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Boursier camerounais en Chine: «Nous maintenons nos revendications»

Ils ont réagi au communiqué du ministre de l’enseignement supérieur paru sur Cameroon-tribune portant sur le paiement des compléments de leurs bourses

Tout d’abord, nous prenons acte de ce qu’enfin le silence ait été brisé sur la question du payement de nos compléments de bourse par les autorités. Nous comprenons ainsi que le langage que nous aurions du utiliser dès le début est celui des médias. Nous regrettons que malgré les assurances qui nous sont données lorsque nous quittons le Cameroun, des correspondances aux autorités ne soient pas suffisantes pour un rappel et soient toutes restées lettres mortes. Notre problème fondamental reste entier cependant et nous sommes résolus à en finir.

Propos de Mr le Ministre
Le ministre dans un communiqué lu sur les colonnes du quotidien national Cameroun Tribune datant du 5 Mai 2011 et intitulé «Boursiers Camerounais en Chine / Les paiements bientôt effectifs», soutient que … les compléments de bourses ont été régulièrement mandatés et/ou payés aux étudiants boursiers camerounais inscrits dans les universités des pays sus cités…., parlant notamment de la Chine.

Notre surprise
Pour nous une telle affirmation est un déni inacceptable de la réalité et ne nous inspire pas confiance quant à la volonté du ministre d’examiner le fond de nos revendications avec un record ahurissant de 24 mois d’arriérés de bourses ! Si l’argent a été «mandaté et/ou payé», alors nous aimerions que le ministre nous fournisse les décisions de paiement y correspondantes car nous n’avons rien reçu et nous nous demandons dans ce cas de figure quelle destination cet argent aurait pris. Autrement, le ministre s’est-il fait induire en erreur par ses collaborateurs de la direction de l’Assistance et des uvres universitaires? Autrement, nous constatons que le ministère de l’Enseignement Supérieur auquel nous sommes à la charge, au lieu de résoudre le fond du problème, choisit une fois de plus la méthode du saupoudrage. De fait, compte tenu du nombre d’étudiants bénéficiaires, les 122 88 000 FCFA dont parle le ministre ne représentent que 9 des 24 mois d’arriérés de bourses que nous réclamons. Est-ce donc le «bis repetitas» du scenario de l’année 2010 ? Nous ne l’accepterons pas. Nous ne nions pas avoir reçu des paiements du MINESUP l’année dernière en effet. Ce que nous disons et répétons c’est que nous totalisons 24 mois d’arriérés de bourses. Le communiqué du ministre ne précise pas, parlant des paiements de 2010 en question, que nous étions déjà à 18 mois d’arriérés et que dans les sommes débloquées (comptant pour 9 mois au total), seuls 3 mois relevaient en réalité des paiements de bourses de l’année 2010 et les autres 6 mois, une partie des arriérés antérieurs qui remontent toujours de 2007 aujourd’hui.


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Nous avons en outre rendu public le tableau de payement des boursiers camerounais de Chine ci-dessus. Une comparaison des arriérés contre les trimestres payés montre qu’il s’agit vraisemblablement d’un système de régularisation par la brouille sur les mois et les années effectives et que seule direction de l’Assistance et des uvres universitaires semble connaitre la stratégie. Est-ce juste pour faire taire la grogne des étudiants et donner l’impression aux medias que la question a été réglée ? Pour nous ici en Chine, ce n’est pas le cas. Nous ne sommes pas allés jusqu’à mêler les medias à ce problème juste pour que le ministère «donne quelque chose». Nous sommes dans un Etat de droit et notre position est simple. Nous dénonçons et nous refusons la logique des arriérés inexplicables de nos compléments de bourse qui affecte sérieusement le bon déroulement de nos études. Il faut qu’on en finisse avec cette histoire.

La Réalité des Faits
Les compléments de bourses octroyés par l’Etat font partie du budget. Et relèvent de l’engagement d’une ligne budgétaire réapprovisionnée chaque année. On ne comprend pas comment on atteint des records de 2 ans d’arriérés et tout cela dans un silence de marbre. Les bourses d’études participent à la politique d’éducation et de formation des citoyens dont le gouvernement a la responsabilité. Ces dispositions bénéficient des finances publiques dont le contribuable camerounais porte lourdement la charge. Nous sommes conscients de nos contraintes morales et académiques. Mais pour la bonne marche de ses études, pourquoi donner l’impression qu’il faut toujours forcer la main aux autorités pour qu’elles honorent finalement leurs engagements ? Nous tenons à souligner d’ailleurs que c’est après que nous aillions envoyé un préavis de grève au MINESUP l’année dernière que les neufs mois de bourses sus cites nous avaient été payés. Nos autorités savent qu’au delà des difficultés classiques de tous les étudiants vivant à l’étranger, en Chine nous vivons la particularité que les petits emplois sont proscrits aux étudiants étrangers à cause de la grande population chinoise. Nous nous rendons compte en outre que le ministre dans son communiqué a complètement ignoré la question des indemnités de transport aux étudiants finissants; un autre cauchemar que beaucoup de nos camarades ont vécu en abandonnant une partie de leurs documents et autres effets personnels en Chine.

Nos dispositions
Nous sommes restés patients pendant des années et entre temps avons adressé des nombreux mémos sur cette situation au Minesup en vain. Aussi nous sommes désormais inébranlables quant à notre position sur ce problème. Nous maintenons nos revendications jusqu’à ce que nos 24 mois d’arriérés des compléments de bourses soient entièrement épongés. Il en va de même pour le paiement des indemnités de transport aux étudiants finissant cet été 2011. Nous aurions préféré un dialogue social et franc pour la résolution de ce problème de gèle inexplicable de nos droits. Mais s’il n y a que le langage des medias pour faire entendre notre voix, alors nous passerons par les medias nationaux ou internationaux pour dénoncer ce problème rampant d’arriérés accumulés impayés des bourses qui ne devrait pas se poser. Au cas où nous restons toujours mal compris, alors nous seront obligés de manifester notre ras-le bol avec une grève de la faim à l’ambassade du Cameroun à Beijing.


Journalducameroun.com)/n


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