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Budget 2008: Les projets de 2008 en majorité inexécutés

L’augmentation annoncée laisse interrogateur au regard du fort taux projets inexcutés de l’exercice précédent

Le projet de budget 2009 est sur la table des députés depuis le 17 novembre 2008. L’augmentation annoncée laisse interrogateur au regard du fort taux projets inexcutés de l’exercice précédent.

L’augmentation est de 25,4 milliards. Adopté, le budget passera de 2276 milliards en 2008 à 2301,4 milliards pour l’année 2009. Pour l’élaboration de ces prévisions budgétaires, le gouvernement affirme avoir tenu compte des répercussions éventuelles de la crise financière internationale. Ainsi, malgré l’impact fâcheux de cette crise financière internationale dans la sous région Afrique centrale, les pouvoirs publics tablent sur un maintien de la croissance à l’intérieur du pays. Ils s’appuient, entre autres, sur un accroissement des investissements, et une augmentation des recettes non pétrolières à travers l’élargissement de l’assiette fiscale. Ce budget, comme plusieurs autres avant, fait la part belle au fonctionnement (59,08%) au dépend de l’investissement (25,94%).
Des couacs existent cependant à l’examen de ce projet de budget. Ils portent notamment sur le faible taux d’exécution des projets pour l’année budgétaire finissante. D’après le directeur général de l’agence de régulation des marchés publics (Armp), Jean Jacques Ndoudoumou, le taux d’inexécution des marchés publics pour l’année 2008 est supérieur à 85%. Ce qui fait dire à un député de l’opposition qu’il ne sert à rien de voter des budgets que l’on ne peut exécuter.
Jean Jacques Ndoudoumou rattache cette situation à plusieurs causes. Il y a d’abord l’ignorance des procédures de passation des marchés par la majorité des acteurs de ce secteur. Les nombreux séminaires organisés par l’agence sont boudés par les destinataires. Ensuite, le directeur de l’Armp note un retard dans le déclenchement des procédures. Il estime que le lancement des appels d’offre doit avoir lieu entre les mois de janvier, février ou mars. Et le début d’exécution de ceux-ci lancé en juillet, non sans s’être assurer de la disponibilité des financements y relatif. En outre, il faut ajouter que le montant de nombreux marché est majoré après leur attribution. En somme, lorsque les marchés ne sont pas du tout exécutés, ils le sont mal ou hors délai (forclos).

Pour améliorer la qualité et la célérité des procédures et ce, à moindres coûts, l’Armp a instauré des dossiers d’appels d’offres types. Elle recommande par ailleurs la programmation dans le secteur. Estimant qu’il est inutile d’engager des marchés sans ressources. Dans tous les cas, en dépit du taux d’inexécution élevé des marchés au cours de l’année 2008, le gouvernement affiche un certain optimisme relativement au redressement économique du Cameroun. Optimisme dont le projet de budget en est une illustration. De nombreux observateurs restent cependant dubitatifs au regard des taux régulièrement élevés des marchés publics non exécutés au fil des années budgétaires. La question étant de savoir si un développement est possible sans investissement.


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