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Cameroun : à cause de l’héritage, elle accuse son fils adoptif de pratique de sorcellerie

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Suite au décès du chef de famille en 2015, l’enfant adoptif du couple veut partager son héritage avec la veuve. Cette dernière, qui n’a pas pu contenir ses émotions au cours de l’audience, soutient que son fils consulte des marabouts pour l’anéantir.

Véronique, la soixantaine sonnée, a vu le monde envahi par Apollinaire à qui elle a offert son hospitalité en 1996 en le faisant partir du village pour venir vivre chez elle. En effet, la dame a saisi le tribunal de premier degré de Yaoundé d’une plainte dressée contre son ancien hôte qui se réclame fils légitime de son défunt époux. Apollinaire estime avoir droit à l’héritage légué par son défunt mari de sa tutrice au même titre qu’elle. L’affaire a été appelée le 7 juillet 2021. Le compte rendu d’audience est relaté par Kalara.

De corps et voix tremblants, Véronique avait de la peine à expliquer clairement la situation qu’elle vit actuellement. Elle affirme être sortie de l’hôpital, où elle y a passé deux semaines suite à un choc émotionnel dont elle a été victime suite à ce litige qui l’oppose à son « fils ». Dès l’entame de son témoignage, la dame a été prise d’émotion et a sollicité un report d’audience. « Je ne suis pas à mesure de venir à bout de mon témoignage car je crains de m’évanouir »a-t-elle déclaré. Le juge a accédé à sa demande et a renvoyé l’affaire au 6 août 2021.

Cauchemar

Approchée à la sortie de la salle d’audience pour comprendre cette affaire, Véronique a expliqué au reporter que Kalara, qu’elle est envoutée par Apollinaire. Selon elle, l’homme qu’elle a hébergé pendant 25 années, est son pire cauchemar parce qu’elle est la proie et la principale cible du mis en cause qui réclame sa quote-part dans l’héritage que lui a laissé son défunt époux. Elle raconte que son fils est constamment au village et fréquente des marabouts, d’où son impression d’être envoûtée par le jeune homme. Elle affirme que ce dernier aurait enterré une chèvre au village symbole de pratique occulte. Véronique déclare ensuite qu’elle fait des rêves dans lesquels elle est pourchassée par un homme dont elle ne voit pas le visage.

Véronique raconte que c’est en 1996 qu’elle a adopté Apollinaire quittant le village pour s’installer à Yaoundé dans la maison qu’elle occupait avec son défunt époux. Le jeune garçon est le fils d’une cousine à elle et n’avait alors que 10 ans à cette époque-là. Il faisait le bonheur du couple qui s’était marié depuis plusieurs années mais n’avait pas eu d’enfant. Elle affirme avoir pris en charge la scolarisation d’Apollinaire jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Selon la dame, c’est une pratique habituelle de sa culture qui implique au couple n’ayant pas eu d’enfant d’adopter un ou de recueillir un ou plusieurs enfants pour que celui-ci ou ceux-ci stimulent et boostent leur chance d’en avoir. Malgré cela, elle n’est pas parvenue à avoir un enfant issu des entrailles.  Néanmoins, elle dit avoir continué à aimer et s’occuper d’Apollinaire comme si c’était son propre fils.

Héritage   

La plaignante relate avoir offert une atmosphère paisible en le mettant à l’abri de tous leurs problèmes de couple à chaque dispute. Elle souligne que malgré les intempéries que traversait le foyer, le couple est resté solide n’eut été la mort de son époux survenue en 2015 suite à une longue maladie qui, après l’avoir secouée pendant plusieurs années, a eu raison de lui. Elle révèle qu’après le décès de son époux, Apollinaire a changé de comportement. Ce dernier a commencé à rentrer saoul à la maison et à des heures tardives. En 2018, il a définitivement quitté le domicile pour s’installer ailleurs. Elle ne le reverra qu’en 2019, lorsque cette affaire déclenche.

Véronique déclare que son époux a laissé derrière lui une fortune composée de plusieurs lopins de terrains, de maisons en location et une somme considérable dans son compte bancaire. C’est un patrimoine qui est à l’origine des disputes aujourd’hui entre elle et son fils. Selon elle, Apollinaire a commencé à réclamer un droit à l’héritage et face à son refus, il aurait usé de manœuvre pour sceller le compte bancaire de son défunt époux. Elle explique par ailleurs que le mis en cause ne détient aucun document qui le rattache à sa famille et qui justifierait qu’elle partage les biens avec lui.

Son acte de naissance est dressé au nom de ses parents biologiques et dit s’être opposé au partage de biens sollicité par Apollinaire. La veuve ajoute que c’est ainsi que son quotidien s’est transformé en cauchemar. La plaignante n’a pas manqué d’exprimer sa déception face à cet état de chose car surprise de voir que c’est principalement cet enfant à qui elle a ouvert les portes de sa maison qui est l’auteur  de ses déboires. D’ où le choc émotionnel qui l’a envoyé directement sur un lit d’hôpital pendant deux semaines…




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