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Camair-Co invitée à cesser les «dépenses de prestige »

Pour la tutelle de la compagnie aérienne nationale, le fait d’utiliser l’unique avion de la Camair-Co pour la ligne Douala-Yaoundé est contre-productif

«Entre octobre 2012 et décembre 2012, la Camair-Co avait transporté 77.951 personnes. Entre octobre 2013 et décembre 2013, nous avons transporté 89.857 passagers soit une variation de 11.906 passagers en valeur absolue», se réjouissait encore il y a peu l’ex-directeur général de Camair-Co, Frédéric Mbotto Edimo. Ces chiffres ne seraient que du vent, d’après la dernière sortie du ministre des Transports, Robert Nkili, qui était invité le 29 juin 2014 à l’émission dominicale «Dimanche Midi» sur la radio publique Crtv.

«Sur un trajet comme Douala-Yaoundé, les gens voient le Boeing plein mais ils ne savent pas que les charges occasionnées par ce déplacement sont supérieures aux gains », a expliqué le ministre des Transports pour expliquer la crise financière que traverse Camair-Co et qui a occasionné, le 20 juin 2014, le limogeage de Frédéric Mbotto Edimo. Ce dernier a été remplacé par Jean-Paul Nana Sandjo donnant ainsi à voir un quatrième directeur général en trois ans d’existence pour cette jeune compagnie.

Avec deux MA-60 qui seront livrés au Cameroun «dans quelques semaines» par les Chinois, Camair-Co pourrait s’engager davantage sur le moyen-courrier. «Il faut s’asseoir et prendre courageusement des décisions. Il faut se dire par exemple : On a un avion, un Boeing 767, on va aller à Paris, peut être une fois par semaine et privilégier justement les vols domestiques qui ne coûtent pas chers et qui vont donner des recettes à la compagnie. Privilégier le régional. Se dire par exemple on va aller à Libreville, à Brazzaville, à Cotonou, c’est-à-dire aller vraiment vers la rentabilité», a affirmé Robert Nkili. Le ministre des transports a indiqué qu’il a recommandé à l’équipe dirigeante actuelle de délaisser les «dépenses de prestige» pour «le pragmatisme».

Robert Nkili a assuré que le nouveau directeur général de la compagnie, Jean-Paul Nana Sandjo, le directeur-général adjoint Moussa Habouba (nommé le 13 mai 2014) et le président du conseil d’administration Edouard Akame Mfoumou constituent selon lui une équipe solide pour remettre Camair-Co dans les airs. Le ministre des Transports a balayé d’un revers de la main les tensions qu’on a prêtées à l’ex-dg Frédéric Mbotto Edimo avec le PCA.

«C’était déjà trop loin, c’était des invectives, après l’avion est arraisonné à Paris, on vous coupe l’essence par-ci, on vous coupe le service aérien et tout le reste, un camion qui fait une fausse man uvre et va cogner l’aile de l’avion. Comme on dit, c’était la poisse. Quand on accumule tout ça, qu’est-ce qu’on fait ? On tire des conclusions, on ne peut pas faire des réformes structurelles dans cette ambiance. Après, celui qui décide dit: On ne brule pas la sorcière, on met la sorcière à l’écart», a-t-il expliqué.

Il a été recommandé aux dirigeants de Camair-Co de revoir les contrats ruineux signés pour la location et l’entretien des avions. Des contrats qui plombent toute possibilité d’équilibre budgétaire. «Si je n’arrivais qu’une seule chose à recommander, ce serait cela : « lutter contre l’endettement qui permettra à l’entreprise de réaliser sa restructuration. C’est-à-dire la possibilité pour l’entreprise d’acquérir des avions et de rembourser des crédits » », a confié Robert Nkili qui a par ailleurs défendu l’idée d’un retour à la trasnférabilité des billets de Camair-Co avec les autres compagnies aériennes nationales ainsi que la réadmission de la compagnie à l’Association internationale du transport aérien (IATA). Tout un programme.

En trois ans, Camair-Co a connu quatre directeurs généraux
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