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Cameroun: Après le carburant, l’Etat pourrait subventionner l’électricité.

AES-Sonel a indiqué la situation des coûts de l’électricité à ses consommateurs

Les prix restent augmentés, l’Etat prend à charge le surplus
AES-Sonel, l’opérateur en charge de la distribution d’énergie électrique au Cameroun a adressé à sa clientèle une correspondance pour expliquer le retard dans la remise des factures et sa position par rapport aux prix de l’électricité. Vos factures des mois d’août et de septembre 2010 n’ont pas pu être distribuées dans les délais habituels, en raison des négociations entre AES-Sonel et les pouvoirs publics au sujet de la grille tarifaire définitive à appliquer en 2010, peut-on lire dans une des lettres datée du 04 octobre 2010 et signée du directeur commercial, Alistair Preston. Le bras de fer avec les autorités semblent cependant tourner en la faveur d’AE-Sonel. La lettre fait savoir que les prix ne seront pas baissés, mais le surplus par rapport aux coûts de 2008 seront supportés par l’Etat. La facture devrait désormais présenter trois prix. Ceux établis aux tarifs augmentés, c’est-à-dire 95 FCFA le Kilowatt pour ceux qui consomment plus de 400 Kilowatts le mois. Des prix fixés au montant de l’année 2008, c’est-à-dire 85 FCFA le kilowatt et qui seront supportés par les clients et le surplus qui reviendra à la charge de l’Etat. L’agence de régulation du secteur de l’électricité, l’ARSEL, n’a pas encore confirmé cette information de la Sonel. Une autre information que l’opérateur donne à ses clients et qui pourrait être une petite victoire pour les autorités camerounaises, la compagnie a accepté le principe du remboursement des trop perçus sur les factures reçues entre Avril et juillet 2010.

Une mesure provisoire
Ces nouvelles données ne sont pas encore entrées en application mais cette initiative de la Sonel semble sonner la fin du bras de fer qui a opposé l’opérateur à l’Etat.Néanmoins, de nombreuses zones d’ombres subsistent. Si dans la pratique les consommateurs qui étaient visés par la mesure d’augmentation tarifaire par la Sonel ne payeront plus un surplus de facture, les dates de mise en uvre de la procédure de remboursement n’ont pas été communiquées. D’un autre côté, l’accord de compensation qui aurait été trouvé avec l’Etat se présente plus comme une fuite en avant. L’Etat ne pratiquant pas des activités lui procurant des revenus, il reviendra aux contribuables de payer pour compenser une facture dont le montant global estimé n’a pas été donnée. De même la Sonel avait justifié ses hausses dans le but de soutenir un programme d’investissement imposé par son cahier de charge. De nombreux observateurs critiquent les choix du gouvernement dans la gestion de la concession de fourniture de l’énergie électrique au Cameroun. Avec AES-Sonel, le contrat de distribution avait été signé pour 20 ans, avec la possibilité de procéder à des révisions tous les cinq ans. Ce choix juridique n’est pas de nature à encourager l’entreprise à effectuer des investissements dans le secteur, qui sont souvent lourds et nécessitent beaucoup de fonds. Or les banques ne peuvent supporter de gros emprunts à moyen terme, qu’à la condition d’un taux d’intérêt assez important.

Améliorer le système d’exploitation pour réduire les coûts
Le RACE fait remarquer deux choses que confirment de nombreux observateurs. Le contrat signé entre AES-Sonel et l’Etat est soumis à révision tous les 05 ans, malheureusement, les avenants issus de la dernière révision en décembre 2006, n’avaient pas modifié les dispositions potentiellement litigieuses qui y étaient contenues. Le Race suggère que les autorités saisissent l’occasion de la prochaine révision de ce contrat, qui interviendra normalement en décembre 2011, pour revoir certaines clauses de cette concession qui aujourd’hui, on s’en rend compte, ne garantit pas suffisamment les intérêts des consommateurs. Visé par cette possible révision, l’article 5 alinéa 3, qui donne clairement la prérogative à l’opérateur AES/SONEL d’augmenter les tarifs d’électricité de 5% chaque année. D’un autre côté, cette association de défense des droits des consommateurs d’énergie, pense que l’accord probable intervenu sur la grille tarifaire ne règle pas dans le fond la question du prix de l’électricité au Cameroun. Ses membres soutiennent que malgré leur ajustement à la baisse, ces prix restent élevés pour l’immense majorité des consommateurs.


Journalducameroun.com)/n



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