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Cameroun: A bâtons rompus avec Jackson Njike, directeur Cameroun de Canal Plus

Il évoque le partenariat avec écrans noirs et la situation de conflits avec les câblo-distributeurs

Quelle a été la contribution de Canal Plus dans le cadre de cette édition des écrans noirs?
Nous finançons un prix, nous sommes partenaires à divers niveaux, mais le plus important est que nous rentrions véritablement dans la programmation, dans le cinéma, pace que notre démarche est encore perçue ici comme une démarche commerciale. On vient pour vendre Canal SAT, ce n’est pas le cas, c’est pourquoi j’insiste sur le fait que c’est Canal Plus qui est partenaire de ce festival, Canal SAT c’est le produit que nous vendons, Canal Plus c’est la chaîne qui soutient le film et c’est lui qui est partenaire des Ecrans Noirs. Donc c’est de très bon augure par rapport à ce que nous voulons faire dans les années à venir.

Quel est l’apport de Canal horizons dans la promotion du cinéma africain?
Le groupe canal horizons offre 40% de diffusion pour la production africaine, contrairement aux préjugés que les gens ont de son implication dans la promotion du film africain(.) Ce soutien sera évolutif avec le temps. A l’exemple des écrans noirs, l’an dernier Canal Plus était un observateur du festival, mais cette année le groupe est un partenaire à part entière qui apportera son soutien sous diverses formes. Le problème c’est qu’il se pose parfois un problème de qualité. Mais nous sommes en discussion pour voir dans quelle mesure des formations peuvent être lancées pour soutenir les réalisateurs africains. Une formation des réalisateurs est d’ailleurs prévue durant cette 14e édition des Ecrans Noirs ; à la fin des cours, les professionnels feront un film qui sera diffusé sur Canal Plus.

On a parfois l’impression qu’il y a un problème de programmation des films camerounais
Il n’y a pas un problème de programmation des productions camerounaises, mais davantage une question de rigueur au niveau de la qualité des films proposés. J’invite les réalisateurs locaux et africains à plus de travail, plus de sérieux, plus de rigueur, afin que leurs produits soient consommables. Prenons l’exemple du film « Paris à tout prix » de la Camerounaise Joséphine Ndagnou, il a été diffusé récemment sur Canal Plus. D’autres pourront suivre.

Où en est-on avec le conflit qui oppose Canal Plus avec les câblo-distributeurs notamment ceux de Yaoundé?
Je pense que les câblo-opérateurs ont compris que Canal Plus Horizons était prêt à aller au bout du travail qui est à faire, qui est de créer un partenariat fructueux avec eux. Nous avons tout récemment diffusé une liste de chaînes que nous vendons et nous attendons qu’ils viennent nous voir pour discuter. Et tout cela se passe sous l’encadrement du ministre de la Communication. Je pense qu’il y a une évolution, mais cela ne veut pas dire que nous n’allons pas continuer à nous montrer très fermes. Tous ceux qui vont diffuser les chaînes Canal Plus, je prends à témoin tous les Camerounais, et dès que nous aurons une ordonnance de justice nous permettant de les saisir, nous allons saisir leur matériel, que ce soit avant, pendant ou après la coupe du monde. Sur les chaînes Canal Plus, nous n’allons pas négocier. Rien n’est négociable. Tous savent aujourd’hui ce que nous avons déjà dépensé, ce que nous allons encore dépenser pour avoir les contenus pendant la coupe du monde. Il est hors de question que ces investissements ne soient pas rentabilisés au Cameroun, là-dessus nous serons intraitables.

Est-ce que les prix élevés pratiqués par Canal Plus ne sont pas de nature à encourager le piratage?
Nous ne favorisons pas le piratage par nos prix, ce qu’il faut savoir c’est qu’aujourd’hui le signal de la CRTV est devenu meilleur parce nous, Canal SAT, nous transportons la CRTV et nous le mettons à la disposition des ménages camerounais. Donc ils ont un meilleur signal de la CRTV qu’ils peuvent distribuer aux Camerounais, c’est une chaîne qui est libre, qui est gratuite, on ne comprend pas pourquoi ils s’entêtent à distribuer Canal Plus.

Jackson Njike, directeur Canal Plus Cameroun
Journalducameroun.com)/n

Peut-être faudrait-il déjà baisser les prix de la distribution?
Si les gens aiment Canal Plus, il faut qu’ils paient le prix Canal Plus, aujourd’hui le niveau de distribution de Canal Plus au Cameroun est très faible, je vous rappelle quand même qu’on a 100.000 abonnés en Côte d’Ivoire, on en a que 25.000 maximum au Cameroun, d’ailleurs ça varie entre 20 et 25.000 abonnés. Avec ça qu’est-ce que vous voulez? On est dans une activité qui n’est pas rentable au Cameroun, si on avait atteint un seuil à peu près acceptable, on baisserait les prix. Aujourd’hui si vous baissez les prix, le câble qui distribue nos images à 5000 francs CFA, il va les donner à 1000 francs, vous ne restez pas compétitif. Il faut donc que les câblo-opérateurs sachent qu’ils doivent arrêter de diffuser les chaînes Canal Plus, après quand on prendra du volume, on baissera les prix, c’est toute une mécanique, mais on ne peut pas le faire à l’état actuel des choses. Aujourd’hui à 3000 francs, on peut avoir la télévision, c’est comme rouler en motos, maintenant si on veut rouler en Mercedes, il faut mettre les sous. C’est pas nous qui voulons, par exemple les droits de télévision du championnat anglais nous coûtent plus chers en Afrique qu’en France mais nous ne pouvons pas ne pas acheter ces droits. Donc il faut que nous puissions les rentabiliser, c’est un marché.

Que comptez-vous faire maintenant avec les câblodistributeurs avec qui il faut le dire cela semble difficile?
Nous allons chasser les pirates partout où ils seront. Il faut que les Camerounais comprennent que nous ne voulons pas empêcher les uns et les autres de regarder la coupe du monde. Ils peuvent regarder la coupe du monde sur la CRTV, sur Canal 2, sur STV, sur Equinoxe s’ils ont les droits, mais ils ne peuvent pas regarder la coupe du monde à 2.000 francs chez le câbleur au quartier. Là-dessus même avec ces câblo-opérateurs nous sommes d’accord, mais il y en a toujours quelques-uns qui se montrent plus têtus. Les saisies que nous avons opérées la dernière fois, c’est uniquement parce qu’il y avait certains qui diffusaient des chaînes Canal Plus, alors que depuis la tripartite qu’on a tenue ici à Yaoundé, on était au moins d’accord là-dessus. Donc après plusieurs ordonnances de saisies, on a dû passer à l’acte malgré nous. Donc avant de saisir, nous avons informé les autorités de ce pays, en leur disant que nous ne pouvions plus supporter et on continuera de le faire pendant toute la coupe du monde.

Jackson Njike pendant la conférence de presse
Journalducameroun.com)/n
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