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Cameroun: Alain Wabo entame son dernier voyage

La levée de corps de l’entraîneur de football a eu lieu jeudi à Douala

L’émotion était très vive ce jeudi matin, 04 novembre 2010 à la morgue de l’hôpital de la garnison militaire de Bonanjo à Douala. Et pour cause, autorités sportives, familles, collègues entraîneurs, journalistes et amis, sont venus massivement assister à la levée de corps du technicien émérite de football, Alain Robinson Wabo, décédé le 25 octobre à Douala, de suite de courte maladie. La brève cérémonie a été marquée notamment, par la présence du ministre des sports et de l’éducation physique, venu de la capitale Yaoundé, pour exprimer la reconnaissance étatique vis-à-vis des ouvres accomplies par l’entraîneur. Ma présence ici ce matin, témoigne de la reconnaissance que le gouvernement accorde à l’ uvre d’Alain Wabo, a déclaré Michel Zoah, lors d’un bref discours devant l’assistance, après l’enveloppe remise à l’épouse du défunt, Guylaine Wabo.

De son vivant, Alain Wabo aura été combattu par une bonne franche du corps des entraîneurs au Cameroun, qui estimait que celui-ci n’avait pas été formé par le traditionnel institut national de la jeunesse et des sports, Injs. Le technicien n’avait jamais plié l’échine face à cette hostilité, qui avait atteint son paroxysme lors de la nomination d’Alain Wabo à la tête de l’équipe nationale junior, par l’ancien ministre des sports, Augustin Edjoa. A la levée de corps jeudi, son successeur Michel Zoah, a reconnu justement que le technicien jouissait d’un « statut spécial », lui qui n’étant pas fonctionnaire, avait tout de même été nommé à la tête d’une équipe nationale de football. Michel Zoah a également fait profil bas en reconnaissant que le cadre juridique en rapport à la profession d’entraîneur au Cameroun, n’avait pas permis au coach Wabo, d’exercer pleinement sa profession de son vivant. Dieu merci, entre temps, l’administration est entrain de prendre des mesures pour que plus jamais, ce genre de situation ne se reproduise!, affirme le ministre qui dans la foulée, annonce que désormais, un entraîneur, fonctionnaire ou pas, aura un contrat de travail en bonne et due forme.

Alain Wabo

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Ironie du sort, Alain Wabo qui dénonçait cette absence de contrat et avait révélé qu’il n’avait jamais été payé du temps où il était entraîneur des juniors, ne sera plus là pour tirer avantage de son combat, puisque c’est au chevet de sa dépouille que les autorités se rendent enfin compte qu’il est temps d’octroyer les meilleures conditions de travail aux entraîneurs locaux, comme aux expatriés. Après la levée de corps à Douala, le cortège funèbre a mis le cap sur Buéa dans la région du sud-ouest, où était prévue une grande veillée à son domicile, avant le départ pour l’ouest ce vendredi, où Alain Wabo sera inhumé samedi matin à Bandjoun, son village natal. Ainsi, s’achèvera le parcours d’un homme, qui a 38 ans seulement, aura révolutionné le domaine de l’entraînement au Cameroun, avec des formules bien à lui, comme « l’attaque fourmi », « le barycentre », « l’attaque en V, la défense en W », etc. Alain Wabo laisse une femme et une fille.

Levée de corps le 4 novembre à Douala

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