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Brexit: le « théâtre » britannique lasse ses partenaires de l’UE

La Première ministre britannique Theresa May devrait obtenir de ses partenaires européens des assurances sur la solution trouvée pour l’Irlande, mais elle se verra opposer un refus catégorique si elle demande de renégocier l’accord pour la sortie du Royaume-Uni.

Il n’est « pas envisageable » de renégocier l’accord de retrait, répètent depuis lundi le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Theresa May va les rencontrer l’un après l’autre mardi soir à Bruxelles pour tenter de leur arracher de nouvelles concessions.

Elle s’est rendue auparavant à La Haye et Berlin pour tenter d’enfoncer un coin dans l’unité affichée par les Européens pendant les 17 mois de négociations.

« Elle veut des assurances juridiques supplémentaires » qui soient « contraignantes » afin que le Royaume-Uni « ne soit pas pris au piège de façon permanente dans le filet de sécurité irlandais », a expliqué mardi le secrétaire d’Etat britannique pour le Brexit Martin Callanan, venu à Bruxelles pour préparer le sommet européen de jeudi et vendredi avec ses homologues européens.

« C’est la question au coeur des préoccupations exprimées par de nombreux députés du Parlement », a-t-il souligné. Les partisans du Brexit dénoncent cette solution car elle impose le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière avec l’UE et l’empêche de conclure des accords commerciaux.

Le blocage britannique n’a pas surpris les 27. Ils s’attendaient à ce que Theresa May ait des difficultés à trouver une majorité et qu’elle demande de nouvelles concessions lors du sommet pour tenter de faire approuver l’accord d’ici le 21 janvier.

– « Promesses irréalistes »-

Cela agace ses partenaires. « C’est du théâtre. Elle veut montrer qu’elle s’est battue », a confié à l’AFP un responsable européen.

« Le Royaume-Uni a toujours été incapable de formuler une position de négociation à cause de toutes les promesses, pour la plupart irréalistes, faites avant le référendum », a expliqué un négociateur.

La conviction affichée par les ténors du Brexit d’obtenir un « meilleur accord » contribue à ces difficultés, a-t-il souligné.

Theresa May va au devant d’un échec si elle demande de nouvelles concessions. « L’accord de retrait est le seul accord possible », a affirmé la ministre française Nathalie Loiseau. « Nous avons fait beaucoup de concessions pour parvenir à cet accord et nous ne sommes pas comptables de la situation politique britannique », a-t-elle averti.

« Il n’y aura certainement aucune promesse que nous allons rouvrir la question et renégocier », lui a fait écho l’Allemand Michael Roth.

La réunion mardi en début de soirée à la Commission européenne à laquelle devrait assister le négociateur du Brexit Michel Barnier devrait permettre d’élaborer un projet de déclaration dont le caractère contraignant reste à déterminer, a appris l’AFP de source européenne.

« Theresa May veut montrer qu’elle a obtenu quelque chose » au cours du sommet spécial Brexit convoqué par Donald Tusk en ouverture du sommet de fin d’année consacré à l’immigration, au budget pluriannuel de l’UE et à la réforme de la zone euro.

– Fatalisme –

« Si marge il y a, il y a une marge pour apporter quelques précisions, quelques questions d’interprétation », a expliqué Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen à Strasbourg.

Mais « l’Irlande ne sera pas laissée de côté », a-t-il assuré en réponse aux inquiétudes exprimées par les dirigeants de ce pays.

Les 27 vont préciser que « le backstop n’est qu’une assurance et qu’il ne sera pas utilisé », a expliqué une source impliquée dans les négociations.

« Nous voulons tous un partenariat étroit à l’avenir, de sorte que nous n’aurons pas besoin d’un filet de sécurité », a-t-elle souligné.

Rien de nouveau, assure cette source. « C’est juste une question de présentation », note-t-elle. Le « backstop » a toujours été présenté comme une solution de dernier recours en cas d’absence d’accord entre Londres et Bruxelles lors des négociations qui s’ouvriront après le départ de Londres, le 29 mars 2019.

Mais l’insistance sur le caractère juridiquement contraignant des assurances suscite un certain fatalisme. « Je suis très préoccupée », a reconnu Nathalie Loiseau. « Nous devons nous préparer à un +no deal+ parce que c’est une hypothèse qui n’est pas improbable », a-t-elle déclaré.

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