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Cameroun : au moins 12 élèves assassinés depuis 2020 dans la Crise anglophone

Crise anglophone
Hommages de la Républiques aux 07 élèves assassinés à Kumba-05 novembre 2020

La guerre dans le Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) a infligé d’énormes pertes au secteur éducatif dans ces deux régions. Outre la fermeture de 90% d’écoles primaires, au moins 9 000 jeunes sont privés de scolarité. Le kidnapping répété des enseignants et apprenants a cédé la place aux assassinats d’écoliers. Au moins 12 élèves tués et plusieurs enseignants abattus en situation professionnelle. 

Mercredi 24 novembre 2021, des individus non identifiés ouvre le feu au lycée bilingue d’Ekondo Titi dans le département du Ndian, région du Sud-Ouest. Bilan, 03 élèves et une enseignante de français assassinés. De nombreux autres portent des  blessures. Les autorités locales pointent du doigt les combattants séparatistes. Les images relayées par la télévision nationale Crtv montrent les dégâts sur les murs de l’établissement. Sur les réseaux sociaux, les images d’un adulte (parent) portant le corps sans vie d’un élève, de l’enseignante abattue et d’une foule en larme, font le tour.

Avant Ekondo Titi, une explosion a eu lieu à l’amphithéâtre 600 à l’université de Buea le 10 novembre 2021. Le vice chancelor explique qu’un individu non identifié a installé un dispositif explosif sur la toiture de l’amphi. L’incident fait au moins 12 blessés parmi les étudiants.

Le 24 novembre 2021, des faits semblables surviennent dans un autre établissement scolaire de la même région. Comme à Ekondo Titi, le mode opératoire est presque le même. Les hommes armés non identifiés débarquent  sur des motos à Mother Francisca Bilingual Academy. L’établissement se situe au quartier Fiango, arrondissement de Kumba 2è. L’attaque coûte la vie à 07 élèves, et fait  une quinzaine de blessés.

Les autorités accusent les sécessionnistes. Une vague d’indignations s’en est suivie à travers le monde. Un jour de deuil national est observé le 31 octobre 2020 avant l’enterrement le 05 novembre. Mais les actes se poursuivent. Les auteurs n’entendent  pas abandonner.

En dehors des attaques des combattants séparatistes,  l’armée aussi s’est quelques fois rendue  coupables du meurtre des élèves. Le 14 octobre dernier,  un gendarme tue par balle une fillette, Caro Louise Ndiallé , sur le chemin de l’école à Buea. L’homme en tenue est lynché à mort par la population. Quelque temps plus tard, un policier ôte la vie à une autre fillette dans des conditions semblables. Le 14 février 2020, 15 enfants et deux femmes enceintes trouvent la mort à Ngarbuh. Une enquête ordonnée par la présidence de la République attribue les faits à l’armée républicaine.

Multitudes d’enlèvements

Lorsque la crise s’enlise en 2017, les sécessionnistes ordonnent la fermeture des écoles. Dans leur barbarie, ils procèdent à la destruction de centaines d’écoles. Les récalcitrants subissent des violences. Puis la résistance des parents et autorités conduit le camp adverse à changer de méthodes.

Le lundi 05 novembre 2018, des individus enlèvent 79 élèves, en plus desquels le principal et un enseignant du Presbyterian School de Bamenda, dans le Nord-Ouest. Le 16 février 2019, 170 élèves et un enseignant subissent  le même sort au saint Augustin Collège de Kumbo. Deux jours  plus tard, ils recouvrent la liberté. Face à cette situation, des milliers d’élèves et étudiants fuient les régions pour se réfugier à Douala, Yaoundé et dans les autres régions où ils ont pu s’inscrire à l’école.

Urgent de renforcer la sécurité

Au lendemain des attaques de Kumba, le gouvernement avait rassuré sur la sécurité des établissements scolaires dans ces deux régions. Le ministre de l’Administration territoriale explique que l’établissement attaqué était clandestin. Raison pour laquelle il n’a pas bénéficié de la protection comme les autres.

Chose curieuse, un an plus tard, c’est dans des établissements créés et dirigés par l’Etat que les faits ont lieu. A savoir à l’Université de Buea, puis au Lycée bilingue d’Ekondo Titi. Ce qui confirme les failles dans le système de sécurité, notamment autour des lieux de dispensation du savoir.


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