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Cameroun : à cause de l’héritage, une femme accuse son mari et un beau fils de vouloir la tuer

Femme en larme

Une femme a traduit le fils aîné de son mari en justice pour des faits qualifiés de blessures légères. Elle accuse ce dernier d’avoir commandité son assassinat avec la complicité de son père. Le mis en cause plaide non coupable.

Le compte rendu d’audience est fait par Kalara. « Tu veux me tuer pourquoi ? J’ai travaillé toute ma vie pour avoir l’héritage que nous avons accumulée aujourd’hui, mais toi tu veux me tuer pour jouir de ça avec tes enfants ». Cette déclaration a été faite par Mme Ambadiang, lorsque le Tribunal lui a demandé de poser des questions à M. Biongolo, son époux et témoin de son fils, prévenu dans cette affaire.

Cette femme qui avoisine la soixantaine, est déterminée à faire condamner M. Koum, son beau-fils, par le Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé, centre administratif. Elle a saisi cette juridiction pour les faits qualifiés de blessures légères reprochés à l’accusé, qui comparaît libre. Ce dernier clame son innocence. Les débats ont été ouverts dans cette procédure le 7 novembre 2021 en présence de toutes les parties opposées au progrès.

Première à prendre la parole, Mme Ambadiang a déclaré au tribunal que depuis quelques mois, elle avait constaté que son époux et son fils issus de premier lit complotent pour la tuer. C’est ainsi qu’en août 2021, au cours d’une altercation, M. Koum, qui était en possession d’une machette, a voulu la frapper à la tête. La dame dit avoir bloqué le coup avec sa main gauche, et trois de ses doigts ont été blessés provoquant une incapacité de travail de trois jours.

Pour soutenir son accusation, Mme Ambadiang a produit dans le dossier de la procédure son certificat médical et des photographies. Elle a également fait comparaître un témoin, qui s’est présenté comme étant l’oncle de son époux. Ce dernier a confirmé les déclarations de la plaignante.

Jalousie

Pour sa défense, M. Koum a déclaré au tribunal que le jour des faits, il se rendait dans un chantier en construction, lorsqu’à sa grande surprise, sa belle-mère a bondi sur lui et a saisi la machette qu’il tenait en main. « Elle a arrêté la lame de la machette, et ne voulant tirer, elle s’est blessée », a-t-il déclaré.

Cette déclaration a été corroborée par une voisine, qui dit avoir vécu la scène. «  Lorsqu’elle s’est blessée, elle a directement accusé son beau-fils de l’avoir fait, pourtant c’est faux. Son époux est arrivé plus tard et l’a conduite à l’hôpital », a-t-elle confié. Biongolo a également pris la défense de son fils au cours de ce procès. Il a déclaré au tribunal que sa vie conjugale n’est pas au beau fixe et que son épouse voit le mal partout. Appelée à poser des questions à son épouse, la plaignante a laissé entendre qu’elle a plusieurs fois été victime de menaces de mort de la part du témoin qui est en réalité un officier de police judiciaire.

Ce dernier menaçait de la tuer avec son fusil. Pour elle ce n’était pas le fruit du hasard que M. Koum ait tenté de la tuer  à l’aide d’une machette. « Si je voulais la tuer, je devais le faire lorsqu’elle partait souvent coucher chez mon oncle. Quand cette femme boit le vin, elle devient incontrôlable. Elle insulte et bagarre avec tout le monde. Je n’ai jamais comploté avec mon beau-fils pour la tuer, sinon je ne l’aurais pas emmené à l’hôpital après l’incident », a soutenu M. Biongolo.

Lors des réquisitions finales, le représentant du ministère public a demandé au tribunal de déclarer l’accusé coupable de l’infraction qui lui est reprochée. Il a jugé  que les faits sont caractérisés et que le mis en cause a expressément blessé sa belle-mère. L’avocate de M ; Koum a quant à elle plaidé pour la relaxe de son client. Elle évoque la jalousie comme étant le moyen utilisé par la plaignante pour se rendre en justice.

« Mme Ambadiang est une personne qui voit les complots partout. Elle est venue en mariage avec rien, et n’a pas eu d‘enfant avec son époux. Sachant qu’elle va bientôt mourir, elle a commencé à avoir peur des enfants du premier lit de son mari. Raison pour laquelle elle veut envoyer cet homme en prison. Elle utilise votre bras pour arriver à ses fins », a relaté l’avocate. Le verdict est attendu le 22 novembre prochain.


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