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Burundi: « Nous demandons le départ de Nkurunziza afin d’éviter un autre génocide »

Par Vincent Sosthène Fouda, président national du Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD)

Les informations en provenance du Burundi, les images des cadavres qui jonchent les principales artères de la capitale du pays, les cris non audibles dans les campagnes loin des objectifs des caméras de télévisions et des radios, nous amène à demander le départ du Président actuel du Burundi. Le 12 mai 2015, à la veille des élections qui ont conduit Pierre Nkurunziza à briguer un troisième mandat, nous écrivions:

Nadine Nyangoma écrivit ceci en regardant les crânes fendus d’enfants, de femmes, d’enfants, de coupables et d’innocents : « O notre Burundi, terre rouge d’Afrique, terre rouge de notre sang, de nos plaintes et de notre détresse. Terre aux égorgements suivis de silence, aux morts trop nombreux à compter. Terre qui est en nous et nous qui sommes en cette terre ». Elle voulait alors dire plus jamais ça ! Mais la tradition semble vouloir se perpétuer au Burundi où depuis 1965 les génocides se succèdent sans que les c urs s’humanisent et que la mémoire se construise. Les dates sont pourtant là gravées dans la conscience collective de ceux qui osent encore affronter l’épreuve du miroir, 1965, 1969, 1972, 1993, 1994, des milliers de cadavres qui jonchent les routes, les sentiers, les plantations, les collines, les femmes et les enfants éventrés !

Nous sommes en 2015, au moment où le peuple burundais descend dans la rue pour exiger que le président Pierre Nkurunziza s’entête à briguer un troisième mandat au mépris des accords d’Arusha en Tanzanie. Le mouvement Camerounais pour la Social-Démocratie, soucieux d’une Afrique où le peuple se prend en main et assure son destin voudrait ici appeler le président Pierre Nkurunziza à la responsabilité et au patriotisme.

L’Afrique noire se souviendra encore pendant longtemps des images de ces deux derniers jours, des milliers d’hommes et de femmes, de jeunes et moins jeunes cherchant à faire entendre leur voix. Alors que la situation est confuse à Bujumbura, nous nous devons ici de rappeler aux différents acteurs les milliers d’hommes et de femmes qui ont déjà perdu la vie dans les différents conflits ethniques qui secouent ce pays depuis 1906 alors qu’il s’appelait encore Urundi. C’est ici l’occasion de rappeler à notre souvenir tous ces hommes politiques morts dans ces violences:

Pierre Ngendandumwe (premier ministre 1965), Ntare Ndizeye (prince héritier de la couronne 1972), Melchior Ndadaye, (président démocratiquement élu 21 octobre 1993), Cyprien Ntaryamira (le 6 avril 1994). Peut-être cette fois pouvons-nous dire collectivement que nous ne voulons plus du sang dans cette terre déjà trop rouge ?

En politique nul n’est indispensable, l’histoire ne retient positivement que les artisans de paix. Nous avons la possibilité et la capacité d’éviter que l’Afrique vive un autre génocide au Burundi car tout génocide est avant tout une acceptation par les uns et les autres de la banalisation du meurtre, du mal.


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