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Cameroun: Amnesty tente d’aborder un sujet sensible, la police l’en empêche

L’Ong de défense des droits de l’Homme devait donner une conférence de presse relative au sort de trois jeunes condamnés à 10 ans de prison pour une blague sur Boko Haram. Le gouvernement avait nié cette condamnation.

Les autorités camerounaises sont-elles embêtées par le sujet que voulait aborder Amnesty international au point d’interdire la tenue de sa conférence de presse mardi, 24 mai? Alioune Tine, représentant de cette ONG pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre le laisse entendre dans sa réaction sur radio Equinoxe jeudi : «C’est la première fois pour nous de vivre une telle expérience ici à Yaoundé. Nous sommes venus ici à plusieurs reprises faire des conférences de presse sans problème. Donc on est surpris parce qu’il s’agissait tout simplement de remettre 312 000 pétitions qu’Amnesty international a collecté dans le monde, demandant au président de libérer les jeunes étudiants notamment Ivo et ses deux amis. On ne voit absolument rien qui puisse constituer un événement pour troubler l’ordre public ici au Cameroun.»

Ladite conférence devait se tenir dans un hôtel de Yaoundé. Elle portait sur la situation de trois jeunes ayant écopé de dix ans de prison pour une blague sur Boko Haram. Il s’agit des nommés Fomusoh Ivo Feh, Azah  Levis et Afuh Nivelle Nfor. Ils avaient été reconnus coupables de «non dénonciation» pour avoir partagé, par SMS, un message qui disait «Boko Haram recrute des jeunes de 14 ans et plus. Conditions de recrutement : avoir validé quatre matières et la religion au Baccalauréat.»

Au Tribunal militaire le 02 novembre 2016, le juge Edou a fait savoir que ces élèves ont bénéficié de «circonstances atténuantes», ce qui a permis de leur attribuer la peine minimale prévue par la loi antiterroriste en vigueur au Cameroun, depuis décembre 2014.

L’information largement relayée par Journal du Cameroun de même que les nombreuses publications d’Amnesty international qui parle «d’un non-sens», ont contraint le gouvernement camerounais à réagir. S’exprimant par la voie de son ministre de la Communication le 02 décembre dernier, le régime de Yaoundé avait affirmé que les trois jeunes «ne sont plus en détention».

«Les allégations relatives à des peines de dix ans de prison infligées à des jeunes pour avoir échangé des messages texte se référant à Boko Haram, sont infondées. En effet, l’instruction publique de cette affaire, en conformité avec la loi sur la répression du terrorisme, avait conduit à la relaxe de deux des trois mis en cause. Le dernier concerné, condamné à onze mois d’emprisonnement le 22 février 2016 pour propagation de fausses nouvelles, a été depuis lors remis en liberté», avait déclaré le ministre.

Du fond de leur cellule à la prison de Kondengui, les trois jeunes attendent que s’ouvre, le 15 juin prochain, leur procès en appel devant la Cour d’appel du centre.

 

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