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Burkina Faso: Les mutineries s’étendent aux forces de police dans tout le pays

Fin de semaine agitée pour Blaise Compaoré. Une nouvelle mutinerie, de policiers cette fois, a éclaté à Ouagadougou et dans d’autres villes

Les turbulences continuent au Burkina Faso. Après les violentes manifestations d’hier jeudi 28 avril à Koudougou, épicentre des contestations variées qu’affronte le régime de Blaise Compaoré depuis deux mois, une nouvelle mutinerie a éclaté à Ouagadougou et dans d’autres grandes villes du pays. Pour la première fois, ce sont les forces de police qui sont concernées. Leur révolte a débuté mercredi 27 avril au soir dans une caserne des Compagnies républicaines de sécurité (CRS, police) située dans le quartier de Dassasgho, dans l’est de la capitale. En dépit du couvre-feu nocturne, les policiers se sont mis à tirer en l’air vers 22 heures (locales et GMT) puis, ils sont sortis dans les rues du quartier tout en continuant à se servir de leurs armes. Les tirs ont repris jeudi matin et se sont ensuite étendus au commissariat central de Ouagadougou, autour duquel des barricades avaient été érigées.

Toutes les couches de la population touchées
Des policiers des villes de Bobo-Dioulasso (la deuxième ville du pays), Fada N’Gourma (est), Dédougou, Manga et Pô ont également tiré en l’air entre mercredi soir et jeudi matin. Comme les militaires avant eux, ils réclament l’amélioration de leurs conditions financières. La vie chère et le régime du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, sont la cible de toutes les protestations, qui touchent la quasi-totalité des couches de la population : militaires, jeunes, élèves et étudiants, magistrats, commerçants, personnels de santé, producteurs de coton et maintenant policiers. Pour l’instant, le bilan de ces manifestations est d’au moins six morts (dont quatre étudiants), des blessés, d’innombrables pillages commis par les soldats mutins, des dégâts matériels considérables, et des viols. L’opposition prend le train en marche et appelle à une grande manifestation samedi à Ouagadougou contre Blaise Compaoré qui, depuis 1991, s’est fait réélire quatre fois avec plus de 80 % des voix dans des scrutins contestés par ses opposants. Pour tenter de contrer le mécontentement populaire grandissant, Compaoré a limogé les principaux chefs de l’armée et nommé un nouveau Premier ministre. Luc Adolphe Tiao a formé un gouvernement composé de proches et de fidèles du président, qui s’y est lui-même attribué le ministère de la Défense.

Face à cette nouvelle vague de contestation le Premier ministre Luc Adolphe Tiao tente dans la foulée de reprendre la main. Le chef du gouvernement a annoncé une série de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des Burkinabè par des subventions et des baisses de la fiscalité. Il faut dire que le limogeage de son prédécesseur, la formation d’un nouveau gouvernement (dans lequel le président Blaise Compaoré occupe lui-même le ministère de la Défense) ou encore l’instauration d’un couvre-feu n’a pas suffit à apaiser les esprits.

Après les militaires police Burkinabé s’est mutinée à son tour.
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