C’est ainsi que naît cette formule en février 2002. Depuis lors, ces deux produits sont proposés concomitamment aux lecteurs. En janvier 2008, le tabloïd est devenu hebdomadaire paraissant tous les mardis, et s’impose de plus en plus sur le marché de l’Afrique centrale. Au Cameroun, il est parmi les dix meilleurs titres selon Messapresse, le distributeur local.

Comment est née l’idée de lancer ce magazine?
Il est né du souci de son initiateur de contribuer au développement de l’Afrique, au regard des mutations économiques qui s’opèrent dans le monde et surtout de l’impact de la monnaie sur la vie quotidienne des populations. Eu égard à la prolifération des magazines politiques et people dans le paysage national et sous-régional, nous nous sommes engagés dans ces créneaux, jusque-là abandonnés par les éditeurs de presse. En plus, il est question d’intéresser la population à l’actualité économique et financière. Il s’agit davantage d’une démarche volontariste, car le secteur n’est pas particulièrement rentable.

Lorsqu’on voit la désignation «le financier d’Afrique», on est tenté de croire que vous couvrez toute l’Afrique, est-ce le cas?
Le Financier d’Afrique, ce n’est pas seulement un espace géographique ou un slogan commercial, c’est avant tout une vision panafricaniste. Couvrir l’ensemble du continent reste notre ambition, mais notre espace de distribution physique du journal se limite pour le moment aux pays de la CEMAC. Au Cameroun, nous avons un contrat de distribution avec Messapresse et au Gabon avec Sogapresse. Dans les autres pays, c’est un réseau privé. Nous entendons étendre dès 2012, la distribution physique dans les pays de la CEEAC. Nous sommes aussi accessibles partout dans le monde à travers Internet. Notre site web est actuellement en reconstruction pour lui donner plus d’interactivité.

Quelles sont les défis auxquels vous avez dû faire face pour cette initiative, quels sont ceux que vous affrontez aujourd’hui?
Le Financier d’Afrique connaît les problèmes communs aux entreprises de presse au Cameroun, notamment la question de la viabilité économique, les coûts des intrants et l’érosion du lectorat avec le boom médiatique. Les difficultés, vous vous en doutez sont plus accentuées dans un journal thématique comme le nôtre, surtout quand on est pionnier. Dans cet environnement, le défi premier est de conquérir et fidéliser un lectorat, et ensuite de convaincre les annonceurs. Le deuxième challenge est celui du financement. Enfin, il y a le défi de la qualité de l’information. Ce dernier est d’ailleurs un défi permanent à tout organe de presse sérieux qui veut assurer sa pérennité.

Comment est organisé le travail au sein de votre journal notamment pour la collecte des informations?
La rédaction centrale est à Yaoundé. Au Cameroun, nous couvrons directement l’actualité, et pour les autres pays de l’Afrique centrale, nous disposons de correspondants. Mais pour les événements majeurs de la sous-région, la Rédaction dépêche des envoyés spéciaux.
Quels sont les pays où votre concept est le mieux reçu?
Le Cameroun reste le marché historique avec des abonnés dans les institutions financières et l’administration publique. Mais, au regard des statistiques des ventes en kiosques,le Gabon est le pays d’Afrique centrale qui a le plus adhéré au concept. Sociologiquement, je remarque que la culture de la lecture des produits de presse est plus développée au Gabon.

Boniface Tchuenkam, le DP du financier d’Afrique est banquier de formation
Journalducameroun.com)/n

Vous avez une formation de banquier, est-ce que cela vous aide à mieux aborder les thématiques de votre journal?
C’est évident. Pour partager les informations financières avec le public, il faut d’abord maîtriser soi-même le sujet. Le langage financier est non seulement complexe, mais il est aussi très dynamique. Mais j’avoue que la tentation est forte pour un banquier de se prendre pour un expert au lieu d’un journaliste. L’exercice est certes difficile, mais nous nous évertuons à rendre l’information financière plus accessible au plus grand nombre.

Quelles sont les contraintes qu’il y a à traiter de l’actualité économique au Cameroun en particulier et en Afrique centrale en général?
Le véritable problème est celui de l’accès à l’information. Il faut parfois attendre plusieurs jours pour recouper une information banale, eu égard à la frilosité des acteurs économiques et des responsables institutionnels, y compris les élus du peuple. En plus, l’arbitrage entre l’information et la publicité reste un travail de veille permanent.

Êtes-vous souvent victimes de censure?
Pour le moment, tout se passe bien. Mais parfois, certaines administrations publiques ne sont pas aux faites des textes communautaires qui régissent la circulation des produits de presse, ce qui constitue une entrave dans l’exercice de notre activité dans la sous-région.

Comment financez-vous le journal?
Comme toute petite et moyenne entreprise, nous nous finançons dans les institutions de micro finance sans lesquelles le journal n’existerait pas.

Comment voyez-vous le Financier d’Afrique dans une dizaine d’années?
Les publications du groupe Le Financier d’Afrique doivent faire autorité et occuper une place de choix dans le carnet de lecture des africains en commençant par les jeunes.

Le Financier d’Afrique est aujourd’hui distribué dans tous les pays de la CEMAC
Journalducameroun.com)/n


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