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Cameroun: A la découverte de l’Union des Burkinabés résidents de Douala

Comment les ressortissants du pays des «hommes intègres» vivent et intègrent dans la société camerounaise

«Union des Burkinabés résidents de Douala». Le nom est celui de l’association regroupant en son sein les ressortissants du «Pays des Hommes intègres» établis dans la région du littoral, au Cameroun. Cette dénomination traduit à suffisance l’union sacrée tant recherchée depuis une trentaine d’années par des frères et s urs du Burkina Faso. En 1988, l’association voit le jour à Douala. Tout semble alors aller comme sur des roulettes. Quelques années plus tard, l’Union des Burkinabès résidents de Douala traverse des moments difficiles. A ce jour, au moins quatre crises ont secoué cette Union. Elles tirent leur source des détournements de fonds par des trésoriers véreux. Ceux-ci, à chaque fois, ont réussi à prendre la poudre d’escampette. La somme la plus importante, distraite des caisses de l’association, s’élève à environ un million de Fcfa non dévalués. Mais, loin de céder au découragement, les doyens ont, quatre fois de suite (tout en changeant de dénomination), redonné vie à cette union sacrée, en permettant à l’association de renaître de ses cendres.

L’an 2010 semble être, de l’avis même de monsieur Maïga Abdoulaye, secrétaire général de l’Union des Burkinabés résidents à Douala, «l’an de grâce, l’année de tous les espoirs». Avec l’élection du nouveau bureau intervenu au mois de janvier dernier, l’intégration des jeunes au sein de l’équipe dirigeante, et l’adoption de résolutions spécifiques, nous avons des raisons de scruter l’avenir avec optimisme, en espérant que cette fois-ci sera définitivement la bonne, pense Sambare Adama le responsable de la communication.

La dynamique au sein de cette association est insufflée par un relais d’information et une communication plus accrue. Il s’agit de sensibiliser la soixantaine d’adhérents au respect scrupuleux des dispositions de nouveaux statuts. Lesquels prévoient, entre autres, les rencontres bimensuelles du bureau, la réunion trimestrielle de l’assemblée générale, l’acquittement obligatoire des frais d’adhésion (15.000 Fcfa par membre), des cotisations mensuelles (2000 Fcfa par membre), la présence effective des signataires du compte bancaire pour des rentrées et des sorties d’argent, et surtout la nécessité pour chaque adhérent ou sympathisant de se conformer à la réglementation et la législation en vigueur au Cameroun.

En fait, chez les «Hommes intègres», comme ils aiment à s’appeler, on ne s’accommode pas de l’expression «sans papiers». Car, au-delà du rassemblement, du resserrement des liens fraternels, l’objectif avoué de l’Union des Burkinabés résidents à Douala est d’aider les nouveaux venus à s’intégrer au Cameroun, par l’obtention des cartes de séjour, et éventuellement un soutien financier permettant aux nécessiteux de démarrer «une petite activité» génératrice de revenus. Mais, la tâche n’est pas toujours facile pour le candidat à l’immigration clandestine. Et pour cause, partir du Burkina Faso pour le Cameroun suppose en moyenne 180.000 Fcfa au titre des frais de route. L’aventurier malchanceux peut dépenser près de 500 000 Fcfa, répartis entre transporteurs cupides, policiers véreux et gardes frontaliers sans scrupules. Parmi les cas les plus difficiles à gérer, on cite les cas de vols, d’agressions, ou d’expulsion de nouveaux «eldorados» d’Afrique centrale. Les pauvres expulsés atterrissent souvent à contre c ur au Cameroun, sans un sous et sans pièces d’identité. D’où le cri d’alarme de Souleymane Lesgo, alias «Mamoud», trésorier de l’association des Burkinabés de Douala, à l’adresse des autorités camerounaises:Nous savons que certains de nos compatriotes incarcérés à la prison de New Bell sont sans papiers, mais tout ce que nous demandons est une faveur: la libération des nôtres afin que notre association s’occupe de leur rapatriement.


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