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Cameroun: 20 ans d’Internet et toujours la fracture

Faiblesse de débit, coûts élevés d’utilisation et ruptures intempestives de connexion…

Comme partout dans le monde, le Cameroun aura célébré cette année les 20 années d’internet. Beaucoup avaient présenté ce nouveau médium comme une opportunité d’épanouissement des peuples. On ne peut renier une forte intégration d’internet aujourd’hui au Cameroun, parce qu’il est impossible de résister à une telle vague de fond. S’il est vrai que sur plusieurs cas isolés l’internet a été à l’origine d’histoire à succès, son implantation tarde encore à en faire un levier de développement économique. Le bien-être qu’il a produit, en termes de liberté d’expression et d’accès à l’information, ne suffit pas à bénéficier de la multitude d’opportunités qu’offre Internet. Les enjeux liés à la connectivité et au coût de celle-ci restent des problématiques, qui tardent à être résolues. Selon plusieurs experts, les autorités locales n’ont pas encore réussi à faire d’Internet un paramètre de leur stratégie globale de développement et par conséquent, à trouver des solutions pour en tirer profit.

Le fait est que 20 ans après, dirigeants et opérateurs sont toujours émerveillés devant cet outil et on en oublient les fondamentaux, notamment sa fonction économique. Les camerounais sont restés « passifs » dans leur usage du Net. On a souvent coutume de dire que si internet a changé notre perception du monde, la façon dont le monde nous voit, elle n’a rien entamé de la façon dont nous le voyons. C’est la le pas que certains autres pays d’Afrique ont réussi à faire. S’exprimer sur la toile passe par la production de contenus. On recense très peu de noms de domaine pleinement actifs qui soient purement du Cameroun. Pourtant beaucoup d’internautes locaux et de la diaspora ont besoin d’informations qui leur sont utiles dans leur quotidien sur le plan économique, social et culturel. Cette réalité est parfaitement illustrée par Mike Jensen, un consultant et pionnier dans l’observation du développement d’Internet en Afrique.

Soixante dix pour cent des Africains vivent en milieu rural. Ils n’ont pas besoin d’aller sur CNN ou Facebook, ils ont besoin d’avoir des informations qui leur permettront de mener à bien leur récolte, de connaître les prix auxquels ils pourront la vendre.
Mike Jensen

Le besoin est donc réel pourtant il y a un autre obstacle, c’est le manque d’infrastructures ou l’absence de fiabilité qui ont installé le Cameroun dans un sous-développement numérique. Il n’est pas rare que les connections déjà pas très importantes sont interrompues dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé à cause d’un délestage impromptu en plein envoi d’un document attendu de toute urgence par un correspondant situé à l’autre bout de la planète. La conséquence de toutes ces défaillances est que Les gens ne font pas confiance au réseau disponible, il ne peut donc y avoir d’e-gouvernement, d’e-commerce puisque les transactions bancaires ne peuvent être sécurisées.

Or Le développement des infrastructures n’est possible que si l’Etat définit clairement la place des nouvelles technologies, d’Internet dans sa stratégie de développement. Ce qui permettrait d’instaurer un cadre institutionnel et légal favorable au développement des infrastructures. Il est aujourd’hui difficile au Cameroun pour un opérateur privé d’investir pour connecter le pays à la fibre optique. La raison en est toute simple, le monopole dont bénéficie l’entreprise CAMTEL qui visiblement manque de potentiel tant humain qu’économique pour relever le défi. La solution aurait été de casser ce monopole et d’ouvrir le marché. Le succès de cette option dans le secteur de la téléphonie mobile est très illustratif. L’Etat doit être moins présent dans le secteur. Ces situations ont une incidence sur les coûts d’accès au Net.
Ainsi les experts s’accordent à dire que l’Etat doit sortir de sa bulle et mettre en place une véritable politique du développement du net au Cameroun. Cela demande que s’arrêtent les discours inutile et surtout qu’on favorise l’éducation et donc l’intéressement des masse aux nouvelles technologies de communication.


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