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Budget 2010: Premier semestre difficile pour le Cameroun

Les dirigeants se refusent à reconnaitre officiellement l’existence des mesures d’austérité, et pourtant…

Le Cameroun vit un premier semestre budgétaire difficile
L’information que se refuse à confirmer le gouvernement camerounais circule déjà dans le paysage des prestataires des services publics. Plusieurs d’entre eux sont encore dans l’attente de paiements qui ont déjà pris un certain retard par rapport aux délais normaux. Dans certains ministères, des acteurs intervenant dans le système de dépense publique ont confié sous le couvert de l’anonymat, que bien qu’il n’y ait pas de note officielle, on procédait à des coupes sur certaines lignes de crédit considérées comme non prioritaires. Des sources proches de plusieurs institutions financées par l’Etat ont confié toujours sous le couvert de l’anonymat que les subventions du gouvernement restaient attendues. Conséquence, plusieurs d’entre elles peinent à couvrir le cahier de charges de leurs activités. Pourtant le gouvernement camerounais se refuse à parler clairement du problème. Dans certains milieux on avait même envisagé l’hypothèse d’une révision de la loi des finances 2010, dans le cadre d’une session parlementaire extraordinaire. L’idée aurait été rejetée en haut lieu. Trop mauvaise pour l’image d’un pays aux énormes potentialités que défendent les dirigeants camerounais. Pourtant, lors d’une visite de travail au siège du Fonds monétaire International (FMI), le ministre camerounais des finances a reconnu que le cameroun traversait des moments difficiles. Notre préoccupation majeure est notre dette intérieure; nos revenus sont limités et la dette intérieure a encore augmenté. Bien sûr, nous devons continuer à soutenir et à financer les activités du gouvernement. Et étant donné le niveau de revenu qui a stagné, car la production n’a pas augmenté, nous devons maintenant nous résoudre à faire face à des difficultés majeures dans notre pays avait déclaré Essimi Menye le 24 avril dernier à Washington.

Gros écarts par rapport aux prévisions de recettes
Jeudi le 29 juillet dernier, les contrôleurs financiers se sont retrouvés pour dresser le bilan à mi-parcours de l’exécution du budget 2010. Sur la base des différents exposés effectués en cette circonstance, il ressort que le premier semestre est marqué par la faiblesse du taux d’exécution du budget 2010. Certaines déclarations ont fait part de ce que cette situation était liée à des problèmes de système. On a évoqué par exemple les fréquentes coupures d’électricité, le matériel informatique obsolète et insuffisant et le manque de personnel. Mais à l’analyse, le vrai problème reste celui posé par le ministre Essimi Menye des finances, à savoir celui de la production. Le gouvernement camerounais s’est, ces dernières années, refusé à investir sur des projets à forte valeur ajoutée comme l’agriculture ou les services. Dans certains cas lorsque de tels projets existaient, leur efficacité a été fortement entravée par la corruption, à l’exemple du scandale né au ministère de l’agriculture. D’un autre côté, la petite part du budget 2010 réservée à l’investissement peine à être vraiment utilisée. Mis en cause, la lourdeur de la procédure de passation des marchés dans un système que les autorités ont souvent présenté comme l’un des meilleurs au monde. Mais de toutes les causes, la faiblesse des recettes apparait comme une donnée majeure du problème.

Une situation qui était prévisible
Sur la question de la contreperformance des principales recettes, les différentes structures impliquées ont donné diverses justifications. La société nationale des hydrocarbures explique pour sa part que la faiblesse des recettes pétrolières est due à un ensemble de facteurs. Les quantités de pétrole brut vendues par la SNH ont diminué, tandis que le prix moyen de vente, lui, a carrément chuté de 35,33%, pour se situer à 59,75 dollars par baril, contre 92,39 dollars en 2008, affirme une note d’information de cette societé. Les observateurs restent sceptiques face à cette explication. D’un côté il est difficilement admissible que les difficultés d’exploitation soient intervenues en seulement six mois. De même l’opinion publique s’interroge toujours sur le problème que connait le Cameroun, dans un golfe de guinée qui procure d’énormes recettes pétrolières au Nigéria, au Gabon, à la Guinée équatoriale et même au Tchad, mais pas au cameroun qui est en plein milieu. Sur la question des prix, la justification de la SNH reste tout aussi discutable. Au moment de l’élaboration du budget 2010, le gouvernement avait tablé sur des recettes pétrolières à 74 dollars le baril. Or en cette fin de semestre, ce prix malgré la crise se situe quand même à 80 dollars. Dans le cas des recettes fiscales et douanières, les dirigeants se sont refusés à l’admettre, mais la baisse de la productivité dans l’économie et le mauvais effet de la corruption dans ces secteurs sont la cause directe de la situation qui prévaut aujourd’hui. En début d’année, le gouvernement avait fait l’annonce d’un emprunt obligataire de 200 milliards FCFA. Les observateurs doutent aujourd’hui du succès d’une telle initiative. Seule certitude, même de manière informelle, l’Etat camerounais va devoir prendre des mesures d’économie pour préserver le minimum budgétaire. Mais avec la pression du fonds monétaire international, la situation n’est pas prête d’être gagnée


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