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Des individus entrent par effraction dans le secteur de l’éducation (G. Essama)

Géral Essama Ngono (c) Droits réservés

Le chef de la Brigade nationale de contrôle des établissements privés d’enseignement secondaire revient sur les procédures relatives à la fermeture d’une école.

Un arrêté portant fermeture de certains établissements secondaires privés pour le compte de l’année scolaire 2019-2020 a été pris le 29 juillet par le ministre. Quels sont les préalables avant la fermeture d’une école?

La procédure de fermeture des établissements scolaires par la brigade est dictée par les textes de loi qui encadrent l’enseignement privé qui puisent elles-mêmes leurs fondements sur la loi d’orientation de 1998. La procédure de fermeture n’est pas simple. La brigade ne travaille pas seule, la brigade à des relais sur le terrain qui sont tous les services déconcentrés du Minesec (ministère des Enseignements secondaires Ndlr) qui traitent des problèmes de l’enseignement. Les informations remontent au niveau central et fort de ces informations, nous menons des investigations, nous faisons des descentes sur le terrain pour constater de tous les éléments recueillis. A la suite de cela, il y a également une commission interne au ministère qui fait l’examen de ces situations. C’est à la fin de ce processus qu’on soumet à l’attention de madame le ministre des Enseignements secondaires, le projet d’arrêté de fermeture des établissements pour le compte de l’année. Cet exercice est normal parce qu’à chaque début d’année, il faut procéder au nettoyage du fichier des établissements afin que la communauté éducative sache de quel côté s’orienter pour obtenir l’encadrement de la jeunesse camerounaise.

Il y a des établissements qui sont désormais des abonnés de cette liste. Comment comprendre cela?

Je dois avouer que le phénomène des établissements récidivistes embarrasse outre mesure l’administration scolaire. Mais il faut déjà savoir que l’école est un maillon de la société au même titre que les individus, au même titre que les structures et charrie beaucoup d’intérêts. Cela veut dire qu’il y a beaucoup d’individus qui entrent par effraction comme des bandits et s’installent. Malgré les mesures qu’on peut prendre, on trouvera toujours certains qui vont outrepasser ces mesures pour affronter les autorités publiques. Vu que nous sommes dans un état de droit, ce n’est pas à l’Etat d’abdiquer face aux récalcitrants. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous revenons chaque fois à la rescousse pour qu’à terme, une solution définitive soit trouvée pour endiguer le phénomène des établissements récidivistes

Quels sont vos rapports avec les promoteurs d’établissements?

Un rapport de «je t’aime moi non plus». C’est-à-dire la relation entre le gendarme et le hors-la-loi. Toutefois, pour les établissements qui sont en conformité avec les dispositions légales et règlementaires, nous sommes les bienvenus. Mais pour les promoteurs véreux, ils nous considèrent comme des bêtes noires. Ainsi, ce sont des rapports contrastés. D’un côté nous sommes les bienvenus, de l’autre côté nous sommes les personnes à abattre.

Des accusations de corruption sont souvent faites à l’encontre de l’instance dont vous avez la charge…

Quand on est hors-la-loi, on pense toujours qu’on peut utiliser des moyens détournés pour se soustraire à la réalité. C’est en utilisant par exemple, des moyens de corruption. Mais à la brigade, le personnel est outillé pour faire face à ce genre de situation.

Après la fermeture, quelle est la suite ?

Il faut d’abord dire que l’arrêté de fermeture est une décision gouvernementale qui ne souffre d’aucune contestation. Elle doit être appliquée telle quelle. Madame le ministre saisit en ce moment les autorités administratives régionales, le gouverneur, le délégué régional, avec tous leurs démembrements pour que les dispositions soient prises pour la fermeture effective de tous ces établissements. Cependant, comme le dit Mme le ministre, cette décision de fermeture a un caractère suspensif. C’est-à-dire que nous considérons que l’enseignement privé est un partenaire privilégié du système éducatif. Pour ceux qui sont en marge, on prend ces mesures pour les emmener à se régulariser et je dois avouer que pour ceux qui vont se régulariser avant la rentrée scolaire, la suspension sera levée. Mais pour les récalcitrants, les écoles resteront fermées.

Quelles sont les principales missions de la brigade?

Elle a vu le jour dans sa forme actuelle à partir de l’organigramme de 2012 qui réorganise le ministère des Enseignements secondaires. Elle a la dénomination officielle de Brigade nationale de contrôle des établissements privés d’enseignement secondaire. Elle a deux missions. Premièrement contrôler les établissements privés et deuxièmement contrôler l’utilisation de la subvention octroyée à ces établissements. Au courant de l’année scolaire, nous travaillons avec l’objectif d’assumer pleinement ces deux missions qui nous incombent. Le volet contrôle de la subvention n’est pas beaucoup relayé car relevant du fonctionnement interne mais le second volet sur la préparation du lancement de l’année scolaire et qui aboutit à l’actualisation du fichier des établissements est plus visible car il débouche sur la fermeture des établissements.



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