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Cameroun: Comment prendre en charge et traiter les malformations faciales

Interview du Dr Simon Aroga, médecin Chef de l’hôpital protestant de Ngaoundéré

Quel bilan faites-vous des opérations de bec de lièvre qui viennent de s’achever à l’hôpital protestant de Ngaoundéré?
Je peux déjà vous dire que 102 malades ont été signalés au niveau de l’hôpital et 80 malades ont été retenus. Tous les 80 patients ont été opérés sans incidents et dans de très bonnes conditions. L’équipe qui est venue d’Allemagne a été professionnelle et elle a été bien encadrée par celle qui travaille au bloc opératoire. Ça a été un travail d’équipe comme on dit chez nous; et l’expérience camerounaise aidant aussi sur certaines maladies tropicales, on a réussi à gérer les cas sans incident majeur. Tout s’est donc très bien passé.

Le gouverneur de la région était de passage dans votre centre hospitalier, c’est une façon peut être de booster la coopération entre le Cameroun et l’Allemagne?
Vous savez, quand le gouverneur qui est la plus haute autorité de la région avait appris que cette équipe devait venir ici à Ngaoundéré, il a tenu d’abord à remercier cette équipe au nom du gouvernement, et leur montrer que l’action qu’ils mènent depuis dix ans dans l’Adamaoua est vraiment salutaire. Vous savez, les malades viennent de tout le Cameroun, de Yaoundé, Douala, Bamenda, Garoua et même des pays frontaliers comme le Tchad et la Centrafrique. Ces opérations font la réputation de la région et également de la ville de Ngaoundéré. C’est une manne qui est venue de la part de l’université de Greifswald en Allemagne depuis toutes ces années, et nous en sommes reconnaissants.

Il y avait quand même des difficultés au niveau de la gestion de l’affluence .?
Nous voulons opérer 80 malades parce que ce sont des opérations assez délicates qui doivent être faites selon les normes scientifiques. On ne peut donc pas aller au-delà du nombre qui est demandé. L’équipe du bloc opératoire se fixe pour objectif d’opérer huit malades par jour, et ils doivent le faire pendant dix jours. A leur arrivée au Cameroun, ils retrouvent 104 malades qu’ils ne peuvent pas opérer en dix jours, il faut donc faire le choix. Les critères sont connus, l’enfant doit être âgé de plus de 18 mois, il doit être en bonne santé pour qu’on puisse l’opérer. Mais quand les sélections sont faites, vous voyez que c’est douloureux, les familles sont déprimées, il y a des pleurs par-ci par-là. Et certains pensent que cette opération ne pourra pas être faite un autre jour. Donc, c’est la gestion de tout le volume du travail qui est déjà assez professionnel, mais qui, à un certain moment pose des problèmes à l’équipe du bloc opératoire.

Il y a beaucoup de malades qui sont en attente. Est-ce que vous pensez à la relève au niveau local pour que nos malades soient pris en charge par nos médecins?
L’objectif principal de l’opération, c’est de créer un centre permanent de prise en charge de bec de lièvre à l’hôpital protestant de Ngaoundéré. Le premier objectif qui était de pouvoir opérer gratuitement est déjà atteint, maintenant c’est la formation de l’équipe locale qui doit continuer à faire des soins qui est encore d’actualité. Quelques personnels ont déjà été identifiés au niveau du bloc opératoire et la formation a déjà commencé. Nous pensons que l’équipe qui restera ici ayant au fur et à mesure acquis assez d’expérience, pourra continuer à opérer gratuitement ces malades qui sont en attente. Nous avons déjà un chirurgien maxillo-facial américain qui est actuellement en congé et qui va revenir bientôt. Ce dernier a toujours eu l’habitude d’opérer les malades, et je crois que quand il reviendra, il pourra également prendre en charge les cas restants.

Dr Simon Aroga, médecin Chef de l’hôpital protestant de Ngaoundéré
Journalducameroun.com)/n


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