Société › Faits divers

Cameroun : 12 crocodiles nains saisis à Mbalmayo

Le trafic d’animaux protégés est en recrudescence au Cameroun
Crocodiles nains, espèce intégralement protégée au Cameroun

Les éléments de la délégation départementale des forêts et de la faune du Nyong-et-So’o, région du Centre, ont saisi 12 crocodiles nains dont trois morts le 12 février 2022 entre les mains des braconniers.

Les reptiles de la classe de protection A de l’arrêté N°0648/MINFOF du 18 décembre 2006 fixant la liste des animaux des classes de protection A, B et C, se trouvaient dans un car de transport en commun en provenance du Djà et Lobo, région du Sud Cameroun, a informé le ministère des Forêts et de la Faune.

L’opération a été menée de concert par le personnel du Minfof, des forces de maintien de l’ordre et population. Selon le ministère, une fois le véhicule suspect a été immobilisé, les occupants ont pris la fuite, abandonnant les 12 crocodiles nains, du nom scientifique « Ostealcamus tetracus », entre les mains des éléments des eaux et forêts. Ces derniers ont mené l’opération sous la coordination du délégué départemental du Nyong-et-So’o, Jean Nyemeck.

La même source informe que les reptiles ont été conduits au jardin zoobotanique de Mvog-Betsi à Yaoundé. Des sources médiatique, trois de ces animaux protégés sont morts en raison des conditions de voyage.

Pour connaissance, l’arrêté N°0648/MINFOF du 18 décembre 2006 fixant la liste des animaux des classes de protection A, B et C, accorde une protection intégrale aux crocodiles nains. Ce texte réglementaire classe ces espèces dans la même catégorie que le lion, la panthère, le vautour ou le caméléon à quatre cornes du sud, ainsi que d’autres espèces rares ou en voie de disparition.

Ces espèces « ne doivent en aucun cas être battues ou capturées » sans autorisation spéciale délivrée par l’administration chargée de la faune à des fins d’aménagement ou dans le cadre de la recherche scientifique, de la protection des personnes ou de leurs biens, précise l’arrêté.

Cependant, les services en charge de la protection de la faune alerte depuis quelque temps de la recrudescence des trafics d’animaux au Cameroun, notamment dans les régions du Centre et du Sud, de l’Est. Les espèces capturées vivantes à cet effet sont acheminées dans les domiciles privés à Yaoundé. Les tortues, serpents, chimpanzés, crocodiles, sont en tête des espèces dont la saisie est plus récurrente.

Par ailleurs, en dehors du trafic d’animaux vivant, certains braconniers n’hésitent pas à abattre certaines bêtes pour exploiter leurs ressources. En décembre 2021, huit éléphants au moins ont été abattus au parc national de Lobéké, région de l’Est.

En 2015, jusqu’à 140 espèces animales ont été saisies par les éléments du Bataillon d’intervention rapide au cours d’un contrôle de routine à l’Est. Les espèces tuées étaient des lions, des éléphants, des rhinocéros, des lamantins et bien d’autres animaux et oiseaux protégés. En 2012, 300 éléphants ont été abattus au parc national de Bouba Ndjida au Nord, selon le Fonds mondial pour  la nature.

Au Cameroun, la loi sur les espèces protégées prévoit une peine d’emprisonnement de 3 ans et une amende pouvant atteindre 10 millions de francs FCFA (15 000 euros), pour toute personne coupable de meurtre ou de trafic d’espèces protégées.   


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