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Burundi: 345 nouveaux cas de torture recensés depuis le début de l’année

Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, ces pratiques semblent se généraliser portant à près de 600, le nombre d’actes documentés, depuis le début de la crise

Au Burundi, le recours à la torture et aux mauvais traitements dans les lieux de détention est en forte augmentation. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, ces pratiques semblent se généraliser car depuis le début de l’année, 345 nouveaux cas de torture ont été recensés portant à près de 600, le nombre d’actes documentés, depuis le début de la crise, par l’ONU. Un chiffre probablement sous-estimé car le Haut-Commissariat aux droits de l’homme s’inquiète également de l’existence de lieux de détention secrets.

Dans un lieu de détention officiel, comme les locaux des Services de renseignements, plus de la moitié des détenus présents ont été torturés. Les équipes de l’Onu ont visité ces locaux et ont pu constater des blessures encore fraîches, notamment des traces de brûlures, de coups de ceintures, de barres de fer ou encore d’objets pointus. Dans la plupart des cas, les victimes se voient refuser l’accès aux soins.

Le Haut-Commissariat parle d’une volonté de cacher cette réalité, en enfermant les victimes plusieurs jours, le temps que leurs plaies cicatrisent.

Encore une fois, l’Onu pointe du doigt la responsabilité des différents Services de sécurité et dénonce « l’impunité totale » dont bénéficient les auteurs de ces actes.

Les victimes, quant à elles, seraient de plus en plus nombreuses au sein de l’armée et plus particulièrement de sa composante issue des anciennes Forces armées burundaises (FAB), à dominante tutsie. Arrestations, disparitions, assassinats, les ex-membres des FAB seraient devenus une cible prioritaire, selon l’ONU.

Enfin, malgré les discours des autorités qui abondent dans le sens d’une « normalisation » de la situation, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a recensé pas moins de trente attaques dans la capitale, uniquement pour le mois de mars.

Bujumbura, 3 février 2016. Au Burundi, le cycle de violences et de répression enclenché il y a neuf mois n’en finit pas.
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