› Culture

Cameroun : les arts du spectacle pour développer Douala

Des élèves du lycée bilingue de New-Bell lors d'une représentation à Ados en scène. ©Droits réservés

C’est le fil conducteur qui va traverser les différentes représentations de la 4ème édition du carrefour international des arts du spectacle qui s’ouvre le dimanche 25 mars 2018 à 19h.

La dernière fois que Stéphanie M., 30 ans, avait assisté à une représentation théâtrale, remonte à ses années du primaire. La jeune dame était alors élève en classe de Cours élémentaire deuxième année (Ce2) et prenait part à une des activités périscolaires organisées par son école. Depuis lors, elle n’a plus jamais assisté à une représentation sur scène.

Les statistiques sont bien plus alarmantes. D’après Michelle Masuke, comédienne, à peine 2 Camerounais sur 10 ont déjà assisté à une représentation sur scène. Elle s’exprimait ainsi en 2017, à l’occasion du lancement de Compto’art54 (54 représentant les pays que compte le continent africain). Ce festival dédié à la promotion de la culture et des Arts du spectacle revient sur les planches cette année encore à Douala. La quatrième édition s’ouvre ce dimanche 25 mars 2018 à 19h.

Jusqu’au 31 mars donc, le public de Douala pourra prendre part à des représentations théâtrales, mais aussi à des spectacles de danse, d’humour et à la performance. Toutes ces activités ont pour fil conducteur un thème qui se présente sous la forme d’une interrogation. « Quelle place peuvent avoir les arts du spectacle dans le développement sociétal d’une ville comme Douala ?». Une question qui interpelle à la fois les comédiens, le public, les bailleurs de fonds et le gouvernement.

«Vu le contexte dans lequel on vit, comment est-ce que nous en tant que comédiens et hommes de théâtre nous pouvons permettre à la ville de se développer. Plusieurs actions peuvent être entreprises dans ce sens. A l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’eau par exemple, les organisateurs auraient pu rencontrer une compagnie de théâtre pour monter une pièce et la jouer dans les quartiers. Ça peut sensibiliser les populations et les prémunir des maladies hydriques », pense Eric Delphin Kwégoué, le directeur artistique du festival.

En ouverture de Compto’art54 dimanche 25 mars 2018 à 19h, la pièce « La forêt illuminée » sera représentée par la compagnie Atelier mobile à la Maison de la culture et de la danse au quartier Bali. Les acteurs ont été formés par le comédien et metteur en scène Martin Ambara, qui promet un spectacle qui met en exergue l’esthétique camerounaise. Le spectacle de danse intitulé « Pssst » de la compagnie Pas de Quatre donnera aussi à voir au public, sur le même site, le même soir.

Trois autres lieux ont été retenus pour abriter les rencontres tout public de cette 4ème édition du festival, à savoir l’Institut français de Douala, la Maison des jeunes et des cultures de New-Bell et Chez Kiki à Bali. Un atelier d’écriture sera en outre animé par Wakeu Fogaing, l’inventeur du personnage « Monsieur n’importe qui ».

Dans la rubrique de l’innovation, figure des programmes de lecture des œuvres de trois camerounais ayant obtenu des prix en 2017. Il s’agit entre autres de l’œuvre « Debout un pied » de Sufo Sufo, prix SACD 2017, de «La poupée barbue » d’Edouard Elvis Byouma, Prix Rfi 2017 et « Igonshua » d’Eric Delphin Kwégoué.

À LA UNE
Retour en haut