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Budget 2011: Ce sera effectivement 2 571 milliards de Fcfa

L’assemblée nationale a adopté dans la nuit de dimanche, l’intégralité du projet de loi soumis par le gouvernement

Le parlement a voté malgré tout
Le budget 2011 du Cameroun est fixé à 2571 milliards de Fcfa équilibré en recettes et en dépenses. Le projet de loi de finance déposé à l’assemblée nationale a été adopté dans son intégralité lors des travaux qui se sont achevés tard dans la nuit du dimanche 28 novembre dernier. La hausse de 0,04% par rapport à l’exercice précédent est ainsi confirmée. L’enveloppe de l’année 2010 qui s’achève s’élevait à 2570 milliards de Fcfa. Un ajustement budgétaire intervenu en début du quatrième trimestre l’avait même revu à la baisse de 50 milliards de Fcfa. Défendant ce choix budgétaire, le premier ministre Yang Philémon avait indiqué que l’élaboration du budget 2011 a reposé sur les prévisions du cours moyen du baril de pétrole à 80 dollars américains, du taux de change du dollar à 524 Fcfa, du taux de croissance du produit national brut (PNB) à 3,8%, du taux d’inflation de l’ordre de 3%, du déficit de 353 milliards de Fcfa devant être financé à hauteur de 50 milliards de Fcfa par des tirages sur dépôts, 150 milliards par émission de titres publics et 153 milliards de Fcfa par des emprunts extérieurs destinés au financement direct de projets. Les ressources proprement dites de l’exercice 2011 sont fixées à 2114 milliards de Fcfa contre 2149 milliards en 2010 pour les ressources internes et 457 milliards de Fcfa contre 421 milliards en 2010 pour les ressources externes. Les emprunts sont estimés à 353 milliards de Fcfa et les dons à 104 milliards de Fcfa. Le projet de budget 2011 consacre 59,12% aux dépenses de fonctionnement, 26,46% aux dépenses d’investissement et 14,42% au règlement de la dette.

Des zones d’ombre pas clairement réglées
L’adoption de ce budget n’aura pas été aussi facile qu’habituellement. Il est difficile de savoir si les députés ont soulevé des exceptions sur le projet de loi soumis à leur examen, en représailles aux actes de mépris dont ils ont déclaré être souvent les victimes de la part des membres du gouvernement. Officiellement certains parlementaires ne semblaient pas d’accord avec certaines dispositions du projet de loi finance. Une des questions objet de désaccord a été celle relative au chapitre sur les dépenses communes qui appartient aux dépenses de souveraineté, donc au fonctionnement. D’un autre côté les parlementaires ont semblé indiquer qu’ils n’ont pas eu en leurs possessions tous les éléments pour une réelle évaluation du solde exact du budget précédent, dont le montant initial avait été réajusté de 50 milliards en moins en valeur réelle. Interrogé sur la question, le ministre Essimi Menye des finances a déclaré au média officiel Cameroon-tribune, que le désaccord était le fait de l’incompréhension de certains textes. Pourtant une descente du Premier ministre Yang Philémon en personne a été nécessaire pour calmer le jeu. Globalement les prévisions de recette du gouvernement sont en baisse, pourtant il entrevoit une croissance à la hausse. D’autre prévision s’appuie sur un dollar à 524 Fcfa, prévision trop risquée, parce que l’économie américaine continue de trainer à se remettre de la crise. Des hausses de la monnaie américaine ne sont pas envisageables selon des experts, avant juin 2011. D’un autre côté, le gouvernement et le parlement avec, semblent avoir négligé l’attitude de la banque centrale européenne (BCE) face à une remontée du dollar américain. Si l’Euro monnaie à laquelle nous sommes attachés prend aussi de l’envol, le problème reste entier et même plus complexe car le problème de compétitivité de nos exportations demeure, a fait savoir un observateur des questions financières.

Un contexte mondial encore fragile
Pour ce qui est de la répartition des enveloppes, on note que la politique de l’amélioration du cadre juridique connaitra une pause, de même que les domaines de la recherche. Certains budgets de fonctionnement ont connu des baisses importantes, notamment celui des frais de mission, du carburant ou de la présidence. Ces baisses importantes sont cependant compensées par une forte augmentation de la part réservée aux dépenses communes, qui interviennent sur des questions de souveraineté. Globalement, le gouvernement devrait s’en sortir. Il pourra démarrer l’année budgétaire avec au moins le dixième nécessaire de son budget, si l’emprunt obligataire parvient à mobiliser les 200 milliards de Fcfa escomptés. Les acteurs de l’infrastructure de la santé et de l’énergie ont été les plus privilégiés cette fois. Sur l’énergie, il y a cependant à redire. Réunis au Gicam sur le sujet il y a quelques semaines, les experts et acteurs du secteur ont fait le constat que l’année 2011 connaitra un déficit de la disponibilité de l’offre d’énergie. La plus part des grands projets énergétiques tardant eux même à prendre corps. La pose de première pierre de Lom Pangar est prévue pour décembre 2010, mais le début des travaux ne devrait pas être effectif avant mi 2012. La centrale thermique à gaz de Kribi prendra encore plus de délai et plus d’argent pour être livrée. Les entités chargées de gérer de nouveaux barrages n’ont pas encore de personnels désignés ou recrutés. Sur le plan agricole, le gouvernement n’a pas clairement indiqué comment il comptait faire face aux différentes pénuries dont les ménagères ont été les victimes tout au long de l’année 2010. Une politique de filière a été mise sur pied mais les investisseurs restent très prudents et l’action gouvernementale incoordonnée. Sur le plan de l’éducation, les experts estiment que la part accordée à ce secteur reste insuffisante par rapport aux ambitions fixées par le DSCE. Les prix pourraient encore augmenter l’année prochaine. La reprise de l’économie mondiale et l’augmentation du prix du baril de pétrole s’accompagnent toujours d’une hausse des cours de certains produits. Or rien n’indique une augmentation de l’offre locale. Le déficit en sera encore au rendez vous.

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Republicoftogo.com)/n
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