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Brice Moussong: « Renforcer le rôle économique de la Diaspora »

Le responsable de Casa-Net, initiateur du forum Davoc, évoque l’observatoire de l’emploi et le fond d’investissement de la diaspora

Monsieur Moussong, vous êtes le secrétaire permanent de Casa-Net, l’organisation initiatrice des rencontres DAVOC (Draw a vision of cameroon), dont la quatrième édition aura lieu à Yaoundé au Cameroun. L’un des objectifs de cette rencontre sera de confirmer la mise en place d’un observatoire de la diaspora camerounaise et d’un fond d’investissement des diasporas Afrique centrale, présentez nous ces deux projets ?
En effet, résultats attendus de cette 4ème rencontre de la diaspora camerounaise sont le déploiement de ces deux structures que vous venez de mentionner. Ces résultats escomptés se situent dans la réalité du prolongement des objectifs de notre réseau de compétences de la diaspora Casa-Net à savoir, l’encadrement à travers ce type de structures, du retour et de l’insertion au Cameroun du savoir faire camerounais résidant à l’étranger. A ce propos, l’Observatoire de la Diaspora Camerounaise (ODC), aura pour missions spécifiques, non seulement de permettre à notre pays d’identifier le génie camerounais résidant à l’étranger, mais aussi de mieux appréhender comment ce génie veut se déployer pour le développement du Cameroun en lui donnant plus de visibilité sur le potentiel économique et social de notre pays. Le Fonds Mondial de la diaspora d’Afrique Centrale (FMD-AC), sera quant à lui un instrument d’épargne, un véhicule d’investissement et de transfert de Fonds essentiellement au service de la diaspora et orienté pour servir les projets de développement.

A quels problèmes concrets ces deux mécanismes viennent-il apporter des solutions ?
Aux problèmes de sous emploi par le Cameroun, des ressources humaines et financières de la diaspora camerounaise d’une part, et d’autre part de l’organisation structurelle des initiatives et du potentiel de cette diaspora. Vous savez, les migrants camerounais regorgent de talents, de ressources financières et de projets. Notre pays a pourtant besoin de ces ressources pour faire face à l’absence de compétences spécialisées dans certains domaines, pour financer des microprojets, pour soutenir des programmes de santé ou d’éducation, de lutte contre la pauvreté et j’en passe. Le moment est venu, nous l’avons pensé, de structurer ce potentiel et de proposer un cadre formel permettant aux apports de la diaspora de répondre plus efficacement aux besoins concrets du développement. Nous avions déjà engagé ce travail de formalisation par la mise en place du Réseau CASA-NET et l’organisation annuelle du Forum DAVOC. Il est donc question, avec les deux mécanismes souhaités (l’Observatoire et le Fonds de la diaspora) d’aller encore plus loin dans l’opérationnalisation du retour des finances et des compétences de la diaspora.

Comment entrevoyez-vous le fonctionnement de ces mécanismes, dans un contexte notamment camerounais où presque tout ce qui vient de la diaspora est traité avec un brin de recul ?
D’abord permettez-moi de partager avec vous une conviction: je crois que toute idée élaborée de façon concertée et qui de surcroit participe à apporter une solution à un problème de pauvreté, ne saurait être reçue avec un brin de recul et ce même si cette idée est initiée par la diaspora. Notre vision a toujours été celle d’une approche concertée entre différents partenaires car chacun apporte une vérité : la diaspora, l’Etat camerounais, les entreprises et des pays amis. Bien entendu, il est nécessaire de travailler à convaincre toutes ces parties prenantes pour que les idées convergent vers une même logique de réalisation et c’est certainement à ce niveau qu’il existe un risque de découragement face à certaines difficultés bien réelles notamment au Cameroun. Toutefois, je peux vous dire que les choses évoluent dans le bon sens. Les mentalités changent et les perceptions évoluent. Il y a quelques années encore, organiser un Forum comme le DAVOC qui réunit le Cameroun et sa diaspora sur une même table de discussion était une utopie. Aujourd’hui, la diaspora et le Cameroun communiquent plus et mieux, ce qui est un atout pour nous. Cela étant, dans le cadre de la mise en uvre de ces instruments, nous défendons une otique d’indépendance de ces structures, lesquelles appartiennent avant tout à la diaspora. En ce qui concerne le FMD-AC, nous l’envisageons comme un bureau Afrique d’une coopérative internationale qui existe déjà à savoir le Fonds Mondial de la diaspora (FMD) qui a son siège à Genève. Quant à l’Observatoire de la diaspora, nous l’envisageons comme une structure largement autonome et gérée en majeure partie par la diaspora camerounaise.

Qui sont vos partenaires pour la mise en route effective au Cameroun de ces mécanismes?
Vous l’avez certainement deviné, de telles structures ne sauraient être mises sur pied sans la caution de l’Etat, car l’Etat comme Institution est l’organe qui représente le mieux l’intérêt Général du peuple camerounais. Le Ministère des relations extérieures et le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années facilitent la validation institutionnelle de ces projets. Par ailleurs, dans le cadre du FMD-AC nous travaillons avec la structure mère à Genève (FMD) et ce avec l’appui potentiel de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM). S’agissant l’Observatoire de la diaspora, nous avons comme principal partenaire l’Etat Suisse à travers l’implication de l’Office des Migrations et du Département de la Coopération.

Brice Moussong
Journalducameroun.com)/n

Quels sont les résultats attendus à moyen et à long terme ?
Concernant le FMD-AC, les principaux résultats à moyen terme sont: l’approvisionnement du Fonds après sa mise en place attendue au sortir du DAVOC 2011. A long terme l’aboutissement vers une banque de la diaspora camerounaise comme il y’en a par exemple au Maroc. L’apport du FMD-AC sera essentiellement d’injecter des financements vers des projets économiques et sociaux concrets afin de répondre aux besoins quotidiens du développement (santé, éducation, emploi, TIC, lutte contre la pauvreté). Quant à l’Observatoire de la diaspora, il est tout d’abord question à moyen terme de finaliser la mise en exploitation de l’ « Annuaire des compétences de la diaspora camerounaise », instrument qui est déjà opérationnel. A long terme ensuite, l’Observatoire sera physiquement déployé à Yaoundé sous la forme d’une Agence de coopération multisectorielle avec la diaspora. L’observatoire interviendra dans l’aiguillage des flux provenant de la diaspora (ressources humaines, finances et projets) vers les administrations publiques et les milieux économiques partenaires. Finalement, le fonctionnement optimal de cet Observatoire de la diaspora pourra s’appuyer sur un autofinancement par la diaspora elle-même, envisagé à travers l’activité d’une cellule d’évaluation et de certification des projets.

Pour quelle date est prévu le lancement de l’observatoire des compétences de la diaspora camerounaise et celui du fonds mondial des diasporas Afrique centrale ?
Au sortir du DAVOC 2011, il est question de disposer des éléments opérationnels suffisants pour déployer ces outils.

On revient sur le DAVOC qui on le sait se déroule cette année au Cameroun quel est votre sentiment, celui d’un retour au pays natal ?
Pas vraiment, car le sentiment du retour au pays natal a été consommé en 2007 lorsque nous avons envisagé au sein de l’Association des camerounais de Genève, en Suisse, d’organiser le premier forum de la diaspora camerounaise en juillet 2008. Aujourd’hui nous avons plutôt le sentiment d’une confirmation, sur place au Cameroun, de notre volonté de servir même à l’extérieur les intérêts de ce pays natal.

Mis à part les deux mécanismes sus-évoqué, quels seront les nouveautés du DAVOC 2011 à Yaoundé sur cette thématique « diaspora camerounaise et innovations ?
Vous savez, le Forum DAVOC 2011 est une édition inédite, car c’est la première fois que la diaspora organise une rencontre d’une telle envergure au Cameroun. C’est la première fois également que la diaspora sera étudiée comme pôle d’innovation. Nous avons pour cela axé les travaux sur l’évaluation fine des projets et des initiatives de la diaspora camerounaise. Comme vous le savez, le Réseau CASA-NET a lancé un appel mondial à propositions afin de recueillir les projets de la diaspora. Les projets sélectionnés sont ensuite notés en ateliers et les 3 (trois) meilleures productions se verront récompensées par un « Prix de l’Innovation économique et sociale – DAVOC AWARD 2011 », financé par nos partenaires internationaux. Par ailleurs, la diaspora présente aura l’occasion de faire la rencontre directe des entreprises dans un « Espace Business », tandis que les administrations publiques présenteront leurs programmes au sein d’un « Espace Politiques publiques ». Ces échanges directs, via des stands et des expositions permettront aux partenaires de nouer des contacts utiles pour la concrétisation des projets professionnels et socio économiques sur le terrain camerounais

Brice Moussong (à l’extrême gauche) lors du Davoc 2010 à Bonn en Allemagne
Journalducameroun.com)/n


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