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Cameroun : le casse-tête des ambulances à Yaoundé

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Avoir recours à ces véhicules aménagés pour le transport des malades est loin d’être aisé dans notre contexte. Pour certains usagers, il s’agit même d’un service de luxe. 

Le 18 août 2016 a marqué le premier anniversaire de l’entrée en service du Centre des urgences de Yaoundé (Cury). A cette occasion, le directeur de cette formation hospitalière déroulait en chiffres, les performances réalisées par ce centre depuis son entrée en fonction. 15 802 patients pris en charge dont 6534 reçus en situation d’urgence vitale, un taux de mortalité global estimée à 3,87%, mais surtout 585 déplacements des ambulances pour secourir les accidentés et les patients en situation difficile.

Des chiffres qui enjolivent la réalité de l’accès en urgence aux services de santé dans cet établissement. En effet, le reporter de journalducameroun.com, qui s’est rendu sur les lieux observe que l’ambulance ne se déplace que lorsque les frais de transport, qui s’élèvent au minimum à 30.000 francs CFA (en aller-retour), ont été versés à la caisse. En cas d’urgence, un proche du patient doit se rendre au Cury, s’acquitter des frais de déplacement de l’ambulance fixés en fonction de la distance entre l’hôpital et la résidence du patient, avant toute intervention.

Le numéro court ne répond pas


Quelques mètres plus loin, les bâtiments du Service d’aide mĂ©dicale urgente (Samu) se dressent fièrement au quartier de la santĂ© de YaoundĂ©. Le service rĂ©pond (en principe) Ă  un numĂ©ro court, le 119. Seulement, ce numĂ©ro est indisponible depuis près de deux mois, nous renseigne-t-on. « La faute Ă  Camtel. On ne sait pas ce qui se passe. Lorsqu’on appelle ça sonne dans le vide. Les appels ne sont pas redirigĂ©s vers nos services. Nous avons dĂ©posĂ© une requĂŞte, mais vous savez, c’est un service gratuit…donc on ne peut pas faire pression. On attend seulement et on espère qu’ils vont rĂ©agir », confie un responsable sous anonymat.

Ici pourtant, les conditions d’accès à une ambulance semblent plus faciles. « On ne paye rien avant le déplacement de l’ambulance. Lorsqu’on a un cas, on se rend immédiatement sur les lieux. Le déplacement est inclus dans la facture finale (…) en fonction de la distance, et de la gravité du cas, ça tourne autour de 15.000 francs CFA », ajoute notre source.

Chez certains citoyens, les services d’ambulance ne sont pas inscrits dans les habitudes. « Si j’ai un malade, j’appelle un taxi et on va à l’hôpital. Les affaires d’ambulances-là, c’est pour les blancs et c’est cher », affirme une vendeuse de fruits de Yaoundé. Comme elle, de nombreuses personnes rencontrées dans les rues de Yaoundé ne connaissent aucun numéro des services d’ambulance des hôpitaux.

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