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Cameroun-Coronavirus : « le riz d’Orca » est introuvable

De droite à gauche : le ministre de la Santé (Manaouda Malachie), Mazen Al Jammal (Dg groupe Orca), et le ministre du Commerce (Luc Magloire Mbarga Atangana) le 9 avril 2020 lors de la réception du don de 4000 sacs de riz. Cameroun.

Alors que le ministre de la Santé publique affirme avoir dispatché les sacs de riz à travers le pays, via les autorités administratives, celles-ci affirment n’avoir rien reçu. Aucun des bénéficiaires n’est non plus identifiable.

Mystère et boule de gomme autour du « Riz d’Orca ». Dans sa parution de ce 22 juillet 2020, le journal Le Jour a tenté de retrouver la trace des grains de riz, objet d’un don de 4000 sacs de l’entreprise Orca au gouvernement camerounais, comme participation à la lutte contre le coronavirus.

Mais depuis le 9 avril, personne ne semble savoir où se trouve le « riz d’Orca ». Dans une réponse à un internaute qui s’en inquiétait, le ministre de la Santé publique répondait que les 4000 sacs ont déjà été répartis dans les régions.

Seulement, l’enquête du journal Le Jour révèle que  les responsables se renvoie les balles sans que personne ne disent où se trouve le riz.

« Le don de Orca a été dispatché. Après la réception le 09 avril. Les sacs ont été stockés dans nos magasins situés dans l’enceinte de l’hygiène mobile. Le secrétaire général a assuré la supervision de la répartition et le départ pour les 10 régions », fait savoir un haut responsable du ministère de la Santé », commence un haut responsable du ministère de la Santé publique.

« Nous avons reçu 780 sacs de riz. Nous avons envoyé aux préfets et sous-préfets. Dès que le don a été réceptionné des mains du ministre de la Santé publique. Le gouverneur a dispatché ces dons entre les 10 préfets et les 70 sous-préfets. Chaque autorité venait chercher son lot. Le préfet gère en fonction de son unité de commandement, des orphelinats ; ce qui concerne les affaires sociales surtout, églises, mosquées. Un préfet recevait 10 sacs de riz », essaye le chargé de la communication des services du gouverneur de la région du Centre.

Aucun des préfets ou sous-préfets indiqués n’est disponible pour dire ce qui a été fait du « riz d’Orca ».

Excepté à la préfecture des Hauts-Plateaux (région de l’Ouest) où  un cadre en service révèle : « nous avons reçu des dons de la part du chef de l’Etat et des bienfaiteurs. Concernant le don offert par le groupe Orca, nous n’avons rien perçu. »

Dans la région de l’Est, à la préfecture du Lom et Djerem, l’on affirme que « Nous n’avons jamais reçu le don du riz venant de Yaoundé. Peut-être que ce riz est encore en route lorsqu’il sera là nous allons le distribuer aux bénéficiaires selon les instructions de nos superieurs hiérarchiques ».

« Je ne suis pas au courant si les populations de mon arrondissement en ont bénéficié », indique- Augustin Tamba, le maire de la commune de Yaoundé 7.

Quant au maire de la commune de Soa (région du Centre), lui aussi avoue ne pas avoir des nouvelles du « Riz d’Orca ». « Depuis le déclenchement de la crise, on parle de distribution des dons. Je n’ai encore rien reçu. J’espérais au moins avoir un kilogramme de riz d’Orca. Quatre mois plus tard, je pense que, ce riz est déjà fini », lance-t-il.

Cet épisode n’est qu’aun autre dans la polémique qui enfle autour de la gestion de la riposte contre le coronavirus. Jean Michel Nintcheu, député Sdf, a déjà pointé les détournements et des surfacturations indécentes dans l’achat de matériel destinés à la lutter contre la propagation du virus au Cameroun.


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