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Cameroon Business Forum: Les secteurs public et privé partagés

La dernière édition qui s’est déroulée à Douala a une fois encore affiché les divergences qui séparent les deux partenaires de l’économie nationale

A l’image de Protais Ayangma et du ministre en charge des PME, le dernier forum des affaires au Cameroun, le Cameroon Business Forum qui réunit sur une plateforme de dialogue les secteurs privé et public, a une fois encore affiché les divergences qui divisent les deux acteurs de l’économie camerounaise. Durant les quatre dernières années, nous avons enregistré des progrès significatifs avec la mise en uvre des réformes entreprises dans le cadre du dialogue mis en place par le gouvernement et la société financière internationale. Le code d’incitation aux investissements en cours d’élaboration et le Cameroon Business Forum aavancent progressivement pour accélérer les réformes dans le secteur des affaires, nous y arriverons, a commenté Laurent Serges Etoundi Ngoa, le ministre en charge des PME. Un avis que ne partage pas complètement Protais Ayangma, le président des Entrepreneurs du Cameroun, ECAM. Pour lui les choses avancent trop lentement.Le mouvement entreprise du Cameroun est très préoccupé par le sort réservé aux PME qui continuent d’être des entreprises particulièrement vulnérables et qui méritent d’être mieux accompagnées et protégées, a-t-il fait savoir à l’issue de la rencontre. Selon lui, les défis sont encore nombreux. On y retrouve la problématique des délais de paiement. L’autre défi est celui de la protection des PME nationales dans le cadre de l’action des commandes publiques. ECAM souhaite une plus grande protection des PME camerounaises. Les autres requêtes du secteur privé ont tourné autour de la construction des infrastructures, la réduction des coûts de production et la rationalisation de la régulation.

Au-delà des avis des uns et des autres, il y a une sanction, celle du rapport Doing Business de la Banque Mondiale. Entre 2011 et 2012, le Cameroun a perdu 5 points sur le classement de ce rapport qui note l’amélioration des affaires dans les pays sélectionnés. Pour la dernière rencontre avec le secteur privé, le gouvernement a prescrit une meilleure gouvernance. Mais dans le même temps, ces entreprises ont de moins en moins accès aux crédits et aux infrastructures de base. L’Etat est toujours mauvais payeur et créancier redoutable. Nous vivons des pressions terribles. D’un côté, il y a les finances qui passent parfois 3 ou 4 mois sans payer, et de l’autre, les factures et surtout les agents des impôts, qui vous font un harcèlement terrible affectant le moindre retard de pénalités. Comment est-ce qu’on peut gouverner dans ces conditions ?, s’interroge Monsieur Kamgaing, propriétaire d’une PME de vente de papier à Yaoundé. Le gouvernement semble se satisfaire de dire qu’il a appliqué les résolutions du Cameroon Business Forum. Mais dans les faits, ces résolutions ne se traduisent pas encore par une évolution perceptible de l’environnement des affaires. Dans un pays où les opportunités sont énormes, les ambitions de création d’emploi ont été fixées à 200 000 en 2013, dont seulement 40 000 qui seront issus du secteur privé existant. Une preuve que la création de richesses reste très faible pour soutenir au Cameroun une croissance solide.

Protais Ayangma, président du mouvement patronal Entreprises du Cameroun

lesafriques.com)/n

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