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Budget 2012: Le parlement camerounais adopte le projet de 2800 milliards de FCFA

La plénière s’est achevée mercredi en début de matinée, les députés ont finalement validé le projet de 2800 milliards proposé par le gouvernement

Le budget de 2800 milliards de FCFA équilibré en recettes et en dépenses pour l’année 2012. Le gouvernement a augmenté les dépenses courantes. De 1523 milliards en 2011, elles sont passées à 1720 milliards de FCFA en 2012. Cette hausse concerne les dépenses pour biens et services qui bondissent de 479 à 559 milliards de FCFA, mais aussi les dépenses du personnel qui logiquement ont connu un accroissement de 665 à 735 milliards de FCFA. Dans la rubrique des dépenses courantes, les services de la dette et celui des pensions et transferts a connu une baisse à 287 milliards contre 370 pour la dette et à 170 milliards contre 379 pour les transferts et les pensions. Le budget d’investissement lui est en légère hausse. La loi de finances 2012 le fait passer de 677,3 à 720 milliards de FCFA soit un peu plus de 40 milliards de hausse pour l’investissement contre pratiquement 200 milliards de FCFA pour le fonctionnement. Pour y parvenir le gouvernement avait proposé aux députés deux grandes mesures. Une augmentation des recettes de 2214 à 2280 milliards de FCFA et l’émission des titres d’obligation pour un montant de 250 milliards de FCFA. En défendant le budget, le Premier ministre Yang Philémon avait indiqué que la priorité de ce budget reste la lutte contre la pauvreté et la réduction du coût de la vie, notamment en poursuivant la subvention des produits pétroliers. Un autre objectif déclaré par la loi de finance 2012 est celui de la relance de l’économie et de la consolidation des incitations à l’investissement.

Une affirmation qui résiste peu à l’analyse de plusieurs expertises. Ils sont nombreux à partager l’idée selon laquelle pour conduire une véritable politique de développement de l’ampleur annoncée par le président Paul Biya, il aurait fallu un engagement conséquent de l’Etat (pratiquement 30% du PIB selon la moyenne africaine). Or, bien qu’il soit en nette augmentation par rapport à l’année dernière, le budget 2012 ne fait pas varier le poids de l’Etat sur la constitution du Produit Intérieurs Brut (PIB), c’est dire l’ensemble des richesses créées par le pays. Annoncé en 2011 à 12560 milliards de FCFA, il devrait normalement si les projections de croissance de 5% étaient atteintes, tourner autour de 13200 milliards de FCFA en 2012. Dans ce schéma, une hausse du budget pour 2012 s’explique et reste même très faible, car il représenterait seulement 21% de ce PIB loin en dessous de la moyenne africaine. En Europe continent développé, la moyenne de l’implication des Etats sur cet indicateur, tourne autour de 45%. Pour un pays qui annoncé être en «chantier» cela semble difficile, sauf à recourir à nouveau à l’endettement. D’un autre côté, le gouvernement et le parlement par la suite ont choisi de privilégier le fonctionnement plutôt que l’investissement, dans l’affectation des recettes. Une fois encore face aux défis que s’est fixé le président de la République lui-même, le pays devra soit recourir à de nouveaux emprunts extérieurs, soit faire comme d’habitude et geler les investissements en prétextant le dysfonctionnement du système de passation des marchés.

Une nouvelle procédure mise en place «le Budget programme», sera un justificatif constant pour expliquer les éventuels glissements sur les réalisations attendues. C’est pour cette raison qu’ils sont nombreux ceux des experts qui pensent que le budget 2012 place le Cameroun dans une situation de statu quo. Toute chose qui devrait s’aggraver si des conséquences économiques en raison de la crise qui secoue les partenaires au commerce international devenaient effectives. On ne gère pas un pays avec les décrets ou les décisions. Si le Cameroun veut avancer, il doit travailler avec des spécialistes de l’économie. Les budgets programme, et autre documents de stratégie ne nous feront pas avancer. On s’achemine vers un point où les grands chantiers risquent d’attendre encore longtemps avant de démarrer, sauf à s’endetter massivement, ou alors découvrir de nouveaux gisements de minerais estiment Dieudonné Essomba, un économiste en fonction au ministère camerounais de l’Economie

Le ministère des Finances du Cameroun
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