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Cameroun-BAD: Améliorer l’offre en eau potable dans les zones rurales

Le ministre en charge de l’Aménagement du territoire a signé des accords dans ce sens avec le groupe de la Banque africaine de développement(BAD)

Un acte majeur pour le gouvernement camerounais
Mardi 29 juin dernier, le ministre Louis Paul Motaze de l’Economie, la planification et l’aménagement du territoire, a signé à Tunis au siège de la BAD et pour le compte du Cameroun, deux conventions de financement. Elles concernent la réalisation d’un projet d’alimentation en eau potable et l’assainissement en milieu rural au Cameroun. Ces conventions donnent à l’Etat camerounais, l’accès à deux premières enveloppes, dont l’une constitué d’un prêt de 7 milliards de FCFA et l’autre d’un don de 3,5 milliards de FCFA. Selon le communiqué signé du ministre Motaze, cette opération rentre dans le cadre de l’accompagnement de la Banque africaine de développement dans les efforts du gouvernement en conformité au plan d’action de son Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP). Ce dernier vise à atteindre à l’horizon 2015, les taux de 80% pour l’accès à l’eau potable et 60% pour l’assainissement dans les zones rurales. L’accord de financement dont le gouvernement camerounais vient d’obtenir la mise à disposition des fonds de la première phase fait partie d’un accord global donné par le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD). Ce fonds approuvait le 12 mai 2010 un plan de financement de 17,25 millions d’unités de compte (UC), soit l’équivalent de 14 milliards 300 millions de FCFA. Le projet permettra selon le gouvernement de répondre aux besoins en eau potable de 668 000 habitants et de favoriser un changement de comportement de 750 000 habitants vis-à-vis de l’hygiène et de la santé. Il couvre quatre régions du Cameroun que sont les régions de l’Ouest, du Nord-ouest, du Sud-ouest et du Sud.

Le secteur rural principal bénéficiaire
Les principales réalisations attendues de ce projet sont la réhabilitation et la construction de 88 réseaux simplifiés d’alimentation en eau potable, la réalisation de 285 latrines de 6 compartiments à fosse ventilée dans les écoles et les centres de santé, de 1332 latrines à compartiment unique à fosse ventilée sur les parcelles privées et de deux complexes à toilettes tenant en compte les genres (masculin et féminin), dont un dans la région Sud et l’autre au Nord-ouest; la formation et la sensibilisation des populations bénéficiaires à l’utilisation de l’eau potable, à l’assainissement et aux pratiques d’hygiène; et le renforcement des capacités des structures en charge de la gestion du secteur. Grâce au projet, le gouvernement camerounais et ses partenaires espèrent faire passer le taux d’accès à l’eau potable de 33% à 60% en 2015 et celui relatif aux services d’assainissement 17% en moyenne à 22% en 2015 dans la zone du projet. Il est aussi attendu un changement positif d’attitudes et de comportements des populations bénéficiaires en matière d’hygiène et de santé. Le taux moyen de prévalence des maladies liées à l’eau et à l’assainissement devrait baisser de 30%, passant de 19% à 13,5% durant cette période. Ce dernier objectif justifie le volet formation des populations dans le projet. L’initiative tout en étant positif, soulève néanmoins un certain nombre de préoccupation. Selon des statistiques officielles le taux d’accès des populations à l’eau potable au Cameroun n’est que de 23% en zone urbaine et de 10% en zone rurale. Selon les chiffres du dernier recensement général sur la population et les ménages, la population rurale camerounaise dans laquelle on intègre les zones purement rurales et les zones semi-rurales s’élève à près de 10 millions de personnes.


www.afdb.org)/n

Des éclairages à apporter
Cela suppose selon les statistiques officielles que seulement 3,3 millions de camerounais ont accès à l’eau potable en zone rurale, ce qui reste difficile à admettre. Les observateurs disent que ce chiffre passe à 4 millions pourrait équivaloir à 60% de la population rurale. D’un autre côté le gouvernement a annoncé la nouvelle sans faire état des conditions qui entourent cet accompagnement financier et surtout sans préciser, qui au final supportera déjà le premier don de 3,5 milliards de francs CFA offert. De même cette initiative implique une participation des collectivités bénéficiaires du projet et de l’Etat camerounais. Les sources et les conditions de ces implications restent elles aussi imprécises. Un document de près de 100 pages ayant soutenu le projet existe mais n’est pas accessible à tous. Ce projet rentre dans le cadre plus global de l’Initiative d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural (IAEAR), et la Facilité africaine de l’eau, une initiative du Conseil des ministres africains chargés de l’Eau. L’IAEAR a été lancée avec une contribution du Gouvernement Français de près de 70 milliards FCFA au fonds fiduciaire de l’initiative. Parallèlement à cette initiative, L’AFD finance un projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement dans trois centres secondaires (Bertoua, N’Gaoundéré et Edéa) et Yaoundé pour 42 milliards FCFA dont les études globales de base pour 16 centres secondaires ont été financées par la BAD. Celle-ci a financé 13 centres secondaires parmi les 16 auxquels il a été ajouté trois nouveaux centres pour 35 milliards de FCFA. En outre, l’AFD a financé la réforme du secteur et l’élaboration de la politique nationale d’alimentation en eau potable en milieu rural sur laquelle la Banque s’est fondée pour la préparation d’un projet d’AEAP en milieu rural dans ces quatre autres régions du Cameroun. Pourtant malgré tout, l’accès à l’eau potable reste un vrai souci tant pour les populations urbaines que rurales au Cameroun.

A la quête de l’eau potable
berijc.over-blog.com)/n
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