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Burundi: Bras de fer entre le gouvernement et les médias indépendants

Cinq radios et une télévision indépendantes ont bravé interdiction du gouvernement de publier, commenter ou analyser des informations sur le massacre de Gatumba

Cinq radios et une télévision indépendantes ont décidé d’organiser, durant toute la journée de jeudi 22 septembre, une synergie des médias en vue d’appeler les Burundais à se mobiliser pour la paix et la sécurité, après le massacre perpétré dimanche à Gatumba, a expliqué Vincent Nkeshimana, vice-président de l’Association burundaise des radiodiffuseurs (ABR). Au menu, des journaux, des tables rondes et des débats en direct au cours desquels on a commenté et analysé le massacre de Gatumba et les nouvelles violences dans ce pays, sans tenir compte de l’interdiction gouvernementale.Nous osons espérer que ça ne va pas envenimer nos relations explique Vincent Nkeshimana. Nous osons espérer qu’en nous disant, vous en faites trop, ils ne nous disent pas que c’est mauvais de défendre la paix. Nous voulons bien comprendre ce qui les préoccupe, mais nous nous confirmons que nous nous engageons pour la paix, pour la sécurité, dans ce pays . Le gouvernement burundais n’a pas voulu, ou n’a pas pu, intervenir sur-le-champ. Les cinq radios ont organisé des tables rondes, des débats politiques concernant le massacre de Gatumba et la résurgence de la violence dans le pays depuis un an. Elles ont regroupé leurs rédactions et leurs programmes pour l’occasion.L’interdiction d’évoquer le massacre de Gatumba ne doit durer qu’un mois, c’est une décision du gouvernement qui doit être respectée. (..) la correspondance leur avait déjà été remise, mais malgré ça ils l’ont fait., a insisté la ministre burundaise de l’Information, Concilie Nibigira. Nous allons analyser ce qui s’est passé et prendre une décision a-t-elle déclaré. Pour le directeur de la station privée, Radio publique africaine (RPA), Eric Manirakiza, qui a déjà été plusieurs fois la cible des autorités: Il n’y a pas de sujets tabous dans ce pays. Le gouvernement connaît très bien la loi. S’ils veulent décréter un état de siège, qu’ils l’assument. Mais on ne peut pas accepter une décision illégale.

Tout est parti d’une accusation très grave, portée par le Conseil national de la sécurité burundais mardi 20 septembre 2011, par la bouche du ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana: Le Conseil national de sécurité déplore le comportement de certains politiciens et certains médias, qui voudraient profiter de cette situation pour semer la confusion, diviser la population et l’inciter à la confrontation. Le Conseil a alors recommandé d’interdire purement et simplement aux médias burundais de parler du massacre d’au moins 39 personnes ce 18 septembre 2011, à Gatumba, une commune de la périphérie de Bujumbura, tant que les enquêtes sont en cours. La décision est tombée très rapidement et a pris la forme d’une annonce du ministère de l’Information, interdisant tous les organes de presse audio-visuels et écrits de publier, commenter ou analyser, des informations en rapport avec les enquêtes en cours sur le massacre de Gatumba. Le communiqué du ministère de l’Information comporte une autre interdiction: Les émissions en direct à caractère politique sont suspendues durant le mois que vont durer les enquêtes sur le massacre de Gatumba. La mention vise en fait l’émission de débats avec les auditeurs Kabizi, diffusée par la RPA. Le, entre le gouvernement burundais et bras de fer est donc engagé les médias indépendants, qui accusent à leur tour le pouvoir, de profiter de l’occasion pour régler ses comptes.

Pierre Nkurunziza, le président burundais à Gatumba sur le lieu du massacre de plus de 30 personnes
rfi.fr)/n


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