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Cameroun: Boko Haram s’impose à notre souvenir.

Les attentats terroristes perpétrés par la secte lundi dans l’Extrême-Nord occupent les colonnes des quotidiens nationaux et internationaux

Quadruple attentat suicide hier à Bodo dans le nord du Cameroun : quatre jeunes filles transformées en véritables bombes humaines ont pulvérisé le marché du village. Trente-deux personnes, dont des femmes et des enfants, sont mortes déchiquetées.

« Le Cameroun est en guerre », s’exclame le bihebdomadaire camerounais L’ il du Sahel qui nous apprend que l’artillerie camerounaise pilonnait hier soir des positions de Boko Haram dans la localité Nigériane de Wumbi.

« Les Africains ont intérêt à ne pas relâcher la vigilance ou à se laisser gagner par l’indolence. face au terrorisme. Car ce mal du siècle semble bien avoir installé ses quartiers sur le continent », estime le site d’information guinéen Ledjely.com.

« Au point qu’hier, alors que les Burkinabè marchaient pour la mémoire des leurs qui sont tombés lors des attaques terroristes d’il y a une semaine à Ouagadougou, d’autres islamistes se faisaient une nouvelle fois entendre dans l’extrême nord du Cameroun. (.) La réalité demeure la même, soupire Ledjely.com. Les terroristes sont plus que d’impromptus visiteurs sur le continent africain. Qu’ils s’appellent Aqmi, Boko Haram, Ansar-Dine, Shebabs ou encore EI, ils y ont de plus en plus des bases qu’ils contrôlent et à partir desquelles ils peuvent agir à leur guise. »

Pieds de nez
« Quand Boko Haram féminise le crime. », s’exclame pour sa part le site Guinée Conakry Infos. « Le jihadisme se féminise indubitablement sous la férule criminelle de Boko Haram qui a frappé hier le Cameroun, comme il ne l’avait jamais fait. Quatre jeunes filles qui se font exploser, emportant dans leur cynisme plus de 32 victimes, lâchement assassinées et une soixantaine de blessés qui vaquaient à leurs affaires, aux environs du marché du village de Bodo. « 

Un véritable pied-de-nez, pointe encore le site guinéen, car « ce quadruple attentat-suicide intervient dans un contexte où les pays de la sous-région tentent d’unir leurs efforts, de capitaliser leurs moyens et stratégies de lutte, afin de freiner voire éradiquer les assauts macabres de Boko Haram. »

« Cela faisait quand même quelque temps qu’on n’avait plus entendu le groupe jihadiste, relève pour sa part L’Observateur Paalga à Ouaga. C’est que la coalition militaire des Etats membres du Bassin du lac Tchad avait sérieusement touché les reins du Chacal, métaphore animalière pour désigner le lugubre chef de Boko Haram, Aboubacar Chekau. Visiblement, le monstre est loin d’avoir été mortellement atteint. Et il faut croire qu’après une période de repli dans son refuge, il s’est rechargé les accus et acéré les crocs. Cette nouvelle série d’attaques vient rappeler une évidence, pointe encore L’Observateur : malgré les succès militaires enregistrés sur le terrain de la lutte contre l’infâme secte, la guerre est loin d’être gagnée. Alors, pas de répit avant son anéantissement total ».

Aller à l’offensive !
« Que faire face à cette terreur sans fin? », s’interroge pour sa part Le Pays, toujours au Burkina. « En effet, tout se passe comme si les islamistes nigérians avaient décidé de narguer la coalition militaire formée par les pays situés sur la ligne de front, à savoir le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Bénin et bien entendu le Nigeria. Cela est d’autant plus vrai que la plupart de ces Etats sont sur la défensive, si fait que très bien renseigné, l’ennemi ne rate pas la moindre occasion pour se repaître du sang des innocents. Même la présence des soldats américains sur le sol camerounais n’a pas changé la donne, tant les attaques terroristes ont pris des proportions inquiétantes ».

« D’où la nécessité, estime Le Pays, d’aller à l’offensive pour ne donner aucun répit à ces obscurantistes dont la bêtise le dispute à l’incohérence. Car, au départ, opposés aux valeurs occidentales, les islamistes nigérians s’attaquent aujourd’hui à tout, notamment les marchés et surtout les mosquées, tant et si bien que leur comportement n’offre désormais aucune lisibilité. Selon toute vraisemblance, ils veulent faire du mal pour le mal et pour le plaisir. C’est le lieu donc, estime encore Le Pays, d’en appeler à la responsabilité de l’Union africaine qui doit prendre la mesure du péril en apportant une riposte appropriée globale et concertée. Il y a urgence à agir ».

D’autant plus, pointe le quotidien Ouagalais que « la Libye est en passe de devenir le califat de l’Etat islamique, que les Shebabs ont presque mis sous coupe réglée la Somalie, sans oublier Aqmi qui, jadis affaibli, reprend du poil de la bête au Sahel et ce, au moment même où Boko Haram se montre plus que jamais actif à travers ses attentats-suicides».

La question du terrorisme démeure au centre des sujets abordés par les quotidiens africains
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