Politique › Judiciaire

Cameroun : belle-mère et belle-fille se battent pour l’administration des biens

Belle mère et belle fille en dispute (Crédit photo : AfrikMag)

Suite au jugement d’hérédité qui a désigné la veuve tutrice des enfants et administratrice des biens de son défunt fils, une dame, qui conteste la gestion de sa belle-fille, s’oppose à la décision de justice.

Le compte rendu d’audience est fait par Kalara. « Dès que ma belle-fille a reçu la pension de mon fils, elle a complètement changé. Elle ne s’occupe pas des enfants ». C’est cette phrase répétée à plusieurs reprises au cours de son témoignage que Babette a entamé son récit devant le tribunal de premier degré (TPD) de Yaoundé le 9 septembre 2021. Assise au premier banc de la salle d’audience, elle attendait impatiemment l’appel de l’affaire.

La dame dont l’âge avoisine la soixantaine, est repartie déçue de la salle d‘audience à cause de la tournure prise dans ce dossier. Elle n’a pas été contente de la décision du tribunal de renvoyer l’affaire à une date ultérieure dans le but de convoquer Arlette sa belle-fille. « Elle ne viendra pas ici. Je lui ai déjà laissé plusieurs messages pour qu’elle se présente devant le tribunal, elle n’a jamais répondu à un seul », a-t-elle déclaré.

Au cours de sa déposition devant le tribunal, Bebette a déclaré que Arlette et Georges, son fils, se sont unis par les liens du mariage il y a plus de quinze ans. Ils avaient opté pour le régime monogamique et la communauté des biens. De leur union sont nés trois enfants encore en bas âge. Le premier a 13 ans et le cadet 7 ans.

L’homme était militaire et Arlette ménagère. La petite famille était heureuse jusqu’au décès de Georges, qui laissé sa femme et ses enfants sans abri. Après le décès de Georges en 2020, un procès-verbal de conseil de famille a été dressé dans le but d’ouvrir la succession du jeune militaire mort à 32 ans. Lors de cette assise, tous les enfants du défunt ont été reconnus comme ses cohéritiers, l’administration des biens et la tutelle des trois enfants du couple avaient été confiées à Arlette, qui n’avait que 26 ans.  « Je me suis opposée aux résolutions du conseil de famille devant le tribunal parce que je jugeais que ma belle-fille était trop jeune pour gérer les biens de mon fils. Mais le juge avait rejeté la requête dans laquelle je revendiquais le statut de coadministratrice ».

Trois millions

Poursuivant son témoignage, la plaignante a relaté qu’elle a construit une maison à sa belle-fille et à ses petits-enfants, qui habitaient déjà dans sa maison pour qu’ils ne s’éloignent pas de la famille. Elle soutient en outre qu’elle a usé de ses moyens financiers et relationnels pour que le dossier de pension de Georges, aboutisse. Seulement, Arlette n’a pas informé sa belle-mère des décaissements qu’elle avait déjà effectués à son insu.

« C’est quand je suis allée à la délégation pour me renseigner sur l’avancement du dossier que j’ai découvert la supercherie de ma belle-fille. J’ai été informée qu’Arlette avait déjà décaissé l’argent. Elle a perçu plus de trois millions de F CFA », a-t-elle confié.

Mais le courroux de Babette provient surtout du fait qu’Arlette a dépensé la totalité de l’argent de la pension de son mari avec d’autres hommes. De plus, depuis qu’elle a empoché les trois millions, elle n’est plus stable. « Je suis allée chez elle à plusieurs reprises, mais elle n’est jamais là. Je n’ai plus de ses  nouvelles. Je ne suis pas sûre qu’elle habite toujours dans la maison que j’ai construite pour elle. Ma belle-fille ne s’occupe pas des enfants. Elle s’est détournée de ses obligations dès qu’elle a reçu l’argent ».

Pour ce qui est de la situation actuelle des enfants, le journal Kalara rapporte que  Babette a déclaré qu’ils sont à Bertoua chez l’une de ses filles, qui a pris en charge leur scolarité depuis le décès de Georges. Elle déclare enfin que sa pension retraite ne lui permet pas de s’occuper de ses petits-enfants. Babette souhaite que le tribunal lui confie l’administration de biens de son fils pour le bien de ses petits-enfants. « J’aime les enfants de mon fils. Je suis mieux placée pour connaître ce qui est bien pour eux ou pas. Je ne veux plus que ma belle-fille continue à dilapider leur argent. Elle est encore jeune et peut décider de se marier avec un autre homme », a-t-elle conclu.

Attentive tout au long du récit de Babette, la juge a décidé de faire entendre Arlette avant de prendre sa décision finale dans cette affaire qui met en mal les intérêts des enfants mineurs. La jeune veuve est attendue à la prochaine audience, prévue le 16 septembre.


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