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Cameroun: 102 élèves gendarmes révoqués pour fraude

Dans une décision rendue publique mercredi 06 mai dernier, le ministre Bokam fait le ménage dans son administration

L’information a été rendue publique sur les ondes de la Cameroon radio and television (Crtv) dans l’édition du journal audio diffusé de 17 heures. Il est en substance reproché à 102 élèves gendarmes d’avoir usé de man uvre frauduleuse pour leur incorporation dans ce corps. Notamment l’usage des faux diplômes ainsi que des faux actes de naissances. D’après un article du journal Le Messager, une source en service au Sed a révélé qu’il s’agit d’élèves-gendarmes dont les diplômes n’ont pu être authentifiés. Des copies de leurs diplômes leur ont été demandées pour être envoyées aux ministères des Enseignements secondaires, de l’Education de base et même au Tchad pour certains. Les réponses de ces institutions sont revenues mentionnant que certains diplômes étaient des faux.

Les responsables de la gendarmerie sont montés aux créneaux pour expliquer la situation avec un discours très moralisateur. D’après l’agence de presse chinoise Xinhua le général Mambou Deffo Roland, directeur central de la coordination au secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie du Cameroun, a affirmé qu’il s’agit d’assainir le corps de la gendarmerie et que cela ne remettra nullement en cause la politique du gouvernement en matière de lutte contre le chômage. Le chômage et la montée du crime ne sauraient justifier l’incorporation des bandits au sein de la gendarmerie nationale. A mon avis, la gendarmerie nationale n’est ni un refuge des bandits, ni une administration pénitentiaire ou un pénitencier où on assure la rééducation et la réinsertion sociale des marginaux, des malfaiteurs, a-t-il souligné. Pour lui, la publication de cette liste des élèves gendarmes révoqués est la première étape d’un processus qui va se poursuivre afin que le corps de la gendarmerie demeure un corps d’élite au sein des forces armées camerounaises. Cet acte est justifié par le fait que la gendarmerie nationale au sein des forces armées camerounaises est à la fois une institution militaire au sens statutaire du terme et une force civile travaillant avec toutes les administrations. C’est donc de ce fait qu’elle est investie d’un prestige et d’une charge de confiance et de responsabilité qui requiert des attitudes et des qualités physique et morale particulières. Le but est donc de faire en sorte que la gendarmerie reste et demeure ce corps d’élite qu’elle est au sein des forces armées du Cameroun.

En réalité, ce discours plein de bon sens et de bonne volonté ne laisse pas moins certains observateurs de la réalité sociale au Cameroun sur leurs scepticismes. La procédure qui consiste à intégrer la fonction publique et les autres administrations publiques est complexe et parfois très longue. Et la question se pose de savoir comment ces dossiers ont pu traverser toutes les étapes du contrôle.

La police camerounaise

Journal du Cameroun)/n

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