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Bosnie: la police évacue un campement de fortune de migrants à Sarajevo

La police bosnienne a évacué vendredi matin sans incidents quelques 250 migrants qui avaient mis en place dans le centre touristique de Sarajevo un campement de fortune, pour les loger dans un centre d’accueil dans le sud du pays, a constaté l’AFP.

La Bosnie, évitée par les migrants lors de la grande vague de 2015-2016, est traversée depuis le début de l’année par des centaines de migrants et réfugiés d’Asie et d’Afrique qui souhaitent rejoindre les pays des l’Europe occidentale.

L’évacuation a commencé à 6 heures locales (04H00 GMT) et s’est achevée en deux heures. Les migrants, surtout des jeunes, mais également un certain nombre de familles avec des enfants, sont montés dans des autocars qui les ont conduits dans la direction de Salakovac, près de Mostar, à une centaine de kilomètres au sud de Sarajevo.

Les autocars ont cependant été bloqués à la frontière entre les deux districts sur le mont Ivan à 40 km de Sarajevo, par la police qui n’a donné aucun explication. La Bosnie a un système de gouvernance compliqué avec une police à trois niveaux dont aucun n’a de rôle supérieur.

Certains migrants ont quitté les bus, selon un journaliste de l’AFP.

Dans la région de Mostar ils devraient être logés dans un ancien camp de réfugiés mis en place après les conflits dans les Balkans dans les années 1990 et qui a été aménagé pour ces nouvelles circonstances. Il pourra recevoir environ 300 personnes.

« Il n’y a pas eu de violences et d’incidents (…) Les gens sont partis volontairement », a déclaré à l’AFP Peter Van Der Auweraert, le responsable en Bosnie de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« La situation humanitaire dans le parc devenait de plus en plus compliquée. Il y avait de plus en plus de tentes, on a eu de la pluie dans la semaine, la situation en matière d’hygiène et de santé était vraiment très pénible », a-t-il expliqué, sur place.

Selon le gouvernement bosnien, quelques 4.000 migrants sont entrés dans le pays depuis le début de l’année. Selon l’OIM, il s’agirait de 3.600 personnes, dont 2.500 sont toujours sur le territoire de la Bosnie. Les autres ont quitté le pays.

Selon le ministre de la Sécurité bosnien, Dragan Mektic, « entre 80 et 150 » migrants entrent actuellement chaque jour dans ce pays en provenance du Monténégro et de la Serbie.

Le phénomène n’est pas comparable au passage de centaines de milliers de personnes par « la route des Balkans » en 2015, jusqu’à sa fermeture en mars 2016, mais la Bosnie n’aura pas les moyens à gérer une crise plus importante, ont mis en garde ses dirigeants qui ont demandé l’assistance technique et financière de l’UE et des Nations unies.

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